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SCRUTIN EUROPEEN : UNE GROSSE CONTRARIETE ET DE PETITES SATISFACTIONS

mardi 16 juin 2009
par  Jean-Robert Velveth
popularité : 100%

Disons-le tout net : le score du NPA est décevant. Ce résultat, médiocre, était en partie inscrit dans la campagne telle qu’elle s’est déroulée. On aura beau me dire que friser les 5 % pour un « baptême électoral », ce n’est pas si mal, le désappointement est réel et rien ne sert de la cacher sous des formules alambiquées. Il fallait que le NPA s’extrait de l’image étroite de l’extrême gauche : mission non réussie.

Le pouvoir en place (mais également bien d’autres formations politiques) a mis la crise « sous le tapis » alors que le NPA a fait campagne sur le thème « Pas question de payer leur crise ». Ce qui était un peu court et difficile à maintenir de janvier à juin. En outre, positionner Olivier Besancenot en retrait (à la 3ème place en Ile-de-France) pouvait faire naître un soupçon, non fondé, marquant un désintérêt à l’égard des enjeux de l’élection : élire des eurodéputés.

Une question centrale se pose : à faire campagne uniquement sur la crise du capitalisme sans européaniser suffisamment le discours et en omettant, trop souvent, de mettre en avant la dimension écologique du NPA, la campagne a-t-elle été à la hauteur des principes fondateurs du mouvement éco-socialiste ? Quand on apprend que 19 % des électeurs d’Olivier Besancenot de 2007 se sont portés sur les listes Europe écologie (EE), la réponse à la question va de soi.

Têtes de listes, candidat(e)s ou militant(e)s ne sont pas en cause. Ils ont beaucoup donné mais la dynamique d’un vote « révolutionnant la société », en France comme en Europe, ne s’est pas inscrite dans la campagne nationale. En outre, comble d’ironie, le NPA a laissé au Front de Gauche le monopole du vote "unitaire" à gauche de la gauche alors que le PCF n’a jamais voulu s’embarrasser d’une alliance avec le NPA qui l’aurait gênée, demain, pour passer des accords avec le PS pour les régionales de mars 2010. Parfois, dans ses interventions, le porte-parole du NPA a paru se désintéresser de la « question unitaire ». Cette attitude est toujours sanctionnée.

Certes, « réservoir naturel » du NPA, les couches populaires et la jeunesse se sont massivement abstenues. Cette donnée, réelle, ne peut néanmoins tout expliquer. Ajoutons, le ratage complet des outils de communication (des affiches énigmatiques jusqu’aux bulletins de vote et aux professions de foi illisibles) à comparer avec la clarté du matériel d’EE ou du Front de Gauche et ce sont quelques centaines de milliers de voix qui s’envolent.

On m’objectera que le couple PC–PG ne réalise que 0,5 % de plus que les listes de la « gauche populaire » du PCF de 2004. C’est vrai. Mais, depuis, le PCF s’était, une nouvelle fois, écroulé et il ne doit son salut (tout relatif) qu’au talent de Jean-Luc Mélenchon derrière lequel la direction du PCF s’est cachée pour ne réapparaître qu’hier au soir.

Dans la soirée, l’éxécutif du NPA a terminé son communiqué par une ouverture bienvenue : « Nous continuons à proposer à toutes les formations de la gauche antilibérale et anticapitaliste un accord durable valable dans les échéances sociales et politiques à venir, pour encourager la convergence des luttes, plus que jamais nécessaire. » Pour les non initiés, l’important est la juxtaposition des termes « antilibérale et anticapitaliste » qui donne une tonalité nouvelle. A suivre.

Le petit séisme électoral du 7 juin – à relativiser du fait des 60 % d’abstentions – montre, avec le succès époustouflant de EE, que la question écologique doit impérativement être traitée en double centralité avec le social et non comme un supplément d’âme.

Deux satisfactions pour terminer : l’écroulement du MODEM, après l’ignominie de son leader à l’égard de Cohn-Bendit mais également du fait de son double langage permanent, est à saluer ; et la résistance du pouvoir sarkozyste est à tempérer. Si les 28 % obtenus par l’UMP forment un socle non négligeable, les réserves à droite ne se trouvent qu’à ses extrêmes villiériste et lepéniste. Cela ne rassure aucunement sur l’avenir tant le Chef de l’Etat nous a habitué à trouver des « boucs émissaires » pour faire passer ses politiques antisociales et sécuritaires. D’autant, qu’hier au soir, Fillon a soudainement redécouvert la crise et ses effets récessifs.

Jean-Robert Velveth est militant du NPA


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