FIN DU MONDE OU DEBUT DE L’IMMONDE

mardi 30 novembre 2010
par  Jacques-Robert Simon
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Les grèves et les manifestations concernant les retraites semblent se terminer. Deux faits sont remarquables : deux français sur trois approuvaient ces actions et tous les syndicats ont montré leur union. C’est la seule bonne nouvelle : les forces vives de la Nation –je veux dire les représentants syndicaux, les employés, les ouvriers et même certains chefs d’entreprise- reconnaissent la gravité des problèmes qui se posent à nous, ils sont prêts à les affronter, mais la justice doit prévaloir, sinon rien ne sera possible. Le problème est que l’injustice est le trait dominant de tous les aspects de la société que l’on nous propose ! La destruction systématique des services publics en est la forme la plus visible.

La plupart des gens ont compris que ce conflit n’était que le symptôme d’un mal beaucoup plus profond, d’ordre existentiel : existerons-nous demain ? Personne ne pense à la fin du monde, mais beaucoup craignent la fin d’un monde. Une série de questionnements découle de ce qui vient de se passer.

La fin d’un monde…. Les pays occidentaux grâce à un pillage judicieux des ressources de la planète, mais aussi grâce à de très grands savants et inventeurs, ont permis durant deux siècles l’essor d’une révolution industrielle que les autres parties du monde ont parfaitement raté. Les ressources et l’inventivité étaient entre nos mains. La décolonisation nous a fait perdre un accès direct aux ressources. On a alors eu recours à des potentats locaux, superficiellement plus adaptés au milieu, mais strictement identiques quant à leur comportement à celui de leurs anciens maîtres coloniaux. Mais même cette approche est terminée. Pas par manque de potentats, mais nous nous sommes créé notre propre concurrence : ils ont le loisir de servir plusieurs puissances aux intérêts inconciliables. Ceci conforte la puissance des colonialistes de couleur, mais pour les peuples concernés, ceci ne fait strictement aucune différence. Notre savoir faire a été disséminé aux quatre coins du monde, pour chercher les zones de croissance. Les pays occidentaux se sont autodétruits en acceptant la désindustrialisation de leur espace. Pour une perspective de carrière, Il est plus judicieux et rémunérateur de servir dans le secteur tertiaire ou de sévir dans les secteurs financiers. Créer de réels progrès technologiques, les seuls susceptibles d’aider les hommes à vivre, n’est pas de mode. Muter, éliminer peu à peu des technologies obsolètes, pourquoi pas ! Ne pas être capable d’en créer d’autres est suicidaire. Le travail doit être au coeur de nos préoccupations, mais le travail est par nature l’ennemi de la rente. Le « progrès », qui n’a rien de subjectif, dépend quasi-exclusivement à la capacité d’une Nation à engendrer des créations techniques. C’est la raison pour laquelle les banquiers et les financiers veulent se parer de ses plumes : ils parlent abondamment d’ingénierie, de recherche, de produits : tout ceci est évidemment hors sujet.

La seconde question est banale : nous avons imposé un mode de consommation (une voiture, un portable, une télévision) et une « morale » (baise, ne te fais pas baiser) à la planète entière. Les ressources naturelles manqueront inévitablement pour assouvir les besoins de jouissance de tous. Alors, comment fait-on ??? Et l’on ose encore nous parler de croissance pour résoudre nos problèmes ! Croissance de quoi : des guerres, de la barbarie, du nombre de réunions des G2 ou G20 ???

La troisième question que l’on peut se poser est la suivante : pourquoi a-t-on le désir de devenir, d’être ou de rester « Homme politique ». Le salaire est modeste, les coups reçus sont d’une violence extrême, le pouvoir de décider de l’avenir du pays quasi-nul. Reste le pouvoir de réprimer, le désir, même s’il n’est fait qu’apparences, de dominer, d’appartenir à une élite. Servir le peuple et la Nation ??? Peut-être qu’une minorité de ceux qui font une carrière politique ont eu, dans leur prime jeunesse, ce noble dessein ? Alors pourquoi ???

Puisque les hommes politiques ne décident plus de grand-chose et encore moins de grandes choses, comment « leurs » votations dites démocratiques (un peu truqué par le mode de scrutin) continuent-elles de susciter un certain intérêt. Un début de réponse se trouve certainement dans le fait que les élections servent d’exutoire à la rage d’être éternellement abusé : « ça va changer avec les autres » !!!! Depuis le temps que l’antienne est reprise, son efficacité a cependant tendance à s’émousser. Les plus optimistes pensent que ce serait « moins pire » avec d’autres. Les plus grotesques charlatans ont été élus de par le monde, y compris en Europe, et l’onction des urnes a suffi à leur donner une respectabilité qui n’allait pas de soi, loin sans faut. En résumé, le pouvoir politique se résume pour l’essentiel à la possession des moyens de répression afin d’affirmer, grâce aux médias plus alléchés par le sensationnel et le croustillant que par l’analyse, le caractère démocratique de ces répressions

La quatrième question concerne la répartition des richesses. Tous ces gadgets aussi inutiles que destructeurs d’environnement vont de plus en plus concerner un nombre croissant d’individus mais proportionnellement une fraction plus restreinte de la population totale générant d’abyssales inégalités : comment satisfaire les appétits de sous-continents entiers ? Les nantis vont devoir se « défendre » de plus en plus âprement pour garder leurs ors, leurs privilèges…Alors, « le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde… ».


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