Aux ordres, citoyens !
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Le 12 juillet dernier, le président de la République a consenti à communiquer à ses sujets, pardon, à ses administrés, quelques nouvelles les concernant. Première bonne nouvelle, grâce à sa clairvoyance politique et, admit-il volontiers dans un rare, donc cher, moment de modestie, aux efforts, à la résilience (malin, il n’a pas dit obéissance) de son peuple, la lutte contre la pandémie a été couronnée de succès, quoique. Nous reviendrons sur ce quoique. Oubliés les discours sur les masques, un temps déclarés inutiles quand on n’en avait pas, puis obligatoires quand on reçut. Même si un sérieux doute demeure sur leur utilité en extérieur. Oubliée la calamiteuse mise en place de tests dont certains donnaient des résultats fantaisistes. Oublié le début erratique des campagnes de vaccination. Même si, soyons comme toujours justes et magnanimes, le retard initial fut en partie rattrapé. A un coût que nous ignorons (secret des affaires, voyons) mais qu’il nous sera probablement un jour invités à payer. Et nous n’oublierons pas que la France, pardon, son président, s’est opposé à la levée des brevets, seule solution pour assurer une diffusion mondiale abordable économiquement des vaccins. Donc, puisque tout est oublié, une gestion magistrale de la crise pandémique.
Revenons au quoique : un variant particulièrement vicelard du covid menace à nouveau la planète. Alors là, on sort le bazooka. Pass sanitaire quasi obligatoire. Sinon, pas de voyage, pas de bistro, pas de ciné, pas de théâtre (Bachelot, ministre fantôme de la culture : pas un mot, on ne va pas encore nous casser les pieds avec la culture « non essentielle ». Et puisque pass sanitaire quasi obligatoire, vaccin quasi obligatoire. Ce que semble considérer comme illégal le Conseil de l’Europe. Affaire à suivre. Pour faire passer tout ça, Emmanuel Macron a annoncé convoquer une session extraordinaire du parlement. Toujours prévenant, Jean-Luc Mélenchon a tenté de lui faire observer primo que le parlement était déjà en session extraordinaire et deuxio qu’une telle convocation était de la compétence exclusive du Premier ministre, censé conduire (rires dans la salle) la politique du gouvernement. Mais qu’importe, discours convaincant, estime la presse « mainstream » aux mains de nos milliardaires préférés.
Autre bonne nouvelle annoncée par notre éminente éminence ; le travail doit être au cœur de nos préoccupations (le travail, hein, pas sa rémunération). Donc, il faut revoir (à la baisse, ce n’est pas dit mais les projets dans les tuyaux l’indiquent clairement) l’indemnisation de ces feignants. Rappelons que la moitié des chômeurs ne sont pas indemnisés, et que dans la moitié restante, une moitié touche moins de 1040€. Un pognon de dingue, on vous dit. Et pour les retraités, autre feignants notoires, on remettra sur le tapis la réforme des retraites déjà retardée tant elle était décriée. Mais ce sera pour le prochain quinquennat. Tiens, une bonne raison de plus pour ne pas voter ou revoter Macron.
Par une pudeur à laquelle nous sommes sensibles, Emmanuel Macron a évité d’évoquer les 172 milliards de profits acquis par les cinq cent familles françaises en 2020. Soit plus du budget de l’éducation nationale et des hôpitaux publics réunis. La presse mainstream a bien raison : un discours convaincant.
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