MUNICIPALES/ TOUT LE MONDE A GAGNE ?

lundi 24 mars 2008
par  Jean-Luc Gonneau
popularité : 2%

Les déclarations et communiqués des partis politiques après une élection sont toujours délectables. Ceux qui ont suivi les résultats des élections municipales et cantonales toutes récentes ont été, dans l’ensemble, dignes des prédécesseurs : tout le monde n’a certes pas gagné, mais personne n’a perdu ! Donc, tout le monde est content. La baffe prise par l’UMP s’est transformée en deux coups les gros en un « rééquilibrage », la volée encaissée par le Modem est riche de lendemains qui chantent, selon François Bayrou. La LCR et LO se félicitent, malgré leurs scores toujours marginaux, même si en progrès, de leurs résultats. Le PCF est tout heureux d’avoir tenu bon, malgré des pertes de municipalités et de département que compensent à peine les gains, car ce qui est exact en nombre de villes l’est moins quand on considère leur importance : Dieppe n’est pas Montreuil, ni Vierzon Aubervilliers, et, pour ce qui est des départements, le gain de l’Allier ne compense pas la perte de la Seine-Saint-Denis. Même le modeste Mars se félicite de ses résultats électoraux, tandis que le MRC, tout à la joie de garder Belfort, la citadelle du Grand Chef, oublie la perte du 11e arrondissement de Paris et des Ulis. Finalement, il n’y a guère que le PS, principal vainqueur, et de loin, de ces élections, à la jouer modeste : François Hollande a retenu la leçon du triomphe socialiste aux élections régionales, qui avait fait croire à une facile victoire à l’élection présidentielle.

Car il ne faut pas oublier que si les changements de majorité dans les villes sont largement en faveur du PS, l’écart de vois entre droite et gauche demeure très faible : 2% environ. Compte tenu du taux assez élevé d’abstention, plus à droite qu’à gauche, rien n’indique qu’un scrutin présidentiel ou législatif se traduirait par un succès de la gauche.

La gauche, disons-en quelques mots : les alliances à géométrie variable (depuis LO jusqu’au Modem, suivant les cas) pratiquées par le PS n’ont pas contribué, c’est peu dire, à clarifier son positionnement. Et la filouterie du PS en Seine-Saint-Denis, où il imposé des primaires aux sortants communistes non seulement au premier tout, mais aussi au second là où le PCF était pourtant arrivé en tête au premier tour, bafouant ainsi la traditionnelle « discipline républicaine » en dit long sur la sincérité des discours des représentants socialistes sur les plateaux de télévision, où ils répétaient, bouches en cœurs, que le PS voulait avant tout rassembler la gauche. Tandis que Laurent Fabius (et les autres) ânonnait ce discours, son fidèle lieutenant Claude Bartolone tentait de faire la peau à plusieurs mairies communistes du département. Opération réussie à Aubervilliers et Montreuil, où Dominique Voynet et Jacques Salvator sont élus avec les voix de la droite : bravo les artistes.

Dans quelques mois, le PS et le PCF tiendront leurs congrès respectifs : il y a vraiment du boulot pour doter l’un et l’autre de perspectives susceptibles d’apporter un peu d’enthousiasme à nos concitoyens ? Nous essaierons, modestement comme toujours, d’y contribuer.


Commentaires

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samedi 5 avril 2008 à 10h48 - par  gillebair

le havre:suite !enfin ça commence à se dire !!!un article du journal havre libre du 4/4/08, révèle que le PC national et local auraient dù dire plus ouvertement que le PS a fait perdre les élections municipales ,en présentant sa liste au premier tour, pour ne pas voir un maire communiste reprendre la mairie à l’umpiste ruffenach !!Le PS ne veut pas de gauche plus radicale que "FABIUS".et encore ???

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mercredi 2 avril 2008 à 16h17 - par  Jean Barjou

Qu’on se réjouisse de ce résultat à gauche ou qu’on fasse grise mine à droite, tout le monde —y compris l’auteur de cet article ?— semble oublier que les élections municipales et cantonales ne sont pas une “répétition” des législatives, qu’il est abusif de leur donner une portée nationale, qu’on devrait y déterminer son vote en fonction des enjeux locaux et non selon des critères "politiciens".

Jean Barjou

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lundi 31 mars 2008 à 08h03 - par  daniel dosias

bonjour,
votre analyse sur la sincérité du PS est limpide ! le PS est un parti de droite, édulcoré certes, mais de droite. Le pS ne remet pas en cause la mondialisation et son cortège de misères , ses crises banquaires où le contribuables de tous les pays payent pour sauver le temple du capitalisme : les USA ! DSK au FMI ? voilà un symbole du PS dit de gauche ! Rien ne sera possible sans une véritable alliance de la vraie gauche avec des perspectives claires et, malheureusement réalistes du contexte, une politique où le changement d’esprit doit être la priorité : halte à la consommation à outrance, oui au durable, taxes sur les profits des grosses sociétés ! le PCF a vendu son âme pour se croire toujours existant, il faut qu’il se désolidarise du PS, ne pas laisser à la LCR la voix de la contestation qui ne peut que rester marginale . Un vrai parti révolutionnaire, voilà ce qu’il faut avant que nous ne crèvions tous du capitalisme !
amicalement

Daniel Dosias

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dimanche 30 mars 2008 à 21h37 - par  Dina

Preuve, s’il en fallait encore une, que l’anticommunisme "primaire" (sic) a encore de beaux jours devant lui, et que, si on n’y prend pas garde, il risque de s’enraciner dans bien des esprits, à un moment crucial où la gauche a autre chose à faire qu’à "compter ses voix" respectives dans des primaires... À Corbeil-Essonnes, le manque d’union au 1er tour a été un facteur aggravant, parmi ceux qui ont contribué à la victoire de Dassault le 16 mars. Même si ce n’est qu’une "victoire à la Pyrrhus", où les pertes sont plus importants que le gain d’une ville-danseuse par ce grand prédateur/patron de presse aux idées saines/ami de Sarkozy et membre éminent du MEDEF, la droite l’a emporté. Face à des médias complaisants véhiculant le discours convenu sur la "gauche" (si on les écoute, la gauche se résume au PS, parfois même à... Ségolène Royal), plus que jamais le combat idéologique contre toutes les désinformations s’impose. Que l’anticommunisme vienne de la droite, ou bien d’une gauche qui a oublié son nom, il existe des moyens d’y répondre efficacement.

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vendredi 28 mars 2008 à 15h49 - par  gillebair

AUTRE EXEMPLE:LE HAVRE, ville qui reste DEPUIS 1995, à droite à cause de l’abstention "raz le bol", très forte dans le milieu populaire, et la division chronique des gauches pour nommer le leader , dès le premier tour comme à DIEPPE,et la volonté du P.S DE SEINE MARITIME de compter ses voix au premier tour,contre le P.C.sur cette ville du HAVRE !!!!!!
NOTONS également, le manque d’unité, même au second tour,pour se reporter sur la liste de gauche,menée par le candidat du PC ( où l’on voit dans un bureau du centre ville,1300 électeurs voter aux cantonales pour la liste de gauche emmenée par un candidat vert, et ne pas voter pour la liste de gauche aux municipales,emmenée par le candidat du P.C.

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