LE PS N’A JAMAIS REFLECHI A UN MODELE ECONOMIQUE ALTERNATIF

vendredi 8 août 2014
par  Gérard Bélorgey
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Au moment où des nominations - des gestes un peu provocateurs - symboliques agacent à juste titre et semblent bien indiquer la recherche de confluences pour faire, dans un certain consensus, "sauter des verrous de la société française ", on est fondé à se demander s’il ne s’agit pas de la poursuite d’un alignement euro-libéral sans fin, accompagné de quelques renvois d’ascenseur entre concurrents se soutenant mutuellement pour la bonne cause ?

Dans ce désert de la pensée - que ne renouvelle pas la promotion Voltaire passée dans le moule de l’ENA post soixante-huitarde - ce qui manque au PS, sur le fond, et de longue date, c’est une réflexion doctrinale critique du levier majeur du capitalisme financier. Selon la religion des banques, ce qui fait l’attractivité d’un territoire et donc ses chances d’emplois, c’est le "total return" du capital investi, soit le taux de marge + les plus (ou moins) values sur cessions comparé à ceux des autres pays

Aussi, lorsque j’ai entendu le président reprendre l’antienne du Medef selon lequel le taux de marge français était le plus bas des pays avancés (le taux de marge moyen interactivités n’ayant aucun sens et la notion de capacité concurrentielle nationale - qui est faite de choses complexes - étant effacée au profit de celle de compétitivité par les prix, ce qui est un concept comptable), j’ai senti qu’on franchissait la ligne jaune nous portant vers les concours de moins-disance sociale.

Parce qu’il n’a jamais été réfléchi à un modèle économique alternatif tandis que l’appel à une politique de la demande n’en est pas un et ne serait pas plus efficace que la politique de l’offre, les recettes keynésiennes ne pouvant donner de bons résultats nationaux dans une économie mondiale ouverte. C’est dire que les alternatives proposées à gauche - moins d’austérité - ne sont guère viables non plus (comme l’a prouvé l’échec - augmentation de la dette sans restauration de potentiel - d’une politique d’injections de liquidés publiques entre 2008 et 2011). Le manque est bien celui d’un schéma économique français qui n’a, non plus, aucun avenir, dans un mimétisme envers l’Allemagne dont la situation des facteurs est, à tous titres, différente (cf. G. Duval, "Made in Germany ») et tous les symboles (comme ceux qui résultent de nominations porteuses de signification) aggravent le sentiment que les Français ne maîtrisent plus aucunement leur destin, ce qui est le vecteur des votes contestataires. Alors que satisfaire les attentes majoritaires de nos concitoyens supposerait qu’on ose chercher à répondre à quatre points essentiels : peut- on faire évoluer l’euro jusqu’à ce que la BCE puisse prêter en direct aux États et, plus généralement, obtenir un taux d’inflation satisfaisant en Europe, alors que sa première puissance industrielle joue la devise forte et la déflation, et si c’est impossible, pourrait-on retrouver la souveraineté monétaire hors euro ? Pourrait-on obtenir des protections commerciales à l’égard de pays externes à l’UE et à l’égard même du dumping intra européen ? Serait-il possible que les règles du jeu européen soient aussi assouplies pour que le catéchisme camouflé en vigueur (pas de risque de "fausser la concurrence" par des mesures sélectives de soutien de telle ou telle activité) ne nous oblige à un inadmissible gaspillage budgétaire (payé par les contribuables des plus modestes aux plus exposés) en aidant toutes les entreprises, alors que certaines seulement en ont besoin ? Les pouvoirs publics français ne devraient-ils pas plutôt s’appuyer sur une part significative de capitalisme d’État (ce capitalisme là n’exigeant pas l’inégalité pour obtenir l’investissement et permettant le choix des priorités ; notamment pour faire "la transition énergétique" et pour prendre des participations publiques dans tous les secteurs porteurs ?

C’est à ces voies qu’il convient au moins de réfléchir et surtout en ne croyant pas, avec les naïfs keynésiens, qu’une politique de moins d’austérité et de soutien par la demande serait le fil à couper le beurre pour avoir croissance et emploi. Le désert de la pensée c’est que les gens aux affaires comme les opposants au sein même de leur camp ne sortent jamais suffisamment des sentiers battus et rebattus ... dont les éboulis portent aux abîmes.

Le blog de Gérard Belorgey : http://www.ecritures-et-societe.com


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