Flux migratoires, à qui la faute ?

dimanche 12 décembre 2021
par  José Barros
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Comme beaucoup d’entre nous, José Barros, qui fut lui-même réfugié politique, est horrifié par les images montrant les victimes des tentatives de réfugiés pour fuir la faim ou la violence. Un message clair ; ce n’est jamais la faute de l’immigré. Arrêtons de prêter l’oreille à ce que prétend l’extrême-droite (mais la droite aussi, cher José) comme quoi l’appât du gain serait le moteur principal de l’immigration. Il peut certes exister pour une petite minorité. Comme pour ceux de nos compatriotes qui émigrent en Suisse ou en Belgique.

Ces images qui nous passent par la fenêtre de la télévision et nous montrent les flux incessants d’émigrants que l’on peut appeler des exodes répétitifs de populations est émouvant et insupportable ! Toujours émouvants mais aussi insupportables surtout quand tant rt tant de fois ces parcours entraînent des pertes humaines comme celles d’hier où de nombreuses vies ont terminé leur parcours dans la tentative de traversée entre Calais et l’Angleterre ! À qui la faute de ces exodes ? Est-ce de Moïse, qui est enregistré dans notre imaginaire comme étant l’un des premiers « passeurs » qui entraina derrière lui une foule de citoyens qui s’expatria d’Égypte ? Ou est-ce l’Égypte antique parce qu’elle est aussi connue dans notre imaginaire comme l’une des premières régions connues pour un grand Exode ?

Ce’ qui n’est pas possible, c’est que c’est la faute aux immigrés Les immigrés, qui portent déjà le poids d’être expatriés, lorsqu’ils sont contraints de fuir la famine, l’oppression ou la guerre, ne peuvent pas non plus être coupables d’avoir échappé à ces fléaux ! Un émigré, les millions d’émigrés qui ont été contraints à demander l’asile, chacun d’eux a une raison aussi simple que celle de fuir la misère ; l’oppression ou la guerre... Parce que personne n’émigre pour le plaisir ! Personne ! Il y a toujours une raison et il y a toujours des fautes, mais ce n’est pas la faute de ceux qui émigrent.

Et nous, les habitants de ce périmètre de la planète où la vie est encore possible, nous ne pouvons accepter ces mensonges venant surtout des apologistes de l’extrême droite qui nous disent que les émigrés ne peuvent plus recevoir un accueil de privilégiés leur permettant d’accéder à tous les droits et quelques autres en plus parce que ces avantages deviennent un leurre incessant ! Ce n’est pas vrai... Les raisons de ces flux migratoires ont d’autres réalités que le soi-disant appel propagé.

Les Portugais, surtout ceux qui ont émigré, connaissent très bien les réalités de l’émigration. Ils connaissent les angoisses du départ, les angoisse de tout un parcours de traversée dans la clandestinité avec les risques d’y perdre la vie et enfin les difficultés pour intégrer un nouveau monde inconnu... Ce sont des milliers de Portugais qui connaissent ces réalités et des milliers d’histoires qui resteront à jamais à raconter mais aussi beaucoup déjà racontées comme celle-ci qui nous raconte Álvaro Morna dans son livre « Le Chemin de la liberté » où ce matin d’août il s’est levé « ce jour-là prévu pour le départ ». « Raconter en toute rigueur mon histoire (nous dit Álvaro Morna) a été pour moi une façon de raconter aussi des milliers d’autres histoires vécues par les jeunes Portugais qui ont refusé de partir pour une guerre contre le cours de l’histoire. »


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