LA HONTEUSE VISITE DE SARKOZY A SAINT-LO
vendredi 13 février 2009 par Isabelle Cappe
A Saint-Lô, les enfants de la classe "choisie" pour recevoir la visite de M. Sarkozy ont reçu depuis une semaine les visites du préfet, de la police, etc. On leur a demandé d’apprendre à se lever convenablement en posant la main droite sur leur bureau, et en disant « Bonjour M. le Président » ! Un membre de ma famille fait partie de cette classe. De plus, des travaux demandés depuis des mois, ont été réalisés très rapidement en une semaine... mais uniquement sur le « chemin » très balisé de M. le Président. Ma soeur, dont l’enfant était scolarisé dans cette école, n’a pas pu se mettre derrière la barrière de l’école pour l’arrivée du président. Elle a été bloquée en bas de l’immeuble attenant à l’école et n’a pas pu faire trois pas vers l’école. Elle a aussi voulu faire descendre une banderole, avec les habitants du quartier et parents d’élèves le long de l’immeuble, et les CRS ont demandé à une voisine quelques étages plus bas de la couper. De plus, la commissaire de police est venue saisir violemment ma soeur par le bras, pour l’empêcher de siffler. Cette dernière avait ordonné de ne pas voir de manifestants sur le chemin du président. Arrivés à 8 h 30, nous nous sommes dirigés vers le boulevard de la Marne où nous attendaient CRS, gendarmes mobiles bottés et casqués et camion anti-émeutes ! Impossible de passer alors que des accords avaient été conclus avec la préfecture sur le déroulement de la journée : tout a été systématiquement bafoué. 500 CRS ! A défaut de nous voir, il nous a entendus. Je tenais à signaler l’aspect très violent des forces de l’ordre, qui affichent partout au sein de leurs locaux qu’ils sont présents afin d’assurer notre sécurité avant tout ! En effet, place de la Licorne, une personne âgée a été bousculée par les CRS sous les yeux de lycéens qui se sont empressés de la secourir. Les CRS sont passés en bousculant tout le monde, y compris femmes et enfants, alors qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter et aucune manifestation de violence, sauf la leur. Un enseignant qui parlait avec les lycéens afin de les calmer face à l’agressivité des CRS s’est fait matraquer en se retournant. Tout mouvement d’une personne étant considéré comme dangereux. Je suis sidérée, choquée ! Jamais auparavant, je n’ai assisté à une telle vague d’extrémisme ! C’est très important que nos jeunes, qui sont restés calmes et respectueux, aient été présents, témoins. Vous rendez-vous compte que deux d’entre eux se sont faits mettre à terre, puis embarquer au commissariat de police alors qu’ils n’avaient rien fait !
Tout cela est très inquiétant et nous constatons, encore une fois, que M. le Président fait ce qu’il veut. La mobilisation doit être très importante, et au sein de tous les corps de métiers ! Nous nous devons de protéger nos enfants de cette montée en puissance de la dictature sarkozienne. Et lorsque le peuple est dans la rue, M. le Président peut mettre 500 CRS pour l’empêcher de manifester, il est là et manifeste. C’est un de nos droits qui a été bafoué hier,comme beaucoup d’autres actuellement. Y compris le droit à l’éducation pour nos enfants. Je signale, pour en terminer, que des groupes ont été constitués sur le net, afin de repérer les personnes « dérangeantes » pour le gouvernement, et surveiller leurs conversations et mails. Les derniers mots du président lors de son discours à Saint-Lô : « N’ayez pas peur du changement, n’ayez pas peur de la crise, n’ayez pas peur de l’avenir » ( ?!) Commentaires de M. Digard dans le Ouest-France du13 janvier : « C’était un honneur pour la ville d’accueillir le premier personnage de l’état. Mais c’est de la très haute tension. Quant aux manifestations, je reconnais que l’on puisse ne pas être d’accord et l’exprimer, mais dans le respect de la fonction incarnée par le président de la république ». Nous sommes restés respectueux, mais notre droit à la manifestation n’a pas été respecté. Nous voulons une égalité dans l’enseignement et les moyens nécessaires afin d’atteindre les objectifs espérés. Combien a coûté ce déplacement de M. Sarkozy ? Quant au déploiement des forces de l’ordre... Cet argent dépensé pourrait aider tant d’écoles, de collèges et lycées. Voilà ce que je tenais à écrire après être allée manifester hier ! Nous sommes beaucoup à être en état de choc car tous ces faits sont des atteintes à la liberté et aux droits de l’homme.
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LA HONTEUSE VISITE DE SARKOZY A SAINT-LO22 février 2009, par Jean BarjouJe suis d’autant plus scandalisé que je j’ignorais ces détails. Pourquoi des syndicats connus pour leur hostilité à Sarkozy —notamment le SNES, dont je fais partie— se sont-ils contentés de déplorer l’inanité de son discours de Saint-Lô, sans dénoncer les bavures occasionnées par sa visite ?
