EN PALESTINE, AUCUN DIEU NE RECONNAITRA LES SIENS

jeudi 15 janvier 2009
par  Gérard Bélorgey
popularité : 1%

Il est décourageant de s’exprimer aujourd’hui, quand on constate l’impuissance de plus grandes voix que celles de citoyens comme moi à l’égard de l’horreur d’aujourd’hui : la boucherie de Gaza qu’un jour un tribunal international devra pourtant juger. Au nom des enfants Juifs de Varsovie comme au nom des enfants Arabes de Palestine.

Parce que les martyrs qui demandent justice sont ceux des communautés opprimées sous des occupations indues. Lorsqu’il y a insurrections ou résistances - comportant toujours leur mélange d’héroïsme et de bêtise, de légitime défense pour survie et de provocation en retour des humiliations - les oppresseurs ont toujours horrible et beau jeu, d’accomplir hier en Europe un génocide, maintenant, en Palestine, un massacre habillé de parenthèses humanitaires, d’ailleurs si fictives que ces parenthèses ne peuvent même plus être utilisées par les organisations du même nom. Et parce que les tunnels qui servent à ne pas mourir de faim, et de maladie, servent aussi - comment pourrait-il en être autrement - à passer des armes, "comme Carthage" ils doivent être détruits.

Tout est faux ou pour le moins biaisé dans ce jeu des justifications et de la mort : les interprétations des résolutions internationales d’autrefois dont des diplomates habiles ou pervers ont entretenu les ambiguïtés sur la notion de "territoires occupés" ; la légitimité même, en effet, et fondamentalement, d’une expansion israélienne en Palestine, alors que s’il y a toujours des persécutions dans le monde, aucune ne frappe spécialement aujourd’hui les descendants d’Israël, tandis que les pogroms et le nazisme d’hier servent à sacraliser une guerre d’Ancien Testament avec les moyens du XXIème siècle ; l’imputation fondamentale - alors que les torts sont bien partagés comme toute analyse sérieuse de soixante ans de Moyen- Orient le met en évidence - de faire porter la responsabilité des enchaînements menant à l’embrasement et à la tuerie actuelle à un "terrorisme" condamné d’avance par le terme même dont il est désigné par la communauté internationale.

Dans les rapports de forces et de sangs versés de l’Histoire, les salauds ont toujours un trop long moment raison, surtout contre les imbéciles. Grace aux péchés d’orgueil suicidaire des seconds, les premiers - de surcroît discrètement appuyés sur leur arme de dissuasion à l’égard de voisins qui voudraient s’en mêler et sur les réseaux internationaux de tous ceux qui font régner des terreurs sur des communautés opprimées du monde - peuvent se permettre le pire pour chercher à faire régner leur ordre sur un camp de concentration où les combattants sont mêlés par la force des choses à des civils, des femmes et des enfants. Dieu ne pourra pas reconnaître les siens.

Si les défenseurs de la sécurité d’Israël étaient plus intelligents que répressifs n’auraient-ils du comprendre qu’il eut fallu lever le siège d’une communauté affamée, humiliée, spoliée de tout et au bout du rouleau , ce qui explique tous les extrémismes désespérés ; si besoin et faute de réussir de la sorte, évacuer les quelques lieux menacés par les projectiles artisanaux des imbéciles ; montrer - précisément parce que ce sont eux ces israéliens les plus forts qui pourraient être les plus fins - l’exemple de la paix et se gagner, par une estime qu’ils ont perdu aujourd’hui, les moyens de la construire dans le respect des limites au sein desquelles un peuple qui est - qu’on le veuille ou non, par la dimension immigrante qu’il a prise - l’occupant , devrait savoir se tenir.


Commentaires

Brèves

28 janvier 2009 - REFERENDUM HISTORIQUE EN BOLIVIE (de notre correspondant permanent en Amérique latine Jean-Michel Hureau)

La Bolivie a vécu un jour historique le 25 janvier puisque, pour la première fois de son (...)

5 avril 2007 - Arrestation de quatre militantes féministes à Téhéran : Réagissons !

Merci à Maryam Youssefi de nous avoir alerté sur cette information, qui implique une action. (...)