Pandemie, libertés, froid, services publics, misère, les temps sont durs (mais pas pour tout le monde)

IIlustrations d’Agnès Bihl et de Pierre Thomas
jeudi 18 février 2021
par  Jean-Luc Gonneau
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Voilà maintenant plus d’un an que le coronavirus devenu covid19 (et ses florissantes variantes) monopolise ou presque le discours gouvernemental et l’attention des medias. Faut-il revenir sur l’action gouvernementale contre la pandémie ? Un peu, mon n’veu. Toutefois, soyons justes : face à une épidémie de ce type, tout gouvernement peut être conduit à hésiter sur les mesures à prendre, à tâtonner sur leurs applications, à commettre quelques erreurs. Et tout citoyen peut douter des justifications de ces actions sans pour autant être assimilé à un « procureur ». Mais les mensonges à répétition, ça, le citoyen a du mal à l’avaler.

Buzin (ministre et médecin), janvier 2020 : des masques, on en a plein (lire : y’en a plus en stock). Véran (ministre et médecin), février 2020 : les masques, ça ne sert à rien (lire :en fait, on n’en a pas). Véran, un peu plus tard : la solution, c’est les tests. Sauf que là aussi, ils se font attendre. Et une fois là, on pige qu’il faut se tester à répétition pour être peinard. Puis les vaccins. L’ébouriffant bordel total. L’Europe s’unit. Youpi, bondissent les eurolâtres (L’Europe ! L’Europe !L’Europe !, disait naguère l’oncle Charlie pour s’en gausser). Le temps de se mettre d’accord, les 27 européens se font blouser par la Grande-Bretagne, Israël et quelques autres, eux-mêmes blousés par les Etas-Unis qui, Trump ou pas Trump, ont flairé le magot depuis le début. Mais l’Europe a elle-même blousé les pays les plus pauvres, quelle victoire, récoltant en boomerang les variants exotiques qui maintenant font si peur, et ouvrant un boulevard géopolitique aux vaccins chinois et russes, qui paraissent au moins aussi performants que ceux du vaillant (ou vacillant) Occident, et commencent à inonder le monde, sauf l’Europe, qui met énormément de temps à les valider alors qu’Astra-Zeneca (le moins performant) et Pfizer ont obtenu ça en un tournemain, d’autant plus aisément que bien des valideurs les connaissent intimement, si vous voyez ce qua ça veut dire. Résultat : la vaccination made in France est annoncée « prudente » (lisez : on n’a pas assez de vaccins, et surtout pas les russes et chinois).

Et nous voilà incités, à l’instar de Mme Bachelot, à admirer le courage, les biceps et les pectoraux de M. Véran (le menteur de tout à l’heure) se faisant vacciner, ou le président de la République transformé en panneau publicitaire pour expliquer à ces crétins de français comment se laver les mains ou mettre un masque. On en rajoute ? On en rajoute. Pendant ce temps, ils nous disent, que la messe,c’est ok, mais les musées et les concerts, et les cinémas, non. Pourquoi ? On veut éviter les queues à l’entrée. Ils n’ont pas vu les queues au début des centres de tests ? Pauvre Roselyne Bachelot, qui travaille jour et nuit, dit-elle, pour la culture, car elle écoute, chaque jour, les professionnels du secteur, et les rassure en disant que tout ira mieux quand tout cela sera terminé. Chapeau, Roselyne, tu leur as rivé le clou, là.

« En même temps », on continue de fermer des lits hospitaliers, dont on nous dit, « en même temps » qu’on manque. En même temps, le manque de personnel qualifié en réanimation, déjà identifié il y a un an continue. En même temps, la revalorisation de nos personnels de santé, qualifiés à juste titre d’« héroïques » reçoivent des clopinettes lors du « Ségur de la santé ». En même temps, notre « champion » pharmaceutique Sanofi, présidé par Serge Weinberg, l’un des mentors du jeune Macron mais rassurez-vous, c’est juste une coïncidence, licencie des centaines de chercheurs tout en percevant, c’est ce qui caractérise nos « champions » et autres « premiers de cordée », quelques centaines de millions d’euros de crédit impôt-recherche (que dit le pointilleux Lemaire, gardien de nos impôts ? Rien°) ? n’arrive pas, normal, à mettre au point un vaccin (pas assez rentable pour le banquier Weinberg ?) mais parvient à verser quatre milliards de dividendes à ses actionnaires (pas pour tout le monde, le dur). En même temps, nos libertés sont bridées, les confinements, couvre-feux et autres fermetures, décidé.es par coup par coup, sans que leur efficacité sanitaire soit clairement démontrée, sans que leurs conséquences sur l’équilibre psychologique et sanitaire hors covid de la population soit mesurées, décidées apparemment en fonction de critères économiques ou sécuritaires (confinement égale pas de manifs, contrôles multipliés,,,). Quel prix a notre liberté ? Quelles seront les durées de vie des restrictions imposées au nom, prétendent-ils, de la seule pandémie ? L’histoire nous enseigne que tant de mesures annoncées « temporaires » deviennent définitives.

Si la « crise Covid » touche une grande partie de la population, si, soyons justes toujours, le gouvernement tente, tant bien que mal, de garder, de justesse puisque soyons justes, la tête hors de l’eau de celles et ceux qui ont la chance d’avoir un salaire (car c’est une chance par les temps qui courent) ou les commerçants chahutés de confinements en couvre-feu(alors qu »Amazon et ses amis GAFAM se gavent, sans payer d’impôts ou presque ((pas pour tout le monde, le dur), les précaires, eux, en prennent plein la figure. Et les précaires, ça fait du monde en une époque où un contrat à durée déterminée, même sous payé, est une sorte de Graal. Ils ont droit à une aumône, de ci de là, qui ne leur évite pas les queues (tiens, les revoilà, réelles, celles-là) devant les distributions d’aides alimentaires.

Pendant quelques jours, la vague de froid a fait concurrence au covid. Elle aussi montée en épingle par un battage médiatique car sa durée de quelques jours, son intensité déjà subie ces dernières décennies, n’en méritait pas tant, nonobstant les très réels inconvénients subis par nos concitoyens de certaines régions. Bref, d’un épisode climatique certes sévère mais maintes fois subi et qui ne constitue pas une surprise, les médias, soutenus en sous-mains par un gouvernement qui considère que tout ce qui peut inquiéter le peuple lui permet, avantage collatéral, de se présenter comme un rempart, en ont fait une catastrophe nationale. Une fois encore, ce sont les plus précaires des précaires, sans abris, sans chauffage, qui ont pris cher. Qu’importe, pour les cabinets ministériels, ces gens là ne votent pas. Eten même temps, le gouvernement prépare (Lemaire aux manettes, méfiez-vous de ce type) le démantèlement d’EDF, premier chauffagiste de France. La Gauche Cactus a cosigné une pétition contre cette horreur. Cosignez !


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Commentaires

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lundi 22 février 2021 à 10h53 - par  Les encombrants

En effet, on a du mal à avaler et les mensonges à répétition que vous dites là nous obligent à tout remettre en question, et ce depuis le début de la crise. Seulement, est-ce que cela va tout résoudre  ? On ne sait pas encore.

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