ON ESSAYE DE VOUS PRESENTER DES VŒUX POUR 2018 ?

jeudi 25 janvier 2018
par  Jean-Luc Gonneau
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La tradition des vœux de bonne année est un exercice convenu, généralement pauvre littérairement, parfois et même souvent hypocrite. C’est aussi un exercice de politesse, qui est, comme l’écrivit Antoine Comte-Sponville, la plus petite mais la plus nécessaire des vertus. Je vous présente donc, au nom de l’équipe de la Gauche Cactus et de Réchauffer la Banquise et en mon nom propre pour faire bonne mesure, nos vœux pour que l’année 2018 vous apporte, malgré une conjoncture fort maussade pour les valeurs éthiques que nous défendons, des moments de joies, de félicités, de défis gagnés, de santé maintenue ou retrouvée.

Exercice convenu, avions nous dit. Année après année, les vœux des présidents de la République ont été des modèles de pensums imposés, où chacun essayait de faire croire à la population qu’il était particulièrement attentif au bonheur individuel de ses concitoyens, que chaque français.e pouvait compter sur sa bienveillance à lui perso. Héritage d’ancien régime peut-être, quoique en temps des rois, de mémoire, il n’y avait pas la télé. Beaucoup attendaient au tournant, cette année, le petit nouveau

Il apparut tel qu’en lui-même, sourire bienveillant mais regard glacé, le ton sérieux, un manque total de sens de l’humour (mais reconnaissons que la plupart de ses prédécesseurs n’étaient pas spécialement de joyeux drilles, et que les rares doués d’humour évitaient d’en faire étalage le soir du 31 décembre, pourtant dédié aux agapes (du moins pour celles et ceux qui en ont les moyens et/ou l’envie) modestes ou luxueuses, champagne ou mousseux, cotillons (en perte de vitesse) et embrassades (et plus si affinités). Il reprit sagement le chemin de ses prédécesseurs, égrenant les catégories de population, une par une, qui allaient bénéficier de ses bienfaits lors de cette nouvelle année. Des oublis, pourtant : les migrants et les retraités. Il est vrai, notons-le, que ceux-ci, pour diverses raisons, ont une possibilité très restreinte de devenir un jour ces premiers de cordée si chers à la pensée (complexe) présidentielle.

Tout eut donc être parfait dans le registre de la convenance. Certes, le président en fit un peu trop, comme il en a l’habitude, dans la mise en scène de l’allocution, dans la longueur de l’intervention. 20 minutes de convenances, ça fait beaucoup. Du temps de sa grande forme, François Mitterrand nous avait torché ça en sept minutes, emballé c’est pesé. Mais aussi, il y eut ce passage où il évoqua ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui. Je les respecte, dit-il, bienveillant. Je les écoute. Fort bien. Mais ça ne changera rien à mon action. Respect façon Macron : cause toujours, ma tête lit le journal.

2018 sera une année blanche électorale. C’est pourquoi le gouvernement s’est empressé de faire voter par les nouveaux godillots qui peuplent le parlement les réformes (traduire : retours en arrière) sociales, fiscales que nous savons, et qu’il va parachever dans les mois qui viennent, prévoyant de lâcher quelque lest en fin d’année en prévision de son premier test électoral national (les élections européennes de 2019). Pour la gauche (dont les mois qui viennent nous indiqueront s’il convient d’y réintégrer le Parti socialiste), cette année devrait être une année de reconstruction pour certains, de consolidation pour d’autres, de dialogues pour tous. Vous vouliez des vœux ? En voila donc. L’année aussi où la gauche doit être capable de proposer une alternative aux dérives libérales de l’Europe. Il y a du boulot. Même le corpus de la France insoumise, sans doute aujourd’hui le plus abouti à gauche, n’y suffit pas. Idem pour la question migratoire, sur laquelle l’ensemble de la gauche se fait bien peu entendre (prudence ? manque d’idées ? divergences ? un peu tout ça, il paraît) L’année bien sur où il convient de participer, de soutenir, d’impulser s’il le faut les mouvements sociaux qui seront suscités par les réformes gouvernementales. Préparer les batailles électorales des années qui viennent, certes, mais surtout œuvrer à regagner le cœur de nos compatriotes, et cela en faisant appel à leur raison, s’il vous plait. Dans ces conditions, bonne année, donc !


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