MACRON A REPARLE : ENCORE RATE

dimanche 14 juin 2020
par  João Silveirinho
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Une fois encore, Emmanuel Macron a reparlé à nos concitoyens le 14 mai. Encore raté. La presse, même celle bien disposée à son égard, ce qui n’est pas peu, avait annoncé qu’il se trouvait le « dos au mur ». Que le président ne s’inquiète pas trop, cette même presse, peu ou prou, se prétendra rassurée tant il lui en faut peu.

Si Emmanuel Macron nous avait demandé de le conseiller sur la forme de son intervention, cela lui aurait certes coûté une blinde, car nous sommes intransigeants question pognon avec les laquais de la finance, mais nous aurions avant tout conseillé de ne pas commencer son laius avec les « bonnes » nouvelles, à savoir les visites autorisées en Ehpad, qui auraient du depuis déjà être en place si l’impéritie publique et la rapacité privée avaient été combattues, l’ouverture des restos franciliens (qui n’empêchera pas nombre de faillites, pour la plus grande joie des enseignes interlopes de malbouffe, qui se feront un plaisir de ramasser à bas prix les sites les plus intéressants), et le retour à l’école, pour quelques semaines. Tout ça, Manu, il fallait le dire à la fin de ta baffouille !

Avant l’incroyable étalage d’autosatisfaction. Oubliée la palinodie autour des masques et des textes, énoncés les mensonges sur l’« indépendance » retrouvée du pays et escamotée les spéculations de la grande distribution en la matière. Odieuse mise en avant de l’action de l’état alors que chacun a pu constater que c’est par le dévouement du personnel hospitalier que le pic de la crise a pu être surmonté, au prix de lourdes pertes humaines. Avant la présentation d’un mirifique demain où toute perte d’emploi serait « accompagnée », où le système de santé serait miraculeusement rénové grâce à un « Ségur de la santé », dont déjà, à peine commencé, plusieurs « partenaires sociaux » ont dénoncé la vacuité. Avant la martiale déclaration de soutien sans aucune réserve à la police et à la gendarmerie. Manu, faut-il te rappeler quelques chiffres, dont certains émanent des services de l’Etat et les autres n’ont reçu aucun démenti ? Sur près de 400 plaintes traitées par l’IGPN pour violences policières, seules 2 ont abouti à un transfert à la justice, qui ne s’est pas prononcée à ce jour. Coté manifestants, 400 condamnations et ce n’est pas fini. Cherchez l’erreur. A Rouen, des enregistrements nauséabonds d’échanges racistes entre policiers ont été rendus publics. Ce n’est qu’à ce moment que l’IGPN s’est réveillée. Enfin, réveillée est un bien grand mot : tous ces policiers sont toujours en poste, y compris celui qui se vante d’avoir accumulé un arsenal à son domicile. Deux sites « sociaux » sur internet fréquentés principalement par des policiers et des gendarmes (8000 pour l’un, 9000 pour l’autre) échangent quotidiennement des propos racistes ou violents. Silence, Manu, sur tout cela, oubli, peut-être, que elon des sondages concordants, plus de la moitié des policiers votent pour le Rassemblement National. Oubli, Manu, que lorsque tu réduis l’enflammement antiraciste qui saisit à juste titre notre pays à des dérives communautaristes (qu’il convient cela dit de dénoncer) : il faut écouter, Manu, Assa Traoré et Camélia Jordana, pas seulement, comme certains bobos, parce qu’elles sont jeunes et belles, mais parce qu’elles portent une vérité, bien loin des communautarismes que tu dénonces, ayant soif d’un universalisme qui ne soit pas seulement celui des blancs bien sapés, que manifestement, engoncé dans tes costards, tu ne connais pas. Te réinventer, Manu, si tu en es capable, c’est aussi, et peut-être d’abord, en passer par là.


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