GRENELLE SUR LES VIOLENCES CONJUGALES : NOUS DEMANDONS DES ACTIONS CONCRETES ET DES MOYENS !

samedi 14 septembre 2019
par  Les Effronté.es
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Le « grenelle » sur les violences faites aux femmes s’ouvre alors qu’une 101ème femme vient d’être assassinée par son conjoint cette année. Pourtant, depuis des mois les associations féministes enjoignent le gouvernement de prendre sans attendre des mesures d’urgences, faciles à mettre en place. Bien sûr, toutes nous martelons qu’un milliard est absolument nécessaire pour endiguer durablement les violences. Mais pourquoi ces mesures simples, de bon sens, n’ont-elles pas déjà été prises ? Telles que l’interdiction ferme pour les policier.es d’inciter les victimes à transformer leur dépôt de plainte pour violence conjugale en main-courante. D’exiger le traitement systématique des plaintes, et de sanctionner les policier.es qui les refusent. Telles que l’ouverture de 200 places d’hébergement d’urgence en attendant d’en ouvrir 2200 de plus d’ici la fin du quinquennat, pour atteindre les minimas requis par l’UE.

Nous demandions également que cesse la frilosité des JAF à dispenser des ordonnances de protection ou des mesures d’éloignement du conjoint violent. Nous demandions que tou.tes les acteur.ices de la prise en charge des victimes allant des agent.es de police aux magistrat.es, en passant par les personnels des centres de santé soient systématiquement formés afin qu’ils et elles comprennent désormais les notions de sidération, de déni, et autres mécanismes psychiques qui ne sont toujours pas reconnus, alors que de nombreux travaux en ont démontré l’existence. Afin qu’on ne laisse pas repartir chez elle une femme qui a reçu des coups sans l’avoir questionnée et orientée avec bienveillance vers les services compétents. Les effronté.es demandaient que cessent les méthodes violentes, inutiles et traumatisantes pour les victimes comme les confrontations ou demandes de médiation avec des agresseurs ainsi que les questions intrusives sur la sexualité des victimes de viol.

Aujourd’hui, certain.es juges sont si peu formé.es que des décisions aussi aberrantes que scandaleuses sont prises, telle qu’accorder une médiation entre conjoint.es alors qu’une ordonnance de protection a été prise au préalable, ce qui est pourtant interdit par la loi. Ou encore, condamner des femmes pour non présentation d’enfants, alors que ces dernières les protègent d’un agresseur ayant déjà sévi. Les effronté.es demandaient également une grande campagne nationale afin de sensibiliser à la déconstruction des stéréotypes sexistes, qui sont le terreau des violences. Cela passe aussi par une éducation à l’égalité et contre le sexisme dispensée à l’école, dès la petite enfance.

La « grande cause du quinquennat », conduite avec le plus petit budget de l’État. Une coupe de 25% dans le budget alloué aux droits des femmes entre le précédent quinquennat et celui d’Emmanuel Macron.

Cette grande cause prend surtout la forme d’un grand plan de communication, faisant la publicité d’un numéro inefficace, le 3919, avec au bout du fil des personnes non formées, ne sachant pas orienter correctement les victimes, les dirigeant vers les quelques centres qui ont signé la charte du numéro gouvernemental, c’est-à-dire parfois à des kilomètres du lieu de vie des victimes ! Quant au site dédié, il est si pauvre et imprécis dans ses informations que nous en avons été atterré.es. Un grand plan de communication, par le biais d’un « grenelle » auquel ni les victimes ni les familles ne sont conviées, seule une petite poignée d’organisations y ayant été invitées pour la forme. Quel est ce triste spectacle, de quelques semaines, qui laisse à sa porte victimes, familles et associations luttant pour les droits des femmes ? Même celles qui accompagnent médicalement et juridiquement les femmes violentées sont restées sans invitation, et même sans réponse lorsqu’elles ont manifesté leur étonnement puis leur désapprobation.

Quel est le sens d’un ministère qui reste sourd aux propositions des associations de terrain, puis qui leur ferme la porte de son « grenelle » ? Qui depuis des années, est également sourd à leurs demandes de davantage de subventions ? Il ne peut y avoir de véritable volonté politique là où il n’y a pas de moyens, et là où l’on méprise les propositions des personnes formées et compétentes.

Depuis la prise de conscience massive qu’a été #Metoo, beaucoup de femmes refusent l’emprise et la violence de leur conjoint et fuient. Et leurs agresseurs en deviennent plus violents encore, et les féminicides augmentent. Mais alors que les femmes se battent pour être libres et jouir de leurs droits, l’État lui n’a pas bougé. Les moyens doivent être augmentés pour permettre à toutes les femmes de sortir de ces situations terribles, les associations féministes doivent être écoutées et les gouvernant.es doivent travailler avec elles, en d’autres termes, l’État doit être à la hauteur de ce mouvement de libération des femmes face à leurs agresseurs et leur assurer protection : plus une seule ne doit mourir d’avoir voulu prendre sa liberté !

Le site des Effronté-es : https://effrontees.wordpress.com


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