DES VŒUX… ET DES PISTES

samedi 11 janvier 2020
par  Jean-Luc Gonneau
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Au nom de l’équipe de la Gauche Cactus et de Réchauffer la Banquise, je vous souhaite, à vos proches et vous-mêmes une année 2020 la meilleure possible. Collectivement, elle peut même être belle, si le mouvement social en cours fait reculer le misérable gouvernement dont le pays est affublé, si les élections municipales permettent de mettre une gifle (allez, une baffe, une torgnole tant qu’on y est) aux candidats gouvernementaux, de repousser les néfastes perspectives proposées par un Rassemblement National aux aguets tel un raminagrobis, et de maintenir dans sa déréliction une droite « tradi » qui n’en finit pas de se remettre du naufrage Fillon. Elle peut donc être belle, mais ce n’est pas gagné.

Rien ne dit en effet que sur le front des retraites, le gouvernement n’ait l’intention de céder autre chose que des miettes. En témoigne le prétendu « recul significatif » d’Edouard Philippe à propos de l’âge pivot, « suspendu provisoirement » de la loi, mais dont on peut parier qu’il sera réintroduit dans quelques mois, et cela, dit Philippe, par ordonnance, c’est-à-dire sans même passer par le parlement. Démocratie, quand tu nous tiens… En témoigne le traitement que les forces de l’ordre réservent aux manifestants, sur injonction gouvernementale. Les violences policières continuent à être, comme on dit, disproportionnées. On sait qu’il y a toujours eu dans les manifs quelques énergumènes qui considèrent qu’on ne rigole pas tous les jours et qui pensent que c’est une bonne occasion, picole aidant pour casser et taper les flics. Il est vrai, à leur décharge, qu’ils n’ont pas l’occasion, contrairement aux cadres pratiquant le stress management en vogue dans les écoles de commerce, de se défouler sur des subordonnés. Et il nous semble raisonnable de se questionner sur l’action, ou l’inaction, de la police vis-à-vis des « black blocks », ces groupes violents qui regrouperaient « quelques centaines d’individus ». Les services de renseignement, dont les moyens ont pourtant été sensiblement augmentés sous Macron (un symptôme de la démocratie En Marche, peut-être ?) n’y verraient goutte ? Ou bien les violences gratuites de ces black blocks échappant à tout contrôle policier (mais y a-t-il contrôle) ne seraient-ils pas bien utiles au pouvoir pour tenter de disqualifier les manifestants, gilets jaunes ou pas, syndicalistes ou pas ?

Une pancarte parmi d’autres brandies lors des manifestions illustre bien la situation. Elle dit ceci : Arrêtez de nous expliquer, on a tout compris. Compris que le discours sur la justice, l’équité, le fin de certains « privilèges » couvre en fait des conséquences qui privilégient les intérêts des deux principaux soutiens du gouvernement : le patronat, qui y voit une possibilité de faire travailler plus longtemps (à condition ne pas se faire licencier comme il arrive à beaucoup de « seniors » et de moins cotiser, et les groupes financiers, qui piaffent d’installer des systèmes de capitalisation fort lucratifs, et dont Macron est le grand ami, peut-être même le porte-parole.

Concernant l’échéance électorale municipale, s’il est possible aujourd’hui d’apercevoir les prémisses d’un piètre score pour les « marcheurs » de tous poils, la menace du Rassemblement national se précise, et la droite « classique » compte sur quelques notables pour protéger ses positions. La gauche, une fois de plus, semble partir divisée. Elle devrait cependant comprendre que la violence sociale et sociétale de la politique gouvernementale peut conduire notre pays au pire et que temps est venu de réunir les bonnes volontés, des formations de la gauche de la gauche jusqu’aux socialistes ayant repoussé les sirènes macronistes. Et ceci sans prétention hégémonique. Cette prétention là a conduit à bien des malheurs les formations qui s’y sont essayées (PCF en son temps, PS, LFI il y a peu). L’attitude actuelle du camarade Jadot du côté d’EELV ne laisse pas d’inquiéter. Tous ensemble d’abord, et on verra après !


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