Racisme et immigrants

Illustration glanée sur le net par Jean-Claude Laforgue
jeudi 11 août 2022
par  José Barros
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Racisme

C’est un crime, mais nos démocraties laissent aller de nombreux criminels sans entraves ! Moi personnellement je ne dirai pas que "j’en ai marre", mais si ce n’était pas grâce à une certaine force de caractère je pourrais même trouver des raisons suffisantes à ce sentiment d’humiliation... Humilié par des politiques qui désignent et stigmatisent les gens, pour se « protéger », ou par peur, avec l’épithète d’étrangers, sans la considération due à ces personnes qui veulent s’intégrer dans le même espace de cohabitation et y vivre en paix... Il ne s’agit pas d’un seul pays. Le racisme prend parfois des proportions qui devraient concerner les gouvernements de tous les pays où le racisme s’exprime de façon répréhensible. Au Portugal aussi. Et quand les populations n’ont pas l’intelligence « du bien vivre ensemble », il faut les appeler au bon sens.

Depuis des décennies, des millions de Portugais sont impliqués dans ce mouvement tournant entre pays d’origine et et pays d’accueil et quelle que soit les lieux où ils arrivent, ils sont ciblés comme des étrangers. Au Portugal, quand ils viennent ici, avec une certaine régularité, ils sont considérés comme des étrangers (ou des émigrés) juste parce qu’ils résident hors du Portugal. Franchement, ces portugais résidant à l’étranger ont raison de ressentir cette attitude comme un rejet ; si ce n’est comme un manque de considération pour la « portugalité » qu’ils veulent maintenir. Et les pays d’accueil, "accueil" si on peut dire, les considèrent aussi comme des étrangers ou des "immigrés". C’est pourquoi de nombreux compatriotes, se sentant victimes de ce double rejet, protestent avec cette formule déjà connue et rebattue : "Nous sommes des étrangers ici et des étrangers là-bas". Ainsi même, par rapport aux pays d’accueil, quoique terres adoptives, n’apparaissent-ils pas aux yeux de ces Portugais comme des terres plus accueillantes que le Portugal, qu’ils ne manquent jamais de considérer leur mère patrie ? Nous disons aussi cela comme une vieille revendication selon laquelle les pays doivent traiter tous leurs citoyens de la même manière, étant citoyen quiconque y réside.

Concernant le Portugal, évidemment, les droits devraient être les mêmes pour les résidents et pour les non-résidents quand il s’agit des portugais qui résident à l’étranger. Et les comportements de rejet de la part de ces messieurs de Chega*, même avec des députés élus, nous conduisent à protester avec véhémence et à leur dire à quel point euvent être révoltantes pour tout portugais avec deux doigts de jugeotte et un minimum de cervelle les phrases haineuses contre ceux qu’ils désignent comme « différents » et « étrangers » ! Ces phrases absurdes, prononcées contre les "immigrés" et contre tout ce qui leur semble différent, dans un pays où plus de 50% de sa population vit à l’étranger, sont une offense et une honte pour le Portugal ? Ces plus de 50% des portugais dont nous parlons sont victimes de vexations plus ou moins similaires de la part des homologues de Chega dans les pays où sont ces portugais. Dans les pays à démocratie plus stricte (peu nombreux hélas, ndlr), les "Chega" et consorts sont appelés à répondre de la criminalité, parce que là le racisme est le crime. En ce sens le Portugal devrait aussi être un exemple à suivre... * ndlr : Chega (« ça suffit ») est un parti politique portugais fondé en 2019, proche du Rassemblenent national français et du parti d’Eric Zemmour. Il a obtenu un siège au parlement en 2019 et 12 en 2022 (7,28 des voix)

Le mot immigrant, un mot dépréciatif

Cette histoire de dépréciation des immigrés vient déjà de très loin, et il est évidemment urgent de corriger ces préjugés de la teneur sarcastique qui leurs sont accolée. Il y a eu quelques mouvements d’opinion qui ont tenté d’autres appellations comme "luso-descendants", par exemple, ou "portugais de la diaspora", mais sans assez de force pour prospérer et c’est le terme immigré ou émigré qui finit toujours par s’imposer avec toute la charge d’une sémantique simpliste

On sait bien que ce terme en lui-même n’est pas inapproprié, ce n’est pas non plus parce qu’on traite les enfants et petits-enfants des immigrés comme des immigrés, eux qui n’ont jamais émigré, que réside le problème. Le problème, c’est le fardeau de cette sémantique bâclée si souvent chargée de mépris et d’autres choses qui peut être insupportable... Il est bon d’appréhender ce fardeau de mépris, que le psychanalyste basé à Paris António Lima Nogueira soulève régulièrement, et qui l’inquiète.

Pour illustrer cette appréciation dont je parle, je transcris ici la préoccupation d’un père que j’ai entendue, il y a plus de quarante ans, mais dont je me souviens comme si c’était hier : il était extrêmement inquiet, ce père, était trop pessimiste en voyant sa fille projetant de se marier avec un jeune homme émigré en Amérique. J’ai compris que l’inquiétude de ce père, aussi mon ami, pouvait être une anticipation du chagrin qui pourrait suivre le mariage si la fille allait avec son mari aux États-Unis mais j’ai vu très clairement que non ! Son inquiétude était que sa fille finisse son cursus universitaire et obtienne son diplôme pour épouser un immigré ! Voyez donc ça : sa fille, diplômée, allait épouser un émigré inculte et sans avenir !


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