AU FIL DE L’EAU, VERS DES CRISES RADICALES

dimanche 12 juillet 2009
par  Gérard Bélorgey
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A soixante quinze ans - et sans doute suis-je ringard –je regarde le monde, je consulte bien des médias dont l’explosion, en donnant la parole à n’importe qui, ne fait guère progresser que les confusions, je me réfère à quelques expériences personnelles dont la tenace inutilité me consterne - et j’en viens à ce que je veux dire.

Partout le fil de l’eau mène aux impasses ou, au mieux, à des crises radicales mais sans conséquences, et la perspective des unes ou des autres décourage définitivement de chercher à penser et de continuer à vivre.

Au plan mondial, la compétition pour être de ceux que la saturation des capacités de la planète ne condamnera pas à être les vaincus, est engagée dans la voie de la régression de l’occident – et donc de notre niveau et qualité de vie - au bénéfice de ceux qui veulent le remplacer en compensation des dominations passées ; l’inconscience de ces enjeux conduit à poursuivre, apparemment avec réalisme économique , mais en fait avec un total angélisme entretenu par les intérêts les plus puissants dans la voie d’une globalisation économique suicidaire, alors qu’il y aurait, rationnellement, des moyens de trouver de bons dosages.

Mais les fausses questions – qui passionnent des opinions se croyant éclairées, alors qu’elles sont largement aliénées, mais que nos types de démocraties leur donnent l’auto pouvoir de destruction dans les délices de la communication – prévalent sur les questions vitales : Quelles seront nos ressources dans un univers où nous serons plus chers que beaucoup sans être meilleurs et alors que nous ne nous serons pas protégés ? Quelles seront nos moeurs lorsque les paradigmes de la télé réalité auront fini de triompher de tous les mystères de l’union des corps et des esprits ? Quels seront nos repères quand l’essentiel de ce qui est publié et /ou fait l’objet de large communication est porté par le goût de la morbidité, de l’orgie, de l’horreur par procuration ou, au mieux, du divertissement et de la dérision ? Quelles seront nos identités lorsque la laïcité aura interdit tout ce qui caractérise une appartenance, une communauté, sinon chacun de nos propres corps réduit à sa couleur, ses muscles, ses charmes périssables, ses instincts, ses performances et ses maladies ? Car il n’est plus question de faire entendre des voix et des interrogations sur ce qui, à travers des morceaux vécus d’histoire des communautés, réellement taraude tout simplement chacun, sauf si c’est pour donner dans les jeux politiques de la compassion et les records télévisuels d’audience.

La recherche de l’exercice d’un pouvoir éclairé (dont le devoir est de servir la conciliation des intérêts des habitants d’une nation) et d’une écriture utile (dont les ouvrages ne tombent pas des mains comme tant de livres qu’on célèbre aujourd’hui, écrits par des copains) – tout ce qui pouvait faire le sens d’un destin – ne sont pas à la portée de ceux qui ne font partie des chapelles de people, de démagogues, de communicants de profession, de chercheurs et docteurs en banalités, de corporations monopolisant les journaux et les ondes et, parfois, de quelques comédiens dont le talent a connu le miracle d’être reconnu, grâce à quelque scandale.

Le monde est fermé au bon sens et les tribunes sont interdites à qui n’a pas payé de longue date d’allégeance le prix d’une soumission aux modes ou aux puissants, ce qui est d’ailleurs la même chose. Je dois faire partie des imbéciles.

Le blog de Gérard Bélorgey : http://www.ecritures-et-societe.com


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