:Gauche : pas de retraite sur les retraites !

Illustrations glanées sur le net par Le club des masochistes adorateurs des milliardaires
dimanche 25 juin 2023
par  Jean-Luc Gonneau
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La « séquence » de la « réforme » des retraites serait derrière nous ? Macron et sa clique font tout pour, sillonnant la France avec des stocks de poudre aux yeux. La recette : contenus flous, délais incertains, budgets à l’aveuglette. Bref, le tour de France du Macron Circus, c’est la généralisation de la « méthode Schiappa » avec son fonds Marianne. Le temps qui passe, la proximité des vacances estivales pourront faire penser que les citoyens finiraient par oublier l’entourloupe des retraites et diminuer les casserolades. C’est une responsabilité de la gauche, des associations de continuer à faire vivre le refus populaire de cette réforme et de montrer plus globalement son aversion pour la politique néolibérale, antisociale de ce gouvernement, augmentée par l’attitude arrogante du président-monarque.

Donc ne pas négliger les initiatives parlementaires ou citoyennes (dépôt d’un projet de loi d’ici un an, mieux ficelé cette fois, référendum d’initiative populaire, engagement d’une abrogation de la loi en cas de victoire électorale, questions au gouvernement sur les applications et le bilan partiel de la réforme, mise en évidence régulière des situations inextricables créées par cette réforme pour nombre de nos concitoyens…).

Cela dit, ça commence mal pour la « réforme ». Macron l’avait dit, l’ineffable trio Le Maire-Attal-Véran ne cesse de le répéter : grâce à la « réforme », les comptes sociaux seront à l’équilibre. Et bing, v’la t’y pas que le Conseil d’Orientation des retraites, le COR, qui, lors du débat sur le projet, laissé entendre que l’avenir du système existant n’était pas en danger, et donc la « réforme » inopportune, annonce que le compte n’y est pas, et que la « réforme » n’empêchera pas le déficit à venir. Encore un joli brouillard. De quoi stimuler les détectives de la gauche, mais pour l’instant, à gauche, walou. Serions-nous partis pour nouvelle loi portant l’âge de la retraite à 67 ? 68 ? 70 ? Bonjour l’hécatombe ! Il est temps, aussi, pour la gauche de faire le bilan de la « séquence retraite ». Cela aiderait peut-être pour la suite, et pas seulement pour le problème des retraites. Des erreurs ont été commises, qui peuvent s’expliquer en partie par les délais très courts imposés par le pouvoir, prêt à tous les artifices réglementaires, la suite l’a montré (vivement un nettoyage constitutionnel).

Nous serons plus dubitatifs, portant même à l’occasion un regard sévère sur certaines provocations relevant davantage d’une troisième mi-temps de rugbymen particulièrement mal embouchés que d’une Assemblée nationale, aussi galvaudée qu’elle soit. Nous apprécions mal la décision de la France insoumise d’avoir déposé des milliers d’amendements, aboutissant à une impossibilité de vote vu le temps restreint des débats : erreur tactique, de plus mal ressentie par une partie de l’opinion et certains partenaires de la Nupes.

Cela interroge aussi sur l’avenir de la Nupes. Beaucoup ont considéré que cette alliance électorale, conclue à l’initiative de Jean-Luc Mélenchon, ne résisterait pas à l’hétérogénéité des positions de ses différents protagonistes sur des sujets importants (Europe, énergie, place des secteurs publics et privés…). Malgré quelques coups de canif, la Nupes a survécu à la séquence retraite, mais ne s’est pas solidifiée.

Si cette séquence a ébréché (durablement, espérons-nus, mais cela dépend aussi de l’action à venir de la gauche) le déjà fragile électorat macroniste, cette brèche semble avoir davantage profité à l’extrême droite qu’à la gauche.

Dans le paysage politique d’aujourd’hui, c’est quoi, la gauche ? La Nupes, et quelques petites organisations, certes respectables, ayant choisi depuis longtemps de naviguer aux marges du système électoral. Il y a probablement dans La Convention, récemment créée par Bernard Cazeneuve, avec, dans une demi ombre François Hollande, des citoyens proches des idées de gauche, mais quel crédit accorder à ceux qui furent il y a quelques années, les fossoyeurs de la gauche. Quant à « l’aile gauche » macronisme, ce n’est guère qu’un oxymore, comme disait naguère Jean-Pierre Chevènement, lui-même rallié au macronisme. Il est des vieillesses…

La Nupes est le premier rassemblement de la gauche de ce siècle, si on excepte la campagne unitaire pour le Non au référendum européen de 2005, dont la transposition sur le terrain électoral aboutit à une catastrophe. Hors d’un rassemblement, point de salut pour accéder au pouvoir de changer l’ « ordre des choses » chéri par les classes dirigeantes : l’affaire des retraites est sur ce point édifiante et fraîche dans nos mémoires. La Nupes n’est à ce jour qu’un cartel électoral. C’est mieux que rien. Beaucoup de citoyen.nes sont proches des idées de la Nupes, mais rétifs à rejoindre, pour des raisons diverses et souvent respectables, les organisations qui la constituent. Ce qui les intéresse, c’est le tout qui fut synthétisé par le programme législatif de la Nupes, ils ont de le sympathie pour la Nupes, mais ne sont pas dans la Nupes. Et pour cause : sur le terrain, la Nupes n’existe pas, à quelques exceptions locales près Nous eûmes ainsi l’occasion de participer il y a quelque mois à une réunion locale, où les représentants de chaque « orga », se félicitèrent réciproquement, parfois avec retenue, de cette initiative. Bref, on était bien contents d’être là. Mais à la question posée par un « non encarté », (« qu’est-ce qu’on fait maintenant ?), il fut répondu que c’était une sacrément bonne question et qu’il fallait y réfléchir. Et depuis ? : walou. A suivre au prochain numéro !


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