AVEC MELENCHON, UNIFIER LA GAUCHE AUTHENTIQUE

lundi 20 juin 2016
par  Jean-Pierre Lefebvre
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Avec la déliquescence hollandaise, le mensonge social permanent, l’abandon des promesses électorales pour assurer la gestion loyale des intérêts oligarchiques, touchent à leur fin, l’urgence est d’empêcher que son effondrement entraîne toute la gauche dans un déclin prolongé face à une droite dérivant vers l’extrémisme néo-pétainiste.

La France souffre de deux maux essentiels : une oligarchie compradore, incapable de résister à ses concurrents, et son corollaire, un Etat proliférant dont la bureaucratie parasitaire - élus ou hauts fonctionnaires - persiste à coûter 10 % de PIB de plus que celle des voisins européens, en dépit des efforts sociaux-démocrates visant à laminer la péréquation sociale acquise de haute lutte au siècle dernier. Le déficit de l’Etat doit être éliminé notamment pour que notre nouvelle voix progressiste soit entendue en Europe contre le libéralisme triomphant.

Face à la fabrication récurrente par le système politique communal de mandarins, imposés ensuite par les médias, Nuit Debout a montré, après l’Espagne ou New York, l’aspiration formidable des jeunes salariés intellectuels à une démocratie revisitée de fond en comble, s’appuyant sur la libre circulation de l’information et l’activité de la base plutôt que sur la pesanteur des appareils.

Dans un an, les présidentielles offriront un moment unique, non de trouver un sauveur suprême chimérique, mais de désigner un candidat qui fasse sienne cette exigence, qui accepte le mandat impératif, dès élu, d’engager la révision constitutionnelle permanente, mettant fin à la monarchie rétrograde du président potentat asservi aux oligarques du CAC 40 , la remplaçant progressivement mais inexorablement par la révolution démocratique et sociale depuis la base, par la construction méthodique de l’autogestion économique et politique accompagnée d’un dépérissement de l’Etat.

Deux axes forts à cette entreprise : dans le domaine économique, limiter le pouvoir discrétionnaire des actionnaires et PDG par l’extension des droits des comités d’entreprise. Entre la dictature du patrimoniale actuel et les pleins pouvoirs aux salariés, seul, le rapport de force historique fixera le curseur. Les institutions participatives seront donc évolutives, afin de pouvoir vérifier le bon fonctionnement économique permettant des corrections. Un système comparable à la cogestion allemande qui semble avoir donné d’assez bons résultats en matière d’efficience économique.

La fiscalité devrait tendre à corriger le caractère inacceptable de l’accumulation patrimoniale qui conduit le monde à sa perte (Piketty), comme la publicité, facteur de mensonge marchand et de compétitivité excessive, d’altération des rapports affectifs et cultivés, de destruction écologique de la planète. Elle devra faire place à la montée en force des ONG critiques. La banque, mutualisée, devrait être soumise au contrôle des déposants et de ses salariés pour empêcher spéculations, truquages et paradis fiscaux.

L’objectif social devra réduire le temps de travail - 32 heures - en partageant les revenus - seul moyen de mettre un terme au chômage chronique -, abaisser la hauteur de la pyramide des revenus, rattraper notre retard en matière de robotisation, reconstruire les branches d’industrie nationale menacées, faire la chasse aux gaspillages bureaucratiques…

Dans le domaine politique, le parlement serait élu à la proportionnelle, réaffirmé dans son rôle majeur, le gouvernement responsable devant lui, la présidence et le sénat supprimés. Un maillage démocratique du territoire national serait institué par des conseils de quartier de 3000 habitants avec cinq élus révocables, gérant la vie locale, avec un pouvoir de contrôle sur tous les échelons démocratiques supérieurs. La fonction publique sera alignée sur le statut général du salariat. Une activité culturelle critique, libérée des médias marchandisés, devrait animer ce réseau en s’appuyant enfin sur une école nouvelle, animée partout par les pédagogies actives.

La lutte écologique placée au premier plan, boostée par l’intervention directe des salariés, empêchera l’extinction des possibilités de survie de l’humanité. Elle devrait passer nécessairement par une révolution urbaine qui engage à terme la reconstruction de la ville hyperdense et invivable, en l’arrachant à la spéculation immobilière, socle des patrimoines excessifs qui creusent les inégalités. La priorité sera aux quartiers sensibles, où devraient être mis en œuvre une faible densité, inférieure à deux, un tissu social et fonctionnel mixte, piéton et vert, le recours à une créativité architecturale libérée comme la banlieue rouge avait su l’expérimenter avec succès il y a vingt ans. Engager cette longue marche sans transiger sur ses objectifs.

La situation a placé Mélenchon comme le support historique possible, à cette étape, d’un tel programme inspiré de la Nuit Debout et du combat cégétiste. Au-delà des hésitations politiciennes des vieux appareils, l’urgence est que lui en soit conféré le mandat impératif. Ainsi serait semées, quel que soit le résultat de la prochaine présidentielle, les graines d’un vrai changement de gauche, soutenu par la majorité de la population, contrôlé par elle-même dans les quartiers et les entreprises, qui puisse éradiquer la démagogie frontiste auprès des couches populaires écartées des affaires par la corruption politicienne. De ce point de vue, les chances d’un succès dès 2017, ne sont pas nulles, comme en témoigne la montée des ces voies autogestionnaires en Espagne, aux USA, en Grande Bretagne, etc.


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