Quand Jupiter se paye les médaillés olympiques

lundi 18 octobre 2021
par  Patrice Perron
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L’évènement n’a échappé à personne de censé : le lundi 12 septembre 2021, le président de la République recevait les médaillés olympiques, handicapés et valides. Et qu’a commis Jupiter, du haut de son piédestal ? Il s’est payé les sportifs, les engueulant vertement, dans un langage peu amène et sec, pour l’insuffisance des résultats de la délégation Française. Il a aussi annoncé une aide massive aux disciplines prometteuses en nombre de médailles. Rien que cela. Il leur a parlé comme à des gamins.

Une fois de plus, Jupiter s’est trompé de cible. Il est vrai que les résultats globaux de Tokyo ne sont pas à la hauteur des attentes, (notamment en athlétisme), toutefois, les sportifs qui étaient devant lui, eux, étaient ceux qui ont ramené des médailles. Donc, s’il y avait quelqu’un à secouer, ce n’était pas ces médaillés, médusées par le traitement qui leur a été infligé, mais plutôt ceux qui, partis à Tokyo, n’ont rien ramené, ainsi que tous les petits chefs des fédérations engluées dans des problème de moyens insuffisants ou dans des querelles internes de pouvoir. De même, personne n’a oublié, et surtout pas les sportifs et les passionnés de sport en général, la diminution radicale des heures de sport à l’école, décidée par l’actuel ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquert, avec forcément l’aval de Jupiter. Cherchez l’erreur, ou constatez les doubles langages.

De mon humble point de vue, notre cher Président aurait été mieux inspiré de féliciter chaleureusement (comme il sait parfois le faire) nos médaillés, puis, dans une autre réunion, un autre jour, de remonter fermement les bretelles, (comme il sait aussi super bien le faire), à ceux qui le méritent vraiment. Pour tout dire, les médaillés n’ont ni aimé ni été dupes du sketch présidentiel. J’imagine la tronche qu’ont dû tirer les champions présents, par exemple Teddy Riner, (lui qui a ramené un paquet de médailles à la France au cours des dernières olympiades et autres championnats mondiaux et européens). Je vois la scène suivante : Teddy Riner, à plat ventre sur les genoux d’Emmanuel 1er, se prend une fessée morale magistrale de la part de notre monarque. Je vois aussi la scène inverse, dans laquelle c’est Manu 1er, (comme doivent l’appeler ses amis artistes des réseaux sociaux) qui reçoit la fessée magistrale des grosses mains de Teddy …

Je reconnais que pour Jupiter, c’est dur de changer. Du président des riches, au jeune qui n’avait qu’à changer de trottoir pour trouver du travail, des Gaulois réfractaires aux illettrés de chez Gad, l’homme n’aime pas les gens, il les méprise. Il n’aime pas non plus les élus locaux, (on se souvient qu’il avait boycotté l’assemblée générale des maires, pour ensuite inviter à Versailles, des élus choisis par lui). Il préfère aussi les chasseurs afin d’obtenir l’accès à leur réseau militant, maillant parfaitement le pays en vue de sa réélection, plutôt que d’avoir une attitude écolo concernant certaines pratiques peu sympathiques de chasse. Quand, en tant que citoyens, nous observons cela, nous nous disons : - Personne ne lui dit que, parfois, il déconne ? - Tu rigoles, celui qui ferait cela passerait par la fenêtre. Sa carrière serait terminée !

En guise de conclusion, je ne peux m’empêcher de me souvenir de son expression politique à symbole sportif un peu élitiste (c’est chronique chez lui) : le premier de cordée emmène les autres vers le sommet (vous vous souvenez de la théorie du ruissellement, ou plus prosaïquement de la notion des miettes, pour les pauvres). Je me permets de constater sportivement, qu’en l’occurrence, le premier de cordée a dévissé et a entraîné avec lui les médaillés et autres sportifs de bonne volonté. Il les laisse dans … le désarroi.


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