2017, ANNEE DE TOUS LES DANGERS.

mardi 27 décembre 2016
par  João Silveirinho
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Au nom de l’équipe de la Gauche-Cactus, de Réchauffer la Banquise et (Jean-Luc Gonneau insiste là- dessus) du Coin du fado, je vous présente nos meilleurs vœux pour 2017. Et nous et vous allons en avoir besoin alors que les massacres prospèrent au Moyen-Orient, que les Philippines se sont dotées d’un président assassin, que Donald Trump va devenir celui des Etats-Unis, que les prisons du maréchal Sissi et du « sultan » Erdogan ne désemplissent pas (les nôtres et celles des Etats-Unis non plus, quoique pour d’autres raisons), que Poutine peaufine sa « dictature démocratique », une sorte de spécialité locale qui semble connaître un succès certain à l’exportation.

En France, les perspectives électorales ne se présentent pas, c’est le moins qu’on puisse en dire, sous les meilleurs auspices. L’ombre du Front national fait plus que rôder. Ses idées ont été d’une certaine façon légitimées par leur reprise par des représentants de la droite autoproclamée « républicaine », les Sarkozy, Wauquiez, Ciotti et tant d’autres. Le programme-purge du candidat de cette droite-là n’est guère plus rassurant. Il ferait passer celui, naguère, de Georges Pompidou, dont il revendique l’héritage, pour un manifeste gauchiste. Ne parlons pas de son autre mentor revendiqué, Philippe Seguin : l’ « ogre des Vosges » avait, lui, de véritables préoccupations sociales. Mais François Fillon a manifestement à ce sujet la mémoire qui flanche. Plutôt Thatcher que Seguin.

Face à ce « à droite toute », la gauche se présente divisée. D’un côté, la « gauche de gouvernement », enfumage sémantique propagé par la presse dite sérieuse (qui l’est sur bien des points, mais surtout pas sur celui-là) et quelques intellos-chroniqueurs, pas toujours idiots, mais aveugles sur ce point là. Un exemple, si vous voulez un exemple ? Certains aiment les exemples. Michel Wieworka, désolé que ça tombe sur lui, sociologue respectable quoique discuté, ce qui prouve qu’il ne laisse pas indifférent, commet un récent article dans Le Monde, où il disserte sur les tourments de la « gauche de gouvernement » face à l’élection présidentielle. Comme presque tous les commentateurs, du Monde au Parisien en passant par Libé, la « gauche de gouvernement », c’est le Parti socialiste. Certains y ajoutent les écolos (plutôt tendance Jean-Vincent Placé, celui qui a justifié son nom en devenant ministre) et l’inévitable Emmanuel Macron, vous voyez, d’ailleurs on le voit souvent, celui qui se dit ni de droite ni de gauche, comme Nathalie Kosciusko-Morizet. En français courant, ça s’appelle le centre. Pour Wieworka, pour Duhamel, pour tant d’autres, ce qu’ils appellent la « gauche de la gauche » (Jean-Luc Gonneau préfère dire gauche de gauche. Extrémiste, va !), ce n’est pas, ce ne peut être une gauche de gouvernement. Supplétifs pour un second tour, d’accord, mais pas plus. Au mieux, les idiots utiles dont parlait papy Lénine. Un exemple, si décidément vous aimez les exemples ? Jean-Luc Mélenchon a un programme… de gouvernement. Nul et non avenu, décrète Duhamel en deux lignes. Wieworka, dans son article, fait silence à sujet.

De l’autre, l’autre gauche, dont Mélenchon s’est fait le porte-parole, soutenu par le Parti de Gauche (normal, c’est son parti), par Ensemble, par, à l’arrache, le PCF, par des groupes plus confidentiels et par les « insoumis », souvent nouveaux venus dans l’engagement politique. Soit au moins autant de forces militantes que celles de la « Belle alliance Populaire » (ça donne BAP), faux nez du Parti Socialiste et de ses satellites souvent confidentiels. Un exemple ? Allez, Jean-Luc Bennahmias, candidat à la primaire de la BAP en tant que président du surpuissant Front Démocrate, avoue sans détours qu’il y participe pour apparaître aux débats télévisés entre les candidats, ce qui a le mérite de la franchise. Mélnchon, donc. Et Macron ? Oh, Macron ne se revendique plus de la gauche (il a varié sur ce sujet) et n’a donc rien à faire dans la primaire de la BAP. Ni Mélenchon d’ailleurs, qui ne saurait s’engager à soutenir, si tel était le cas, un ancien ministre de François Hollande. Déjà que ce sera dur pour Montebourg ou Hamon si Valls sort vainqueur de l’épreuve, hors peut-être un communiqué convenu (et après, hop, cap sur leur circonscription).Et inversement.

Gauche divisée, pouvait-il en être autrement ? Nous avons entendu les appels du PS et de quelques acteurs de la société civile, généralement proches du PS ou des écologistes « raisonnables » à inviter Macron et Mélenchon à participer à une primaire de « toute la gauche » (sauf les trots, y a des limites quand même, puis le PS à inviter les mêmes à la primaire de la BAP. Invitation saugrenue pour ce qui concerne Macron, qui ne se revendique plus de la gauche. Invitation bidon pour ce qui concerne Mélenchon, comme on l’a vu précédemment. Selon Jean-Christophe Cambadélis, ce seraient « donc » Macron et Mélenchon qui diviseraient la gauche. Et pas les trahisons de l’équipe au pouvoir pendant ce quinquennat (trahisons sur les engagements du candidat : lutte contre la finance, nib, renégociation des traités européens,re-nib, vote des étrangers, re-re-nib… trahisons sur les principes, CICE pour le capital, déchéance de nationalité, heureusement retirée, merci les frondeurs socialistes, par ailleurs méprisés par le pouvoir en place, droit du travail…). La « gauche de gauche », comme dit Gonneau, n’a pas cautionné ça. Elle qui avait massivement, quoique sans grande illusion, apporté ses voix à François Hollande au deuxième tour de 2012, permettant son élection, a été systématiquement ignorée pendant cinq ans. Ce sont ces trahisons et ce mépris de François Hollande et de la majorité du Parti Socialiste qui l’a aveuglément soutenu qui sont à l’origine de la division de la gauche. Et le prix à payer risque d’être lourd en 2017


Commentaires

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samedi 8 avril 2017 à 15h13 - par  Paulinegauche

Je rejoins votre constat au sujet de la gauche divisée, même si dernièrement j’ai constaté avec un peu d’enthousiasme que Mélenchon, Artheau et Poutou semblaient trouver un fil conducteur commun. Le mouvement anticapitaliste prend forme et semble avoir une certaine légitimité auprès de la population...j’espère que cela se confirmera dans les urnes en avril prochain !

Pauline.

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