SUD EXPRESS : LE VOYAGE MUSICAL DE PHILIPPE DE SOUSA

vendredi 20 avril 2012
par  Jean-Luc Gonneau
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Quatre chaises sur la scène. En son d’ambiance, les bruits d’une gare. Billet en main, l’un après l’autre, les musiciens et la chanteuse/conteuse qui vont nous accompagner dans le voyage cherchent leur place. Le train démarre, la musique peut commencer. Entre chaque morceau, de courts intermèdes parlés nous renseignent, sur les lieux du trajet, sur la vie dans le train, sur ce qui se passe dans la tête du voyageur, ses espoirs, ses souvenirs, ses nostalgies. Philippe De Sousa tient la guitare portugaise. Il a composé la musique de ce qu’il nomme un « conte musical ». Musiques originales, hors les quatre fados traditionnels que nous entendrons lors du voyage, empruntant parfois aux folklores, invitations au voyage. Carine Salvado est la chanteuse-conteuse. Nous la connaissons peu à Paris, cette jeune lyonnaise lusodescendante, qui a écrit une partie des textes des chansons. Avec eux, Pompeu Gomes, rythmicien averti, assure le soutien des mélodies, et Philippe Mallard apporte la finesse de son accordéon. Pendant une heure, nous allons vivre un résumé de ce trajet Paris-Lisbonne que Philippe De Sousa emprunta chaque été lors de son enfance et de son adolescence. Voyage nostalgique, oui, mais aussi brûlant de retrouver la chaleur portugaise, celle du soleil, des paysages, des amis et connaissances. Belles musiques, paroles choisies. Bien sûr, les amateurs exclusifs de fado n’y retrouveront pas tout à fait leur compte : quatre sur la quinzaine de morceaux (mais deux en supplément pour le « bis » demandé par un public très majoritairement français et ravi de sa soirée. Mais nous étions avertis : il y aurait du fado, mais pas que du fado.

Le lieu de cette première de Sud Express est Musiques au Comptoir, salle intégrée à un complexe culturel de Fontenay-sous-Bois, vouée à toutes les musiques, classique, jazz, musiques du monde. On peut y écouter tout simplement, mais aussi boire un verre ou goûter les quelques plats d’un gentille cuisine. Lieu chaleureux en tout cas, qui convenait tout à fait à l’ambiance douce et chaude de Sud Express.

S’il est permis quelques observations, nous aurions peut-être aimé un tout petit peu plus de mouvement sur scène. Bien sûr, en train, on voyage assis, mais on se dégourdit parfois les jambes. L’évocation, amusante, du wagon restaurant pourrait peut-être y participer. Et Carine Salvado, impeccable, ne quitte que rarement son siège, ce qui est cela dit une petite performance : il est plus difficile de chanter assis que debout. Autre point, peut-être dû au réglage de la sonorisation, à moins qu’il s’agisse d’une trop grande modestie de Philippe : l’accordéon, très (trop ? peut-être, ce qui ne remet pas en cause le talent de Philippe Mallard) présent masque parfois la guitare portugaise. Gageons que ces modestes critiques n’auront plus lieu d’être au fur et à mesure que Sud Express trouvera d’autres dates, d’autres lieux pour dérouler ses suavités. Nous espérons pour Philippe et son équipe un bel avenir pour Sud Express : ses futurs spectateurs pourront, comme ceux de Musiques au Comptoir, y partager un moment de bonheur.

Cet article est également paru dans Lusojornal en date du 18 avril 2012 (www.lusojornal.com)


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