Violences contre les femmes : Darmanin ment

jeudi 17 février 2022
par  Fatima Benomar
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« Aujourd’hui, les femmes psychologiquement ou physiquement atteintes par leur compagnon déposent plainte systématiquement, systématiquement il y a désormais des gardes à vue, systématiquement il y a des poursuites judiciaires » (Gérard Darmanin).

En 2020, il aura fallu que les propos racistes de plusieurs policiers soient enregistrés ou publiés sur les réseaux sociaux pour que soit égratignée l’omerta du racisme dans la police. Aujourd’hui, un message vocal vient d’illustrer le sexisme en son sein. Alors que le gouvernement tente de faire briller de milles feux artificiels le bilan de la Grande Cause Nationale, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, la voix enregistrée de ce policier conspuant une jeune femme qui vient de déposer plainte, démasque ce faux bilan.

Nuit du 4 février 2022. Elle a 34 ans et décide de porter plainte dans un commissariat parisien pour agression sexuelle en état d’ivresse. Comme toute femme qui vient de subir ce traumatisme, qui plus est en situation de vulnérabilité, l’ivresse, circonstance aggravante pour l’accusé, ses propos sont peut-être confus ou imprécis. Elle éprouvre de la peur ou du dégoût à l’idée de revoir son agresseur. C’est ce que devrait savoir tout fonctionnaire de police formé, 5 ans après #MeToo, abreuvé de milles débats où nos militantes ont expliqué bénévolement, du haut de notre expertise, ce qu’est le comportement d’une victime, ce que sont les préjugés qui entachent sa parole, ce qu’est une bonne prise en charge.

Un policier lui laisse un message vocal, raccroche mal et la couvre d’insultes. Le mot « pute », insulte qui nous a été assénée à toutes au moins une fois, en réalité des milliers de fois chacune, est répété trois fois en quelques secondes chargées de haine, d’absence totale d’empathie, de misogynie, de solidarité avec l’accusé. Le policier n’est pas seul, il est entouré de collègues qui ne le reprennent pas, ne lui reprochent pas de parler ainsi d’une plaignante, ne le contredisent pas, semblent même le rejoindre. Lui, n’a pas peur de s’exprimer de cette façon en leur présence. C’est une ambiance collective qui règne et déborde de cet enregistrement.

Il y a quelques jours, un policier soupçonné d’avoir tué sa compagne, dont le corps a été retrouvé chez lui, a disparu dans la nature. Il était déjà connu pour violences conjugales, ce qui ne lui avait valu qu’un stage de sensibilisation. Il n’avait pas été suspendu et avait pu garder l’usage de son arme, avec une simple interdiction de la garder en dehors du travail. Consigne qu’il n’a pas respecté pendant des mois. Preuve, s’il en est, qu’au sein de la police, on ne prend toujours pas au sérieux ni la parole des femmes qui dénoncent les hommes violents, ni la dangerosité de ces hommes.


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samedi 26 février 2022 à 15h15 - par  pberard

Autrefois, nous avions des Gardiens de la Paix. Aujourd’hui, nous avons des Forces de l’Ordre. Dérive sémantique ? Certes non ! Le monde n’a pas d’ordre, il n’a que des équilibres, précaires, qu’il reconstitue sans cesse, bon an, mal an, sans ordre ni projet. L’ordre ne sied qu’aux dictatures qui ne sont autres que funestes aventures.

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