MAUVAIS COUP POUR LA CULTURE LUSOPHONE : LUSOFOLIE’S FERME SES PORTES

mercredi 5 octobre 2016
par  Jean-Luc Gonneau
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Le premier jour d’octobre, Lusofolie’s, l’un des lieux phares de la culture lusophone à Paris a fermé ses portes, de façon impromptue. En cause, selon des témoignages parfois contradictoires, des difficultés financières qui auraient conduit les associés majoritaires à fermer le lieu. En cause aussi, des dissensions entre certains associés et João Heitor, l’emblématique directeur (et lui aussi associé puisque à l’origine du projet).

Dans ce genre de circonstances, mêlant passions (culturelles) et argent, il est bon de laisser un peu de temps pour mieux comprendre ce qui a pu conduire à une conclusion aussi triste. Mais il n’est pas trop tôt pour affirme que pour beaucoup d’artistes et de passionnés de musique, d’arts graphiques, de littérature, de conférences et débats, ou tout simplement de citoyens en quête d’un lieu où la convivialité n’était pas un vain mot, Lusofolie’s fut comme une seconde maison. Pour beaucoup, pendant la trentaine de mois d’existence de « notre » Lusofolie’s, se donner rendez-vous au « Luso » pour voir une expo, asssister à un concert, participer à un débat, ou plus prosaïquement manger un morceau ou boire un verre en discutant entre amis, fut une évidence. Et même, dans les grandes occasions sportives, on s’y retrouvait, footeux ou pas, pour suivre les matches. Tout cela a été l’œuvre de Joao Heitor, inlassable animateur, découvreur de talents, généreux de son temps, de son attention, de son sens de l’amitié.

Pour nous autres, gens du fado, les soirées « fado vadio », toujours bondées, permettaient aux étudiants de l’Académie de fado de faire leurs premiers pas en public, partageant les soirées avec des artistes confirmés du fado parisien. C’est aussi au Lusofolies qu’ont débuté dans le fado les jeunes Lizzie et Tânia Caetano. C’est là encore que le Coin du fado organisa plusieurs soirées, dont celles consacrées à la commémoration en fado du 25 avril. Là aussi que des fadistes lisboètes de passage à Paris passaient faire un tour. On entendit aussi au Lusofolie’s du jazz, des musiques du Brésil, du Cap Vert, d’autre pays encore.

Paris ne regorge pas de lieux culturels lusophones ou lusophiles. Hors la Fondation Gulbenkian, davantage orientée vers les arts plastiques et la littérature autour d’artistes en général déjà confirmés, la Maison du Portugal de la Cité Universitaire, qui affiche une activité culturelle de plus en plus fournie et les méritoires, mais épisodiques, efforts du Consulat du Portugal, le Lusofolies, à la fois bar, galerie d’art, épicerie fine, librairie, lieu de spectacle, proposait un concept proche de celui de l’éducation populaire, avec en plus tout un art de la fête

Un tel concept est-il viable économiquement ? Les autres acteurs culturels que nous venons de citer bénéficient soit de fonds publics (Consulat,), soit de mécénat (Gulbenkian) qui constituent leur ressource principale. La Maison du Portugal ne bénéficie pas de subventions publiques, mais bénéficie de sa situation institutionnelle au cœur de la Cité Universitaire Internationale de Paris pour faciliter des partenariats. Lusofolie’s, société commerciale, ne pouvait de ce fait avoir accès à des subventions publiques, qu’il aurait pu solliciter s’il avait eu un statut associatif, bénéficiant de plus d’un statut fiscal avantageux. Une idée à creuser pour l’avenir ? Mais quel avenir, justement ? Des bruits circulent à propos d’une réouverture du lieu dans quelques mois par les associés, sans João Heitor. Celui-ci, par ailleurs souffrant, préfère aujourd’hui ne faire aucune déclaration ou commentaire sur cet épisode ou ses projets, ce que l’on peut comprendre tant les événements ont été brutaux. Nous espérons tous le revoir bientôt et repartir avec lui vers de nouvelles et joyeuses aventures.


Commentaires

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vendredi 9 décembre 2016 à 17h12 - par  Gabie75

Un tout grand merci pour votre site. C’est un plaisir pour toutes & tous.
Bonne continuation

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