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mercredi 19 février 2014
par  Roberto Robertelli
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L’Ami du peuple

C’est effarant comme le sens, la valeur et la portée des mots changent en peu de temps. Le journal de Marat arborait a la fin du XVIIIe siècle ce titre fièrement et férocement révolutionnaire ; ils lui couteront très cher : le journal et le peuple. Même si son sacrifice n’aura pas été vain, son journal avec son titre claquant comme un défi, l’Ami du Peuple, ne fait plus rêver depuis longtemps et au XXIe siècle il fait au mieux sourire, d’un sourire grimaçant, empreint de tristesse. Qui oserait encore publier un journal avec un pareil titre ? Démagogique, populiste voir "vendeur de papier" ; le pauvre éditeur ne survivrait pas aux inévitables insultes et menaces ainsi qu’a la mévente. Qui oserait encore prétendre être l’ami du peuple, quand le peuple ne se voit plus tel qu’il est mais tel qu’il s’imagine et qui mépriserait quelqu’un prêt à l’aimer car il est autosuffisant et n’attend plus qu’un sauveur masqué qui va lui livrer la formule mystérieuse et merveilleusement intelligente, qui le fera enfin le semblable des stars de l’écran plat. Remarquez qu’après tant de déceptions et de mépris on ne croit plus, on compte. Devant la vanité de l’individu face à la multitude, ayons une pensée compatissante pour ce brave Marat qui devant une telle indifférence et une telle légèreté, doit se retourner dans sa baignoire.

Réassurance tous risques

Un ami anglais exerçant entre autres nobles activités aussi celle de réassureur m’a raconté, en quelques phrases, la destinée de vos sous. Ne connaissant en pratique que le fonctionnement des contrats d’assurances obligatoires, c’est avec une sincère curiosité que je lui ai demande de me révéler celui des réassurances. Limpide mon cher : un particulier assure son bien en passant un contrat avec une compagnie d’assurances en direct ou à travers un agent, l’assureur répartit les risques des différents contrats auprès d’une compagnie de réassurance ou des agents les représentant, les réassureurs à leur tour se couvrent en répartissant les risques par eux couverts auprès de particuliers, des "names" qui sont les garants en dernier ressort des risques et qui s’engagent sur la totalité de leurs avoirs à rembourser les éventuelles pertes. Limpide vous ai-je dit ? Une phrase est venue tout gâcher. Soudain, l’ambiance et la bière aidant, hilare et l’œil brulant de malice mon ami déclare : "et ce qui est drôle c’est que les "names" sont des "no names". Surpris et connaissant son intérêt pour choisir comme base des pays accommodants, je tente d’en savoir plus mais un assureur chinois de nos amis vient, l’air inquiet, couper court a cette passionnante discussion. Je ne suis pas du métier. C’est étonnant comme ces quelques mots ont changé une paisible conversation en une interrogation qui ouvre le champ à de nombreuses autres. Je ne suis pas très concerné par ce genre de questions mais je me demande parfois ou passe l’argent ; celui qui circule dans les deux sens ; celui qui apparait et disparait dans des pays où normalement le seul risque acceptable est celui de regarder, enfermé chez soi avec sa famille, la vie des riches à la télévision.

La femme est l’avenir de l’homme

La secrétaire d’état adjointe des Etats-Unis, en charge des relations avec l’Union Européenne a déclaré dans une interview téléphonique en direct sur une chaine de tv nationale à propos des positions qui entre les deux blocs concernant la Syrie :"fuck the EU" qui, pour rester polis, pourrait être traduit, en respectant le contexte, par "et les européens n’ont qu’aller se faire foutre ». Là au moins ce n’est pas de la langue de bois mais en langage diplomatique c’est très "vert". Ce n’est pas sans une certaine perversité que je songe aux discussions entre professionnels destinées à aplanir cette saillie oratoire obscène. "Vous avez dit foutre » ; "Vous en êtes sur ? " ; Mais oui, cher ami, je vous assure, vous avez dit foutre" ; "J’ai dit foutre. Comme c’est bizarre" ; "Au fait cher ami, foutre prend-il un t ou deux t ?" Un régal. Quel dommage qu’il n’y a jamais de direct tv pour nous amuser avec des vrais sujets. Cet incident mineur et le peu de place que les medias lui ont consacre montre bien la sur-médiatisation de l’affaire Assange dont le seul intérêt a été peut-être d’inciter Snowden à passer à l’acte.

Nuits de Chine

Dans la mer de Chine l’ambiance est au printemps, comme la saison. Le président des Philippines, Bengio Aquino III, vient de déclarer récemment que les dirigeants chinois sont comparables à des nazis ; les dirigeants nord-coréens assurent que le premier ministre japonais est un nouvel Hitler ; quant au vice- président américain Kerry, il n’a pas eu de mots assez durs pour condamner les dirigeants chinois pour les mauvais traitements qu’ils infligent aux journalistes américains qui viennent leur chier dans les bottes et a exigé la fin de la censure sur le web de la supposée deuxième puissance mondiale. Pour terminer cette suite de mots d’amour, enfin des actes : les autorités de Hong-Kong viennent de restaurer les visas pour tout membre de l’administration des Philippines suite, d’après eux, aux négligences et à la mauvaise volonté des enquêteurs philippins pour élucider le massacre d’innocents touristes du "Port des Parfums". Nuit d’ivresse, de caresses, nuits de Chine, nuits câlines, nuits d’amour.

Courage François

Notre président et ses conseillers avaient tout prévu pour assurer le succès de cette visite d’Etat outre-Atlantique. Et en effet François a bien tourné son compliment : nous pensons le monde tel qu’il est, exactement comme eux puisque c’est le leur, aussi bien politiquement qu’économiquement. Notre président s’est d’ailleurs engagé à faire avancer prestement les négociations en vue de l’adoption du traité portant sur la création d’un marché unique entre les deux blocs. Vous remarquerez que tout cela ne mange pas de pain et que tout le monde est au courant des nombreuses divergences qui séparent les deux géants aussi concrètement que l’Atlantique ; mais si cela peut faire plaisir, ne boudons pas le nôtre. Comme dit précédemment : ils avaient tout prévu. Mais dans un pays où la presse écrit que notre président est aussi sexy qu’une tranche de pain grille sans beurre, il faut s’attendre à tout. Moins de vingt-quatre heures après cette (je tiens à le souligner) visite d’Etat, les medias ne parlaient plus que de la robe de Michelle Obama. Quant aux quelques photos ou vidéos diffusées dans le monde entier grâce au web : un rêve d’enfant. Dans une, nous pouvons admirer Obama aidant François à ne pas se casser la figure en tentant de monter à la tribune et dans une autre, absolument admirable, notre président a l’air d’une sardine dans une boite trop grande, coincé et l’air inquiet entre deux rutilants requins (Michelle et Barak). Courage monsieur le président, c’est la France qui souffre avec vous.

A table

Comme il est vilain de jouer avec la nourriture, je voudrais vous signaler une toute récente couverture de Time magazine nous présentant la femme la plus puissante du monde : la présidente de la Réserve fédérale américaine, qui règne sur la gestion de la dette publique de son pays : 16 trillions de dollars. Son principal souci devrait être d’attraper le dégueulasse qui a bouffé 16000000000000 hamburgers sans payer la note. C’est écœurant.


Commentaires

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lundi 19 avril 2021 à 10h10 - par  Erica Leclerc

Il me semble que vous n’avez pas du tout fait de nouvelles publications de ce genre depuis longtemps. Pourtant, c’est bon de découvrir en un seul texte les nouvelles qui se passent à travers le monde.

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