ANTONIO ZAMBUJO A LA CIGALE : UNE SOIREE DE REVE

mercredi 18 février 2015
par  Jean-Luc Gonneau
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Antonio Zambujo est sans doute, dans le monde du fado lisboète, celui qui, depuis quelques années, se produit le plus dans notre pays, qu’il sillonne du nord au sud. D’ailleurs, dès le lendemain, toute la bande part pour une semaine de concerts dans la région nantaise. La bande, c’est Bernardo Couto, , peut-être le plus inventif des maîtres de la guitare portugaise, Ricardo Cruz, qui tient la contrebasse et assure la direction musicale de l’ensemble, Antonio Zambujo qui est, et fort bien, à la viola et, puristes s’abstenir, João Moreira intervient à la trompette et José Miguel Conde à la clarinette et clarinette basse, deux remarquables musiciens. Plutôt habitué des salles moyennes en France, c’est la première fois que nous le voyons, seul à l’affiche, dans une grande salle parisienne.

Lui et sa bande se sont échauffés la veille dans un concert FIP à la Maison de la Radio, jeans et tea shirt, pour quarante-cinq minutes de bonheur. A la Cigale, costard-cravate, deux fois plus de temps, donc deux fois plus de bonheur. Car un concert de Zambujo, ladies and gentlemen, c’est un concert qui rend heureux.

Dans chaque CD d’Antonio Zambujo, Zamba pour les amis, il y a des perles, d’aucuns parleraient de « hits ». Et chacun a ses favoris, selon sa sensibilité, car la matière est abondante. Pour notre part, nous apprécions tout particulièrement l’ironie délicate qui est la marque, l’une des marques, de Zambujo. Ainsi figurent à notre panthéon zambujien Reader’s digest (dans son quatrième CD), l’adorable Flagrante (dans son cinquième), et pour son dernier, Flinstones, ou comment un mari infidèle échoue à persuader l’épouse de sa bonne conduite, et plus encore O tiro pela culatra, rude leçon pour un apprenti séducteur. Ironie certes, mais poésie et saudade aussi, comme dans A casa fechada, qui revisite la musique de l’antique fado triplicado et Rua dos meus ciumes, musique de FredericoValerio, l’un de compositeurs favoris d’Amalia (dans le cinquième CD), ou, dans le sixième, Fatalidade, sur la musique du fado Miguel. Tous ces titres figuraient au programme du concert, ainsi qu’une déchirante interprétation de la Paloma, chanson pourtant éculée avec son cucurucucu si souvent massacré par des mariachis de carnaval. Si Antonio Zambujo s’éloigne parfois du fado, celui-ci n’est jamais bien loin. Zamba assume : le fado est notre point de départ, dit-il, et après, dans le voyage, on rencontre d’autres musiques, celles de son Alentejo natal, le Brésil et l’Amérique du Sud, le jazz, parfois d’autres langues (il chante Gainsbourg – La chanson de Prévert – en français, ou l’uruguayen Jorge Drexter – Zamba (tiens donc) del olvido – en espagnol), on mélange un peu tout ça. Et ça donne ? L’univers unique d’Antonio Zambujo. L’amateur de fado-fado ne sera peut-être pas comblé. Mais celle ou celui qui apprécie l’humour discret, la vraie tendresse, les rythmes subtils, la créativité musicale sera probablement conquis. Comme nous le sommes, depuis quelques années déjà. Zamba, le fado du XXeme siècle ? Cela, l’histoire le dira.


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