LA LAICITE N’EST PAS UNE OPINION, C’EST LA LIBERTE D’EN AVOIR UNE.

lundi 9 mai 2011
par  Fabienne Courvoisier
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Défendre la laïcité, c’est défendre la liberté et permettre à celles et ceux qui vivent sur un même sol de vivre ensemble sans replis communautaires. C’est pourquoi il serait dangereux de laisser croire que la laïcité est l’affaire des seules religions, qui depuis quelques temps ont la fâcheuse tendance d’en faire en quelque sorte leur spécialité, leur domaine réservé, quoi. La laïcité n’est pas l’oecuménisme. S’il n’est pas (et n’a jamais été) question de remettre en cause la liberté de culte(s), il me paraît urgent de rappeler que c’est la liberté de conscience qui nous importe : la liberté de culte en fait partie (partie et pas intégralité).

Fâcheuse tendance également, celle qui consiste à entériner en quelque sorte les “livres religieux” comme “textes sacrés” puis admettre comme avéré ce que les tenant(e)s des religions tiennent pour “révélé” (par leur dieu). Puis, plus ou moins insidieusement, certain(e)s en viennent à déclarer qu’il n’y a plus de discussion possible en ce qui concerne les “dogmes” (vu le nombre des religions, ça en fait un paquet, en plus). Il ne faut pas (ou plus) inclure dans le respect de la “liberté de culte” tous les interdits et commandements que les religions ont récupérés : voile (intégral parfois), excision et circoncision, lapidation, homophobie, virginité pour les mariées (précocement et/ou de force souvent), alimentation Halal ou Casher (là j’encours la censure à tous les coups), etc.. Il est quand même paradoxal que ce soient les “croyances” (religieuses) qui fassent autorité, autorité absolue sans discussion ni débat possibles : un dogme ne peut être dans la loi républicaine, pourtant ! Il n’est donc pas inutile de rappeler que la loi permet la critique des religions (toutes). De plus, le blasphème n’existe pas en France. Ne laissons donc pas entamer cette chance ... que le monde entier nous envie !

La "circoncision" est un dogme pour certain(e)s, mais cela ne signifie pas que nous devions accepter cette exigence "religieuse" qui est surtout une barbarie, dont l’origine n’est d’ailleurs pas religieuse, mais "hygiénique"(et cela bien avant que le mot existât) .Vouloir abolir la circoncision, même pour les majeurs qui le désirent et la réserver uniquement aux cas médicaux (phimosis par exemple) n’est pas condamner les circoncis ("à l’insu de leur plein gré" pour la plupart) comme Alexandre Adler voudrait le faire croire (C dans l’air le 25 avril 2011) en s’en prenant violemment à Michel Onfray au passage. Le film "Silence, on coupe" devrait (à mon avis) être projeté dans toutes les écoles (et pas que). La peine de mort ne me paraît pas conciliable avec l’humanisme (laïcité incluse). Si l’on a aboli la peine de mort c’est aussi parce qu’on croit à la réhabilitation de tout(e) être humain ; c’est pourquoi il ne faudrait pas vouloir instituer une réelle perpétuité pour les peines d’emprisonnement : l’espoir est nécessaire pour chacun(e) d’entre nous, quels que soient les fautes, délits et crimes que l’ont ait commis.

Actuellement, lorsque je constate l’acharnement contre Bertrand Cantat "interdit" de spectacle (encore à Barcelone) en vertu des "grands sentiments", mais au mépris des "grands principes"(chanson de Guy Béart), je me demande s’il n’y a pas un formidable retour en arrière ; je ne remets pas en cause, bien sûr, la décision (compréhensible venant du père de la victime) de Jean-Louis Trintignant, mais essayons de nous comporter comme des "êtres de culture" en tenant compte du fait que Cantat a "payé sa dette envers la société", ce qui n’exclut pas sa culpabilité ni ses remords (car lui, il en a) et, surtout, il a deux enfants déjà orphelins de mère, qui ont besoin de lui. Attention : lorsqu’ "on" organise des débats sur "ces" sujets (qui devraient pourtant être dédramatisés depuis belle lurette), il serait bon de ne pas considérer qu’inviter des représentants des "trois grandes confessions" (juive, chrétienne, musulmane) soit suffisant pour représenter l’ "ensemble de la Société". La laïcité, c’est la neutralité, et cela englobe toutes les opinions et convictions, religieuses ou non. C’est pourquoi la Loi de 1905 doit d’abord être connue puis appliquée, avant de penser à la modifier.


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