Trois concerts exceptionnels de fado au Cirque d’Hiver fin septembre

lundi 9 septembre 2013
par  Jean-Luc Gonneau
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Voici quelques années, trois ou quatre (la mémoire flanche), la Région Ile de France avait présenté trois concerts de fado, où nous avions pu entendre Carlos Do Carmo, Katia Guerreiro, Camané, Joana Amendoeira, la trop rare Aldina Duarte et Pedro Moutinho. Cette fois, c’est dans le cadre du Festival Ile de France 2013 qu’auront lieu les 27, 28 et 29 septembre au Cirque d’Hiver deux soirées (les 27 et 28) et une après-midi (le 29) de fado. Et une fois encore, une pluie d’interprètes parmi les plus connus du fado aujourd’hui, qui couvre trois générations : les « anciens » toujours actifs, tels João Braga et Maria da Fé, les vedettes confirmées habituées des scènes internationales, Katia Guerreiro, Cristina Branco et Camané, et la jeune génération représentée par Carla Pires, qui commence à se produire régulièrement en France, Antonio Zambujo, autre presque habitué des scènes françaises, et le plus rare Ricardo Ribeiro. Comme trop souvent hélas, nous n’avons pas à ce jour d’informations sur les musiciens qui les accompagneront. Trop négligés, les musiciens : que serait le fado sans guitares ?

João Braga et Maria da Fé sont nés la même année (1945). L’un et l’autre se sont impliqués dans la création d’une maison de fado. Si João Braga y a renoncé, le Senhor Vinho de Maria da Fé est toujours l’un des temples du fado lisboètes, et une pépinière où se sont révélés, entres autres, Mariza, Ana Moura, Aldina Duarte, Joana Amendoeira et Antonio Zambujo, rien que ça. L’un et l’autre sont des représentants émérites de la tradition fadiste. L’un, João Braga se situe dans une tradition de fado marialva, l’autre, Maria da Fé, a des racines artistiques plus populaires alliées à un répertoire de haute tenue. Et João Braga adore organiser des desgarradas avec ses jeunes collègues (certaines sont visibles sur youtube). Espérons que nous en aurons un échantillon à Paris

On ne présente plus en France Camané, Cristina Branco et Katia Guerreiro. Lusojornal s’était fait l’écho du dernier passage de Katia à l’Olympia. Trois styles différents pour ces trois quasi contemporains : Katia Guerreiro est peut-être la plus proche du fado traditionnel des stars de sa génération. Camané excelle aussi dans ce genre, mais se permet parfois des incartades fécondes. Et Cristina Branco a toujours aimé jouer avec les frontières du fado, empruntant au tango et au jazz, incluant un temps des poèmes érotiques dans son répertoire, sensible aujourd’hui à des préoccupations sociales.

Formée aux disciplines de la scène notamment par sa participation au spectacle musical Amalia, de Filipe La Feria, où elle interprétait Amalia Rodrigues jeune (et dans lequel participa aussi Ricardo Ribeiro), Carla Pires, que Lusojornal avait présenté l’an dernier, apporte une version rafraichissante et parfois joliment aventureuse du fado. Physique massif, voix puissante parfaitement maîtrisée, Ricardo Ribeiro sert un fado enraciné dans la tradition dans ce quelle a de meilleur, au service de laquelle il met, nous dit-on, une rare érudition. Enfin, Antonio Zambujo, qui aura aligné cette année une bonne quinzaine de prestations en France, nous revient, à la fois lunaire et pince sans rire, avec son univers bien particulier aux confins du fado, du Brésil, du jazz et de son Alentejo natal. Trois beaux spectacles en perspective.

Cet article est également paru dans Lusojornal du 4 septembre www.lusojornal.com


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