Syntaxe et délires associés... (ou exercice de rien)

mercredi 23 décembre 2020
par  José Vala
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Je m’adresse aujourd’hui aux admirateurs dévoués de la syntaxe, l’académique conformiste qui, du haut de sa normalité scolaire t’explose la tête chaque fois que, distrait, tu alignes les mots dans un désordre que les bibliothécaires de la langue française qualifient dédaigneusement de capharnaüm linguistique ou délire syntaxique. Toi, ta langue, française ou autre, elle est plus vivante que jamais et elle a bien l’intention de le rester en sortant des sentiers battus avec des expressions tantôt bien léchées (et c’est peu dire quand on parle de langue) tantôt taillées à la serpe.

Toi, tu es un charpentier de la sémantique. Avec tes gros doigts, armés de ciseaux à tailler ce bois noble dont sont faits les mots, tu les malaxes, les tritures (jusqu’à ce que ça te cause), tu les berces de tes envolées sans élan, tes descentes sans filet, tu les captures pour mieux les laisser libres de dire les images. La sainte Axe, comme disait l’autre, toi, tu t’en b… parce que l’académie des zarts et de l’être n’est pas ta tasse de thé vu que ta boisson favorite à toi est l’expresso réduit à sa plus simple expression... Et la plus simple expression, c’est ce que tu vises droit dans les yeux de ta rhétorique... Tu cherches le mot, l’indivisible mot, qui résume, à lui seul, la vie.

Tu t’éclates, tel un décorateur de la "page blanche", à agencer les léxèmes selon ton inspiration instantanée. Tu manies le Polaroïd de ta saint Taxe... tu actionnes la poulie du saint axe, là où coulissent les maux, les mots qui marnent pour, quelquefois, prendre le non sens que tu leur donnes... Toi, ta syntaxe, c’est le désordre, c’est placer les mots devant un miroir et les forcer à aller voir de l’autre côté,... c’est leur parler à mi-voix pour déverrouiller leurs sens, prendre leurs syllabes pour leur donner le seing, les nourrir à des perceptions aussi multiples que le mouvement,... Tu les emmènes en voyage sans bouger d’un pas et, cheveux au vent, ils te décoiffent les acquis, te rendent au centuple ce que tu leurs prends.

La syntaxe, toi, tu t’assois sur sa branche linguistique, tu lui apprends à parler ton latin à toi dans des combinaisons, tantôt sexy, tantôt brut sorties de ta distillerie où brûle, en permanence, le feu de la terminologie anarchique. La syntaxe, vue de ton hublot, c’est un ultralibéral qui, des sommets de son académie, voudrait t’obliger à passer par l’épée tous les déclamateurs dissidents de la théorie sémantique castratrice. Toi, on te donne une image et tu en fais un puzzle de mots, on te donne un mot et tu en fais une image composée par les syllabes plus ou moins onomatopéiques… de tes pensées.

La sainte Axe, elle, est une sacrée farceuse. Elle voudrait que tu la suives pour mieux t’enrouler dans son filet de règles établies. Et tu sais ce que je pense des règles établies pour contrôler les mouvements… Ne te laisse pas prendre au jeu des règles trop bien polies pour être droites… Et si un beau parleur vient te discourir de stylistique (styly stick, ça existe aussi), de pronom explétif, de phénomènes de rection et autres termes obscurs destinés aux hyper spécialistes, érecte-toi, prends les jambes de tes mots à ton cou et éloigne-toi de ce "aie confiance" qui essaie de t’endormir la pupille perceptive de sensations verbales parce que, toi, le formalisme académique t’ennuie comme t’ont, toute ta vie, ennuyé les bacs à sables délimités par des barrières.

La linguistique est un grand terrain vague que des sapients ont balisé de leurs principes pour délimiter ta capacité à dépasser les bornes. Or, toi, l’antirouille de ta vie est la désobéissance et transgresser l’héritage des latino-hellénistes forcenés, dieux ou pas, est un de tes jeux favoris. On s’amuse comme on peut. Tu joues avec moi ?...

Note : écrit sans additifs… Toutes les images, au propre ou au figuré, sont la propriété de l’auteur des ce "torchon" propre à essuyer les fesses des idées reçues… idées reçues, oui et parfois en pleine poire, je te l’accorde.


Commentaires

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mercredi 6 janvier 2021 à 04h46 - par  Béatrice Legrand

Si seulement, les animaux et les autres espèces peuvent s’exprimer, je pense que leur soif de vengeance va nous faire disparaître. Ou encore, ils vont peut-être participer aux élections comme dans les animés.

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