JUSQU’OU S’ARRETERONT-ILS ?

lundi 25 janvier 2016
par  João Silveirinho
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Que reste-il du socialisme, écrivions-nous voilà pile un an dans ces colonnes. Et nous répondions pas grand-chose. Que dire aujourd’hui ? Rien, voire moins que rien. Electoralement déjà : après la gifle municipale, 2016 nous a apporté les torgnoles départementales et régionales, le Pari Socialiste entraînant toute la gauche dans sa débandade. On peut toujours se dire que les élections, ça va, ça vient, ça ira mieux demain (quand la droite, voire pire, sera au pouvoir ?).Mais il y a pire encore, ainsi que le développent plusieurs articles ci-dessous : le détricotage annoncé du doit du travail (ha, quelle est belle, qu’elle est socialiste cette idée de plafonner les indemnités de licenciement accordées par les prud’hommes. Au fait, on plafonne quand les – très - hauts salaires, les parachutes dorés ?), ainsi l’oubli, mon œil, de tirer les conclusions, piteuses apparemment, de l’effet du « pacte de responsabilité » sur l’emploi, ainsi l’absence de volonté politique de lutter vraiment contre le chômage en favorisant une précarité de plus en plus généralisée pour l’entrée ou le retour dans le monde du travail, ainsi d’un état d’urgence que nos gouvernants envisagent tranquillement de rendre permanent, toujours ça que madame Le Pen n’auras pas à faire quand elle arrivera au pouvoir. On continue ? Passage des 35h quasiment à la trappe (et pas, ou si peu, de supplément de paye pour les heures sup’, souhait affiché du sieur Macron). Magouillage pour empêcher la prolifération de candidats « gênants » à l’élection présidentielle. Et pendant qu’on veut envoyer en taule des syndicalistes, qu’on colle en rétention des demandeurs d’asile, qu’on assigne à résidence des écologistes, dont l’expertise dans le maniement de la kalachnikov semble bien connue, la phynance (vous vous souvenez, l’« ennemie », ha,ha, elle est bien bonne, ho, comme elle a été malmenée par l’intrépide Moscovici et maintenant par le sémillant Macron, un homme du sérail, donc qui ne saurait cracher dans la soupe qui l’a nourri, plutôt abondamment, ce ne serait pas correct) Et, last but not least, le super bug de la déchéance de nationalité, sur laquelle nous allons revenir. Quoi de socialiste, ou même de « centre gauche » là dedans ? Rien ? Gagné.

La déchéance, donc. De qui ? des binationaux ? de tous ? du président et du premier ministre (on ajoute Macron, allez, oui, soyons fous) ? Plus sérieusement, quoique, voilà un président qui, de l’avis pour une fois unanime de la presse et des commentateurs, plus une large majorité de la classe politique, d’aucuns pour s’en réjouir, d’autres pour s’en lamenter, se prend les pieds dans le tapis. Un président qui n’est pas tout à fait idiot, et qui doit s’en rendre compte. Et que fait-il, le gars ? Il dit à ses petits copains, allez, démerdez vous, pardon, débrouillez-vous avec ça. Comme le pape, infaillible. Les dégâts sont déjà considérables dans une large partie de l’opinion, pas encore majoritaire mais les sondages, bon, qui en sont que ce qu’ils sont, hein, indiquent que le taux d’approbation de la mesure se réduit sensiblement. Considérable dans les esprits, ce qui aura très probablement des conséquences électorales. Nous ne comptons plus les binationaux habituels électeurs de la gauche qui jurent qu’on ne les y reprendra plus. Mais bon, les élections perdues, une de plus une de moins…

Autre hypothèse, peut-être plus grave encore : François Hollande ne s’est pas pris les pieds dans le tapis. Ce qu’il rechercherait dans ce cas, ce ne pourrait être une « grande alliance » à l’allemande, immédiate, qu’il n’est pas en état d’imposer à quelques mois de l’élection présidentielle, mais la liquidation de la gauche sociale pour réaliser, comme nous l’écrivions voici un an, la transformation du PS en parti démocrate, à la mode américaine, son vieux rêve. Allez, encore un coca pour faire passer le hamburger ?


Commentaires

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lundi 25 janvier 2016 à 21h47 - par  jdautz

Concernant la « déchéance de la nationalité pour tous » je pense que l’ordonnance, que quelqu’un a ressorti, décrétant la déchéance de la nationalité du Général de Gaulle est plus parlante que tout concernant l’état de la politique. Souvenirs, souvenirs...

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