CHRONIQUES DU SARKOZYSME ET AUTRES (novembre 2011)

mardi 15 novembre 2011
par  Jacques Franck
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Du côté de Nogent

Je ne sais pas si on y boit encore du petit vin blanc sous les tonnelles. Je présume que les filles y sont toujours aussi belles. Mais tout n’était pas prévu dans la chanson de Lina Margy. Nogent s’enorgueillit d’un édile dont l’intelligence s’allie à un sens social exemplaire. Monsieur Martin, maire de cette petite ville aisée du Val de Marne, est un homme délicat. Il veut éviter à ses administrés et aux visiteurs des spectacles choquants. Par exemple, les pauvres et leurs excès. Comment peut-on tolérer que des individus sans vergogne se permettent de fouiller dans les poubelles pour se nourrir, eux et leurs familles ?

"Cachez cette faim que je ne saurais voir !" Monsieur Martin s’indigne. Il prend, en gestionnaire responsable, les mesures propres à mettre fin à la situation. Les coupables seront verbalisés, paieront des amendes. Les récidivistes risquent d’être traînés devant les tribunaux. Le scandale cessera. Mais quel scandale ? Le "trouble à l’ordre public" invoqué par le maire ? Non. La honte est ailleurs. On peut difficilement flatter les banques, courtiser la Bourse, et combattre la misère. Le pouvoir de la droite a fait son choix. A propos, le maire de Nogent est UMP.

Le Conseil National de la Résistance et le petit bonhomme

Dans le Paris occupé par les nazis, l’avenir de la France s’est joué en mars 1944 en pleine clandestinité. Des représentants de tous les mouvements de la Résistance ont élaboré un programme régissant notre vie après la guerre. Une fois notre pays libéré et la paix revenue, la situation économique et sociale était catastrophique. Les hommes et femmes de la Résistance, au pouvoir, ont néanmoins mis en œuvre le programme du CNR, malgré d’innombrables difficultés. Pour la première fois dans leur histoire, les habitants de notre pays bénéficiaient d’une protection sociale quasi totale. La maladie, la maternité et la petite enfance, les accidents du travail, les incapacités, la vieillesse, la perte d’emploi étaient pris en charge par la solidarité nationale, la Sécurité sociale. Le général de Gaulle était chef du gouvernement. L’ouvrier communiste Ambroise Croizat était ministre du Travail, maître d’œuvre de cette gigantesque entreprise. Le financement était assuré, non par une libéralité du patronat, mais par une fraction différée du salaire. Les salariés et personne d’autre payaient leur protection.

Pendant des années, la France fut en tête des nations pour ce qu’on a appelé son ’modèle social". L’appétit du grand patronat qui voyait des profits substantiels lui échapper, et les idéologies antisociales d’une partie de la droite grignotèrent au fil des temps certains de ces avantages. On vit diminuer les remboursements de soins, mettre en place des forfaits hospitaliers, grignoter des prestations, contester les arrêts pour maladie, repousser l’âge de la retraite. Mais le système instauré par le Conseil National de la Résistance assurait toujours notre protection. Puis vint Sarkozy. Non seulement il apporta sa pierre au démantèlement de l’édifice du CNR, mais ce petit bonhomme, tout président de la République et chanoine de Saint-Jean de Latran qu’il fût, osa ce que personne n’avait osé avant lui. Alors que tout l’éloignait de ce qui fut la Résistance, il se permit, à Bordeaux, d’invoquer le CNR pour en fustiger - je le cite - "les traîtres" !. Les traîtres, ce sont ceux qui, fidèles au programme de mars 1944, dénoncent les attaques frontales contre les acquis de nos combats. Nous ne laisserons jamais le chanoine et ses comparses démolir le bien des Français, conquis de haute lutte. Je me permets, en appendice, de citer Michel Audiard : " Les cons, ça ose tout. C’est même à çà qu’on les reconnaît ! "

BHL, les "Rafale" et la Charia

Monsieur Bernard-Henri Lévy, paladin des Droits de l’Homme et homme lige de Monsieur Nicolas (chanoine président bien connu), est aussi un révolutionnaire. Nous l’ignorions jusqu’au printemps dernier. Indigné par la dictature du sieur Kadhafi, un ancien ami de Monsieur Nicolas, il a pris fait et cause pour les Libyens désireux de secouer le joug du tyran. Sans trop chercher à savoir qui inspirait ces rebelles, il a répandu sa bénédiction et celle de son maître sur le Conseil National de Transition libyen où figurent entre autres des kadhafistes repentis et des islamistes purs et durs.

Une révolution ne se fait pas à moitié. Surtout quand une odeur de pétrole flotte dans les parages. Le chanoine président Nicolas a promptement décidé de faire sentir le poids de son glaive. Il a mis au service des braves ses biréacteurs de combat "Rafale". Les pays de l’OTAN (association humanitaire pour la paix dans le monde) se sont joints à cette initiative. Pendant six mois, le pays a été transformé en stand de tir. Ce qui évidemment ne va pas sans quelques effets collatéraux. Dieu reconnaissant les siens, ce n’est pas grave, même si ça coûte un peu d’argent. Au final, les bons ont gagné et les méchants ont perdu. Vive la Révolution. Et vive la Charia, la loi islamiste la plus rétrograde, promulguée immédiatement par les nouveaux dirigeants libyens. Merci, BHL, merci nos "Rafale", merci l’OTAN. Et, comme toujours, merci président Nicolas.


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