RICARDO RIBEIRO AU TOP

vendredi 14 avril 2017
par  Jean-Luc Gonneau
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Quelques semaines après sa belle représentation au Théâtre des Abbesses, Ricardo Ribeiro est revenu à Paris au Café de la Danse. Paris risqué pour ses jeunes producteurs de Viavox, car Ricardo est certes une étoile montante du fado mais n’a pas encore, en France une notoriété établie (et pour beaucoup, notamment dans le public français, le fado est souvent associé à une voix féminine). Mais pari gagné : les cinq cent places de la salle furent occupées par un public qui n’a pas ménagé ses applaudissements, ma voisine, taxi parisienne portugaise n’étant pas la moins enthousiaste. Pari gagné aussi par Ricardo Ribeiro lui-même, encore meilleur que lors de son concert aux Abbesses : plus d’effets de voix que nous trouvions peu utiles, et les mélismes qui font partie de son style nous ont paru encore mieux contrôlés.

N’oublions pas son brelan d’as musical, José Manuel Neto à la guitarra, Carlos Manuel Proença à la viola et Daniel Pinto à la viola baixa, toujours efficaces, brillants et complices, dans un concert entamé par deux fados traditionnels sorte d’hommage à Fernando Mauricio, « O rei do fado » pour ses admirateurs, qui fut le mentor du jeune Ricardo, et un fado canção que Carlos Do Carmo ne renierait pas. Mais attention, pas de copie : Ricardo a des références, mais son style à lui.

Suivront certains titres déjà entendus aux Abbesses (mais pas tous, plusieurs autres aussi, attention délicate pour celles, dont ma voisine taxi et ceux qui étaient aux Abbesses), parmi lesquels nous retiendrons, mais c’est un choix évidemment subjectif, les très beaux Estrada da vida, de João Dias Nobre, « sa » Canção das aguas claras, dont il a composé la musique, un superbe fado cravo, clin d’œil à son créateur, Alfredo Marceneiro, le maître du fado, l’emballant Alfama mal afamada, avec un José Manuel Neto impressionnant, ou le poignant Eu sei que sou demais. En rappel, Ricardo Ribeiro nous fit cadeau de deux chants alentejanos. Comme on le sait, la canto alentejano, à l’instar du fado, a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. Et comme on le sait moins, même si l’un et l’autre ne s’en cachent pas et intègrent leurs origines dans leur répertoire, deux vedettes du fado de la nouvelle génération, Antonio Zambujo et Duarte, sont alentejanos. Même dans notre fado hexagonal, l’Alentejo est présent avec l’ami João Rufino et bien sur le violiste, qui fut aussi un remarquable chanteur avant un problème vocal, Casimiro Silva, pilier du fado parisien depuis plusieurs décennies.

Revenons au concert : un moment de grande classe, avec un Ricardo décontracté, débonnaire (son côté « nounours » qui semble avoir chaviré notre consœur de Télérama, tombée sous le charme ?) mais sachant aussi (et comment !) susciter l’émotion. Bref, une superbe prestation.

Article paru également dans Lusojornal (www.lusojornal.com)


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