CLAUDIA MADUR ET SON FADO RAFRAICHISSANT

samedi 13 octobre 2012
par  Jean-Luc Gonneau
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Dans le cadre d’une très riche quinzaine culturelle organisée par l’APCS de Garches animée avec efficacité et convivialité par son Président Raul Lopes et son équipe à l’occasion du 15e anniversaire de l’association, Claudia Madur a été la vedette d’une soirée de fado, fort réussie.

Claudia Madur a 28 ans, un joli minois, depuis peu une coiffure à frange qui lui sied à ravir. Native de Porto et y résidant toujours, exerçant outre sa carrière de fadiste la profession de psychologue, c’est à l’université qu’elle a découvert le fado : « J’ai toujours aimé la musique et chanter, toucher un peu la guitare, mais je ne trouvais pas mon style. Lorsque la tuna de mon université a intégré Barco Negro dans son répertoire, cela fut pour moi une révélation, le début d’une histoire d’amour avec le fado ». Licence de psychologie en poche, elle initie en 2006 une carrière professionnelle, qui la conduit sur différentes scènes dans tout le Portugal et en Europe (Suisse, Allemagne, France où, avant le concert de Garches, elle s’est produite cette année à Nemours, où elle reviendra début 2013 et Fontainebleau). Claudia Madur n’est pas un produit des maisons de fado : « A Porto, ce n’est pas comme à Lisbonne, il y a peu de maisons de fado, même si cela évolue un peu, mais nous avons beaucoup d’occasions festives ou associatives. » Comment se situe-t-elle par rapport à cette « nouvelle génération » du fado », dont les figures les plus connues ici sont Mariza, Katia Guerreiro, Camané, Ana Moura, maintenant trentenaires voire quadragénaires ? « Est-ce la nouvelle génération qui a permis l’explosion de la popularité du fado au Portugal, ou bien l’attrait du fado qui a permis l’émergence de cette nouvelle génération ? Les deux sans doute. Toujours est-il que j’ai la chance, avec d’autres, de profiter de cette popularité du fado dans tout le pays. Aujourd’hui, il y a des soirées de fado depuis Bragança jusqu’en Algarve ! »

Claudia Madur a sorti un CD en 2009 (Fado sem tempo), à partir de musiques de fado traditionnelles, souvent avec des paroles nouvelles, où la guitare portugaise est tenue par notre vieille connaissance José Luis Nobre Costa, l’un des maîtres de l’instrument. Férue de poésie (elle a elle-même écrit quelques poèmes de fado), Claudia met beaucoup de soin à choisir ses textes. A Garches, elle se présente accompagnée par deux excellents musiciens, portuenses eux aussi : Mario Henriques à la guitare portugaise, et Artur Caldeira à la viola. Claudia Madur n’a pas la puissance vocale ni la tessiture d’une Mariza ou d’une Katia Guerreiro. Elle se rapproche davantage d’Ana Moura, d’ailleurs l’une de ses références, et doit jouer davantage sur les nuances et l’intimité. Ce qu’elle fait fort bien, le léger voile dans la voix produisant des effets assez bluesy très captivants. Elle est habitée par la chanson, ce qui se traduit par des vibrations et des mouvements d’une nervosité sensuelle. Le répertoire fait la part belle aux musiques traditionnelles du fado, inclut des hommages à Amalia (son autre grande référence), quelques clins d’œil au public. Très à l’aise en scène et très complice avec ses musiciens, avec lesquels elle conduit un gag assez bienvenu qui rafraîchit l’un peu éculé mais toujours populaire Casa Portuguesa, Claudia Madur a offert une belle soirée de fado. Une critique, car nul n’est parfait ? Claudia, si vous nous lisez, pensez à relever parfois un peu la tête et les épaules. On l’avait dit à Ana Moura et elle a suivi notre conseil. A propos de conseil, à vous, lecteurs : si Claudia Madur revient chanter près de chez vous, ne la ratez pas.

N’oublions surtout pas : en première partie, nous avons eu le plaisir d’entendre Diane Santos, 15 ans, notre « collégienne du fado », lycéenne maintenant, par ailleurs membre du groupe musical de l’APCS. Depuis quelques mois, Diane se produit souvent dans les restaurants de fado franciliens. A notre connaissance, c’était sa première prestation sur une scène. Le trac ? Même pas peur, dit-elle. Et c’est avec une belle assurance qu’elle a donné au public, ravi, six fados de bonne facture. Le fado est une pente rude, dit-on, mais Diane en gravit les échelons à belle allure.

Cet article est paru également dans LusoJornal n°97 (http://www.lusojornal.com)


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