INTERVIEW DE M. JEAN-LUC TALAMONI

jeudi 25 janvier 2018
par  Jacques-Robert Simon
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Après avoir traduit de l’anglais (américain) le discours de Donald Trump, du latin celui d’Emmanuel Macron, du catalan l’Appel de Carles Puigdemont dans les numéros précédents, notre ami chimiste-philosophe-polyglotte Jacques-Robert Simon traduit cette fois du corse son interview de Jean-Luc Talamoni. Il a gardé toutefois, nous précise-t-il, certaines expressions qui n’ont pas leur équivalent en français.

- Cher M. Talamoni…

- Appelez-moi Encaustic… c’est Sire en Corse

-  Vous êtes sûr de votre dictionnaire… Très bien.., vous venez d’être élu à la présidence de la collectivité territoriale unique de Corse, avec 40 voix sur 63, quel est le sentiment que vous ressentez le plus intensément ce jour ?

- Une immense responsabilité : j’espère ne pas décevoir ce peuple corse qui s’est tellement battu pour survivre, pour faire vivre sa langue, sa culture… enfin tout ce qui constitue un peuple.

- La Corse déclara son indépendance en 1735 avant d’être cédée à la France un peu plus tard. Voulez-vous revenir à ces temps anciens ?

- Nous voulons garder tout ce qui contribue au futur de la Corse et qui permet d’aller de l’avant, qui permet d’être fier de soi et de son peuple, nous ne nous embarrasserons pas d’un passé qui nous scléroserait.

- Napoléon Bonaparte est-il bien corse ?

- Comment pouvez-vous poser la question ! Un homme qui a conquis un Empire Corse sur la quasi-totalité de l’Europe civilisée, celle de l’Ouest, malgré la pesanteur d’un état français se languissant dans les affres d’une révolution mourante. Bien sûr Napoléon est Corse, comment en douter. Il est né un an après le traité de Versailles par lequel Gênes cède la Corse à la France.

- En fin de compte vous n’êtes Corse que grâce à l’empire.

- C’est vrai, je suis né à Saumur et d’ailleurs je vais instamment demander le rattachement du Maine-et-Loire à notre Île.

- Il est dit que les Corses préfèrent l’huile jaune faite à partir des olives ramassées sous les arbres parce que c’est moins fatigant que de les cueillir à l’arbre. Cette légendaire atonie Corse n’est-elle qu’une légende ?

- Nous sommes pour l’optimisation des efforts. La roue, le plan incliné ont été inventés afin que l’énergie humaine déployée ne se dissipe pas en d’inutiles frottements engendrant de l’inutile chaleur. Nous nous concentrons sur le travail utile, sans dispersion superfétatoire ou plus exactement superflue. Les olives tombent, pourquoi monter à l‘arbre ? Les subventions arrivent, pourquoi saloper la nature avec des industries.

- Donc vous continuerez à recevoir des subventions ?

- Bien entendu, du moins jusqu’à ce que le peuple Corse reçoive tout ce qui lui est dû par ces ventes, ces rachats, ces conquêtes, ces ravages, ces massacres perpétrés par français et génois, entre autres barbares. D’ailleurs, la Corse est peut-être sous souveraineté française mais la possession par la France n’a jamais été ratifiée : il faut qu’on nous rembourse toutes les spoliations faites depuis le traité de Versailles.

- Donc, en plus de la culture des oliviers, de la vigne, de la châtaigne, des agrumes, de la charcuterie de porc, du fromage de brebis, de chèvre, vous aurez des subventions.

- Vous oubliez le tourisme ! Les touristes dépensent plus de 2,5 milliards d’euros chaque année sur l’île. Nous choyons les touristes, nous aimons les touristes, surtout ceux qui dépensent beaucoup d’argent et qui ne restent pas trop longtemps. Car les Corses ne voudraient que leur merveilleuse langue soit diluée dans un sabir anglo-américain : ce n’est pas chez nous qu’on aura Disneyland. Lacramante, bastard, banditu !!!

- L’immigration et le racisme ont joué un rôle primordial lors des élections de la fin d’année 2017 en Autriche. Retrouve-t-on un phénomène du même type en Corse ?

- Absolument pas ! Nous aimons les étrangers à un point tel que nous souhaitons ardemment qu’ils restent étrangers, c’est à dire chez eux, en dehors bien évidemment de courtes périodes de temps où ils pourront bénéficier de nos plages, de notre soleil et de notre merveilleusement hospitalité.

- À Sisco, une violente bagarre avait opposé sur une plage en août 2016, trois hommes d’origine maghrébine à une quarantaine de villageois corses. Est- ce le reflet d’un antagonisme entre musulmans et corses, ou du moins certains d’entre eux.

- Comment pouvez-vous penser une chose pareille aussi effrontément honteuse ! Non, les musulmans en faible nombre et désarmés peuvent venir voire résider en Corse… mais leurs cinq prières, ils doivent les faire en corse pas en arabe classique ou dialectal et ils doivent tourner leur tapis vers la Pancheraccia, pas vers La Mecque ou un bled de ce type.

- Et s’ils refusent de prier en corse ?

- Nous n’envisageons bien évidemment aucune méthode coercitive mais leur retour sur le continent, ils ont le choix il y en a deux, devient incontournable.

- Marine Le Pen à la présidentielle a atteint 48 % des voix au second tour…

- 48,52 %

- Ressentez-vous une proximité avec elle ?

- C’est inconcevable : elle n’est pas corse !

- Vous n’avez de proximité qu’avec les corses, mais alors pourquoi ce drapeau ?

- La tête de Maure a été adoptée par la Corse à l’époque où le royaume d’Aragon dominait les îles de la mer méditerranée. Les Maures, bien que musulmans sunnites, ne sont pas arabes mais berbères.

- Le problème ce sont donc les arabes !

- Comment peut-on dire une telle horreur ! Nous cherchons simplement à préserver notre identité, notre langue, notre culture et nous voyons mal comment 322 120 chrétiens corses pourraient intégrer 1,9 milliards de musulmans.

- La population corse est en pleine croissance mais les corses souchiens ne font pas plus d’enfants que sur le continent. Cela vous inquiète-t-il ?

- Dès que nous aurons une pleine et entière indépendance, mes compatriotes vont retrouver de la vigueur, de la vitalité, ce problème sera réglé en une génération. Et puis merde, mmerda… Ne venez pas gâcher notre joie.


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