Les meilleurs vœux du Cactus… Mais, suspense intolérable : 2021 sera-t-il pire que 2020 ?

illustration glanée sur le net par Benoist Magnat
lundi 4 janvier 2021
par  Jean-Luc Gonneau
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Au nom de l’équipe de la Gauche Cactus, je vous présente mes meilleurs vœux pour l’année qui commence, pour vous-même et vos proches. Que vous échappiez à la pandémie (statistiquement et moyennant quelques prudences, ça devrait le faire) et votre santé protégée, que vous ne soyez pas touché.es par la crise sociale et économique qui est, déjà, en cours, que vos libertés et vos plaisirs ne soient pas menacés (ça, c’est pas gagné).

Mais, au moment où vous voudrez bien lire ces lignes, le suspense est bien là : 2021 sera-t-il pire que 2020 ? Le discours farcesque des vœux présidentiels fait craindre le pire. Vous pourrez en lire une description très pimentée dans le texte de Julie d’Aiglemont reproduit dans ces colonnes. Enfin quoi, après la palinodie des masques, la pénurie hospitalière, les ratages des tests et maintenant les vaccinations au compte-goutte, il faut un sacré culot présidentiel pour claironner que tout a été bien fait. Nos concitoyens ont été bien bons de se plier aux exigences parfois contradictoires, parfois ineptes (exemples : masque baissé dans une rue déserte = 135 euros, traverser la rue, non pas pour chercher un emploi, on sait que ça ne marche pas, mais pour acheter du pain sans attestation, même tarif). On met certes en exergue, avec l’appui vigilant des chaînes d’« information » en continu de l’infime minorité qui a fait fi des prudences élémentaires.

Surveiller les citoyens, et particulièrement les militants attachés à la justice sociale et à la liberté, les punir parfois (violences policières ou de policiers, comme vous voudrez), museler les lieux culturels, argüer que restos et bistrot, lieux conviviaux par excellence, sont les plus graves sources de contamination (là aussi, les professions bistrotières ont donné des gages de sérieux, et là aussi, une faible minorité d’irresponsables condamne une immense majorité d’établissements respectueux des prudences élémentaires) que les transports en commun bondés aux heures de pointe, notamment pour les salariés des quartiers populaires pour lesquels le télétravail est rarement de mise. Qu’en sera-t-il en 2021 ? La police cognera-t-elle moins ? Les lieux de convivialité finiront sans doute par ouvrir à nouveau (enfin, ceux qui auront survécu à tant de mois de fermeture, car la casse risque d’être énorme), mais il faudra probablement du temps pour réapprendre le vivre ensemble.

Il n’y a pas que la santé et le plaisir dans la vie, il y a aussi le salaire du travail (oui, oui, on sait, le travail peut aussi être un plaisir, mais pas toujours, hein). Et là, c’est la boule au ventre pour beaucoup. Peut-on croire au youp-là-boum présidentiel, et hop, au printemps, c’est reparti comme avant, et même mieux ? Les licenciements (oups, pardon, plans sociaux) sont en route, les faillites augmentent, les dettes s’accumulent, qu’il faudra bien payer un jour si la macronie perdure. Et qui paiera un jour ? Devinez. Après la crise sanitaire (au fait, « ségur de la santé » ou pas, on continue de fermer des lits hospitaliers, vous le saviez ?), la crise économique et sociale. Et comme Michel Audiard le fait dire à Bernard Blier : « C’est la même équipe qui gère ? ».

Un mot de plus, quand même, à propos des vœux présidentiels. Quel conseiller en com’ lui a donné l’idée de livrer en pâture au public quelques français montés en épingle alors qu’ils n’en demandaient pas tant. Navrante nanardise qui en dit long sur la disette créative de notre cher président

Il y a donc urgence à prier Emmanuel Macron de retourner à ses talents bancaires, et sa cour de réintégrer qui leurs administrations respectives, qui la pub ou les relations publiques. Le danger, c’est de tomber sur pire. C’est moi ou la Le Pen, même chantage qu’en 2017. Pour éviter ce dilemme infernal, la gauche, dans le système électoral fort peu démocratique qui est le nôtre, n’a pas d’autre choix que de présenter un front uni. C’est aujourd’hui loin d’être le cas. Nous aimerions qu’elle comprenne, la gauche, que nous sommes dans un cas d’urgence politique. Chacun des actuels candidats potentiels, par ordre alphabétique, Hidalgo, Jadot, Mélenchon, Montebourg, Piolle, Roussel (et d’autres peut-être qui apparaîtront) peut légitimement estimer qu’il est en mesure de défendre ses idées en étant candidat à la présidence de la république. Soit. Que chacun mène sa campagne au long de l’année qui commence, soit. Mais il nous semble que l’heure de l’élection approchant, et parce que le changement est urgent, il serait inconséquent de maintenir des candidatures de témoignage, estimables sur le fond mais condamnées à l’échec et condamnant ainsi les chances de la gauche. Dans les mois qui viennent, les rapports de force auprès de l’opinion donneront des indications sur la solution la plus crédible pour l’emporter. Ce sera alors le temps du « tous ensemble, tous ensemble », repris tant de fois dans les manifs. Voilà notre vœu pour 2021.

Ah, au fait, ne soyez pas étonnés de l’absence dans notre liste de potentiels impétrants des noms par ordre alphabétique Hollande, Royal, Vals. Nous avons une conception assez large de ce qu’est la gauche, mais il y a des limites.


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