LA MEILLEURE FAÇON DE MARCHER

mardi 16 octobre 2012
par  Roberto Robertelli
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On a tous tendance à aimer les méthodes éprouvées. Plus le bienheureux détenteur d’une partie du génie humain est haut placé dans la pyramide de l’argent et du pouvoir, plus il éprouve le besoin irrépressible de contrôler chaque chose, puisqu’il a, à jamais, marqué dans son esprit la fragilité de tout ce qui nous entoure. Inquiet, il consulte souvent ses amis et ses clients. Leur avis est unanime. Les riches et puissants génies de la lampe à éclairer nos bassesses et la boue qui colle à nos talons, ces riches et puissants génies que la médiacratie remercie chaque jour de mille manières pour les bienfaits qu’ils nous concèdent, ces lumières qui éclairent notre voie, trouvent que notre manière de marcher au pas n’est pas convenable.

Ne voulant pas accepter le moindre risque évitable qui pourrait remettre en cause leurs droits génétiques à dominer ; ces êtres d’exception que la sélection par l’avidité a mis à notre tête, respectant ainsi les lois qui régissent la chaine alimentaire, viennent de sortir du placard un vilain instrument que l’on croyait à jamais perdu dans ce monde qui se dit civilisé. Longue et fine branche de bambou, l’instrument, faisant rapidement oublier son côté exotique, est la médecine que l’on administre aux simples citoyens comme aux états, pour qu’enfin ils apprennent la meilleure façon de marcher et que, rapidement si possible, ils se dirigent apaisés et souriants vers la bonne direction ; et au pas s’il vous plait et silence dans les rangs bande de gauchistes et de fainéants. Suivons l’actualité. La question qui hante l’effarante et effrayante campagne présidentielle américaine n’est pas de savoir si les électeurs accepteront des homos qui se marient ou si les américains pourront enfin bénéficier d’avantages sociaux dont nous jouissons depuis belle lurette. La question qui hante cette campagne n’aime que modérément la publicité, elle est plus efficace dans le silence qu’elle inspire, par la menace qu’elle contient. Car la voici, dans l’innocence de sa véritable nature, la baguette en bambou, la voici dans sa splendeur, puisqu’elle dépasse sans photo le vulgaire duo de la carotte et du bâton, qui, lui, dans sa touchante rusticité, commettait l’erreur de laisser un choix décent à ceux qui voulaient éviter la bastonnade. La fine branche de bambou est bien plus raffinée. Elle nous enseigne en nous frappant à gauche et à droite que la punition est nécessaire, puisque le choix dont l’Amérique débat n’est qu’apparences.

Le bout-de-gras qu’on laisse aux "responsables", dans un coupable soulagement, le soin et le danger de tailler est bien celui de savoir si les électeurs sont prêts à accepter la soumission et/ou la guerre, pour eux et donc pour le monde. Choisissez bien, les ricains, puisque depuis que le nouveau Dioclétien (G.W. Bush, je sais, c’est bien trop d’honneur) a décrété une guerre sans merci au terrorisme, votre destin est à présent le nôtre. Obama, c’est la soumission souriante, celle des amants qui embrassent et causent gentiment avant d’exiger ; Romney lui, ne leur demande pas leur avis à ces pétasses. On va les crever, ceux qui pensent mal, les déviants, les faibles, saletés de pauvres, ramassis de mal blanchis voleurs de pétrole. Vous voyez bien qu’il fait peur. Son rêve d’avenir idéalisé doit être d’envoyer tous ces pauvres (47%) qui encombrent les rues sans rapporter d’argent combattre tous ces importuns qui ne veuillent pas donner leur richesses contre des jolis bouts de papier tout verts. Remarquez, Obama veut faire de même pour ce qui est des richesses d’outremer, mais il va vous demander poliment, au début, si vous acceptez de le suivre partout où il ira. Car il fera la guerre aussi, il la fait déjà et en prépare une autre, et une autre encore, une presque froide.

Au Moyen-Orient, comme dans d’autres régions du Levant ou l’islam est influent, les populations ont du mal à accepter leur totale soumission aux prétentions des infidèles. La caricature étant parfois salutaire, je vous en livre une bien improbable dans le souhait de vous divertir. Demandez- vous qu’elle serait votre réaction si la Corse (pardonnez-moi, mes amis corses), indépendante et munie de l’arme nucléaire, avait les mêmes prétentions que l’état d’Israël. Oseriez-vous vous inquiéter publiquement de ses abus ? Iriez-vous jusqu’à soutenir les manifestants et à comprendre qu’il faut parfois lancer des pierres dans les territoires illégalement occupés par les corses ? Pensez-vous qu’il vous faudra peut-être un jour prendre les armes pour que cesse cette injustice ? Par instinct et par tradition, en France, nous n’aimons pas les potentats et l’islam et les nations qui le chérissent n’aiment pas, comme nous, capituler sans conditions. Elles préfèreront la guerre au nom de Dieu (chacun est libre de croire, citoyens) et une guerre sans fin, au nom de la liberté. Et nous ? Allons-nous suivre sans conditions des amis qui ne nous aiment pas vraiment, qui nous tolèrent juste, qui nous mentent et qui ne nous feront jamais confiance, pour aller tuer des "méchants" ou fournir des armes "aux gentils" pour que tous leurs futurs consommateurs de nos marchandises et de nos rêves continuent à s’entretuer ? Oui. Fournir des armes ou plus à des frères ennemis qui autrefois, ensemble, se sont déjà tellement inclinés devant les puissants ? La guerre qui s’avance (guerre qui s’avance) est encore une conséquence de 1989. Comme de juste, elle n’apportera qu’une solution partielle à ce tremblement de terre qui nous a tous affectés. Ainsi apprenons-nous la bonne façon de marcher ; celle de l’indépendance nationale, de la liberté de nos pères, de l’espoir de nos enfants. Pourrions-nous, profitant des circonstances, jeter les vestiges du sarkozysme avec l’eau du bain ? Ah, Dieu que la guerre est jolie.


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