LEGISLATIVES A HAUTS RISQUES

mardi 23 mai 2017
par  Jean-Luc Gonneau
popularité : 5%

Donc, Emmanuel Macron président. Acté. On a connu Manu I, voilà Manu II. Moins d’effets de mentons, tout aussi carnassier et, dans le genre, plus efficace : le sourire du loup. Nous savons en gros la tambouille qui nous attend, ratatouille hollandaise en plus indigeste, alignement merkelien (tout sourire, la Merkel), syndicats snobés, travailleurs méprisés, sauf s’ils sont « indés », mais à condition de réussir, hein, banques et multinationales (c’est cumulable) chouchoutées, associations ignorées (du non lucratif ? Quelle blague !) parti godillot et ministres soumis exigés. Et presse à laquelle on recommande vivement d’être bienveillante. Un cocktail saumâtre dont a malheureusement déjà connu tous les ingrédients. Le tout dans une marmite institutionnelle que bien des gens, et de plusieurs bords, estiment vermoulue, mais à laquelle Manu semble attaché telle la moule au rocher.

Bon. Alors, on fait quoi ? Les élections législatives sont proches. Dans quelques jours, on revote. La tentation d’aller à la pêche, déjà plus vive que d’habitude lors du scrutin présidentiel, pourrait encore gagner du terrain. Sinon, reconnaissons que Manu a réussi au moins un coup : mettre dans la mouise les deux partis qui jouaient tranquillement au badminton depuis une bonne trentaine d’années. Mouise totale pour le Parti Socialiste. Mouise plus partielle, à l’heure où on cause, pour Les Républicains, qui peuvent encore compter, apparemment, sur un socle de bourgeois aisés et conservateurs, qui ont par nature horreur de la nouveauté, quand bien même elle ne fait que maquiller de vieilles recettes. Donc, ceux-là voteront LR. Il est aussi probable que la calamiteuse prestation télévisée de Marine Le Pen, ajoutée à la déception de la défaite, rognera un peu le score du Front National, mais celui-ci, hélas, ne sera pas négligeable, tant les peurs et les sentiments, parfois fantasmés, de déclassement alimentent les rhétoriques du FN. Le PS ne peut guère compter que sur l’implantation de quelques élus bien implantés, dont une partie a déjà prévu de faire ses valises, l’élection passée, vers la « République en marche », soit directement, soit en transformant le PS en une sorte de PRG lié au parti macronien. Soyons justes, ce qui va de soi à la Gauche Cactus : il demeure au PS des socio-démocrates sincères qui ne tremperont peut-être pas dans la mayonnaise marcheuse. Et aussi, autour de Benoit Hamon, quelques députés vraiment à gauche (je pense notamment à notre ami Pascal Cherki qui risque d’avoir bien du mal à contrer la nouvelle ministre (Modem) Marielle de Sarnez dans sa circonscription) contre lesquels la France insoumise serait bien inspirée de ne pas présenter de candidats, ce qui vaut aussi pour les sortants communistes et pour les députés de gauche ultramarins.

Car, à gauche, compte tenu de la débandade socialiste et de la faiblesse électorale du Parti Communiste, dont à ce niveau, la pente descendante date de bien avant les accusations contre Mélenchon de certains de ses dirigeants, seule la France insoumise est en mesure de sauver les meubles, et peut-être davantage, lors de ces très prochaines élections législatives. Si le score de Mélenchon peut éventuellement s’effriter un peu par rapport à celui de l’élection présidentielle, la France insoumise demeure, et de loin, le meilleur vecteur pour envoyer au parlement des députés qui, eux, ne confondront pas le progressisme avec les lampions du libéralisme et sauront ce que peuple veut dire. Et elle y parviendra d’autant mieux si elle sait agréger sans arrogance (du calme, à ce sujet, camarades Corbière et Bompard) et dans le respect de leur identité, donc de leur différence, celle et ceux dont au final les convictions et les combats sont souvent si proches.

Et les autres, ceux qui ne voteront ni pour LR, ni pour le PS, ni pour FI ou le PCF, ni pour le PCF ? Beaucoup iront à la pêche, quelques uns s’éparpilleront en votant pour les « petits candidats », fort nombreux, et le reste, les ravis de la crèche macronienne, se portera sur REM. Espérons qu’ils ne soient pas trop nombreux.


Commentaires

Brèves

24 octobre 2013 - PENSEE DU MOIS

Le réformisme consiste à faire comme les autres, c’est à dire rien, mais par étapes. (...)

8 juin 2011 - UN GESTE (GENEREUX ET LUDIQUE) POUR LE CAP VERT

Le Cap Vert est l’un des pays les plus pauvres du monde. L’association Regarde (...)

25 septembre 2010 - CHRISTINA ROSMINI EN CONCERT LES 7 ET 8 OCTOBRE

Accompagnée par Bruno Caviglia, Manuel Delgado et Jorge Tejerina, Christina Rosmini est en (...)