NOUVELLES DE LA GAUCHE

jeudi 26 mars 2009
par  João Silveirinho
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On a peu vu les partis de gauche lors des conflits ultramarins, hors quelques élus locaux suivant, péniblement, le mouvement. On les a vus davantage lors de la manifestation du 19 mars. Comme d’habitude, le PCF, le PG (avant c’était PRS), le NPA, LO et d’autres de la gauche de la gauche étaient présents. Et, fait plus rare, le PS avait aussi son « point fixe » : devant le Cirque d’Hiver, mais, hein, pas de mauvais esprit. PCF et PG ont une fois de plus appris que l’union est un combat : le Front de gauche qu’ils on décidé de constituer devait tenir un point fixe commun aux deux. Au dernier moment, il y en eut deux, un pour chacun. Les prurits identitaires n’ont donc pas fini de frapper. Notons tout de même que l’autocollant du PG (« Casse toi, pov’con ») dont il nous a semblé qu’il visait un certain président d’une incertaine république, a obtenu un franc succès.

Les prochaines élections européennes, davantage peut-être que la crise, mobilisent sinon toutes les énergies du moins toutes les têtes dirigeantes des partis politiques. On sait déjà que la dispersion sera la règle. Les Verts ont constitué leurs listes, conduites par d’improbables attelages dont le plus spectaculaire est celui du très modéré Daniel Cohn-Bendit et du réputé gauchiste José Bové. LO, comme il fallait s’y attendre fera cavalier seul. Le NPA aussi, même si quelques uns croient encore au miracle (ce ne sont pas les mécréants confirmés de la Gauche Cactus qui entreront dans cette illusion). D’autres organisations conduisent des négociations avec plusieurs partenaires éventuels. C’est le cas des Alternatifs, qui hésitent entre Front de gauche et NPA, du MRC de Jean-Pierre Chevènement, qui discute avec le PS et avec le Front de gauche. Tels qu’on les connaît, il y iront prioritairement là où ils peuvent éventuellement espérer un élu.

Quant à la Fédération, organisation qui ne considère pas comme un parti tout en jouant comme un parti, où se retrouvent, entre autres, les survivants des collectifs unitaires constitués lors de la présidentielle de 2006, les Alternatifs en tant que tels, l’Association des Communistes Unitaires, dont beaucoup de membres conservent la carte du PCF, elle appelle désespérément à l’unité, sans grand écho. Le PCF, qui n’admet pas la double appartenance, refuse toute discussion avec la Fédération. Le NPA ne semble pas vraiment tenté par une alliance. Le PG veut bien discuter, mais l’oukase communiste restreint un brin la fécondité éventuelle d’une telle discussion. Résultat possible : les « fédérationnistes » risquent fort de regarder le combat électoral européen depuis leur poste de télé. L’une de leurs leaders, Clémentine Autain, a déjà annoncé cette couleur. Est-ce bien raisonnable ? Autant il est compréhensible que la Fédération, en tant que telle, se retire du jeu, autant ses membres, en tant que citoyens, en tant que militants, ne doivent-ils pas participer à un scrutin dont le principale enjeu est de battre la droite ? Car, comme d’habitude, les aspects proprement européens des élections européennes passeront au second plan, et même au troisième s’il y en avait un.

Ces débats auront peut-être le mérite de faire réfléchir sur l’affaire de la « double appartenance ». Il est visible, à gauche, qu’aucun parti n’est en mesure aujourd’hui de répondre seul aux aspirations de la plupart de nos concitoyens, et notamment de celles et ceux qui s’intéressent de près à la chose publique. De plus en plus, on va grappiller ici et là les réflexions, les propositions qui constituent pour chacun son viatique politique personnel. Résultat de l’individualisme débridé qui accompagne le libéralisme ? Traduction d’une sorte de consumérisme politique ? Une telle analyse nous semble dangereusement réductrice, sommaire en un mot, nous irions même jusqu’à idiote si nous ne nous retiendrions pas. Il nous apparaît plutôt que cette attitude est le signe d’une maturité politique, où chacun recherche une synthèse des apports qui lui paraissent les plus convaincants. C’est aussi le signe que le « boutiquiérisme » des partis fait long feu. Chacun peut se sentir en partie communiste, un peu socialiste, un brin NPA, etc : une sorte de « schizophrénie créatrice », comme l’exprime Jean-Luc Gonneau, qui aime bien les concepts apparemment tordus, mais apparemment seulement.


Commentaires

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mardi 21 avril 2009 à 08h31 - par  Vianey guy

Dans cet article n’apparaît que la partie visible de l’iceberg que les politiciens de droite, du PS, du NPA... imposent aux français, via la très grande majorité des médias à la solde du "non débat" sur les enjeux des prochaines élections européennes : par exemple la triste pitrerie du jeu "Ségolène Royal - Sarkosy" ou encore est-ce que le PS va s’allier avec la droite de Bayrou font la UNE des médias.

Mais silence absolu sur le débat politique de fond concernant les enjeux de cette élection comme le souhaiterait le Front de Gauche. Silences politiques, silence quasi total des médias...et de l’auteur de l’article de "la gauche Cactus".

Il serait bienvenu de votre part de contribuer sur le FOND à ce débat, et ne pas s’arrêter aux apparences au travers desquelles "on" laisse les français dans l’obscurantisme qui conduit à l’abstentionnisme entre autre !

Guy Vianey

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