CHRONIQUES NARQUOISES ET AUTRES (juillet 2013)

vendredi 12 juillet 2013
par  Jacques Franck
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Le mépris du peuple

On apprend qu’une grande officine d’espionnage américaine s’arroge un droit de regard et d’écoute sur la vie privée de nos concitoyens. Rien de nos communications téléphoniques, SMS, e-mails ne leur échappe. A tous les niveaux : du simple particulier aux hautes sphères de l’État. Que fait le gouvernement pour nous protéger contre ces intrusions ? Il agite un sabre de bois, proteste, ne prend aucune mesure concrète. Nos grands alliés US pourront continuer à surveiller nos téléphones et nos ordinateurs.

Mais nos gouvernements restent actifs. L’avion d’un chef d’État sud américain a été interdit de survol du territoire, occurrence rarissime. Pourquoi ? Il était censé transporter le patriote américain qui avait soulevé le lièvre (ce qui était faux). Et le chef d’État était le bolivien Evo Morales Or les Américains ne l’ont pas en odeur de sainteté. L’occasion était belle de leur faire un petit plaisir. Les mauvaises langues diront que nos dirigeants méprisent leur peuple et se couchent devant les USA.

Le Potentat

Monsieur José Manuel Barroso se veut l’empereur de l’Europe. Bien que ne se prévalant d’aucun suffrage populaire, il tente d’imposer son avis sur l’élaboration des décisions et de contrôler les lois de chacun des 28 nations composant ce territoire. Il s’arroge un droit de critique et de veto sur la politique des gouvernements de ses "subordonnés". Monsieur Barroso a mis en demeure le Président français d’accélérer l’étranglement des retraites. Il a tenté de s’opposer à la notion d’exception culturelle française et au retrait du cinéma des produits marchands soumis aux accords commerciaux entre l’Europe et les USA. Il aurait bien mérité des producteurs d’Hollywood si les pays intéressés (dont la France) s’étaient soumis à ses ordres.

Monsieur Barroso est un adepte zélé de l’austérité A ce titre, en tant que membre actif de la fameuse troïka (Commission européenne, FMI, Banque centrale européenne), il a réussi à enfoncer le peuple grec dans la misère. Monsieur Barroso a su donner de l’Europe une image si négative que le Front National s’en frotte les mains et essaie de rassembler les citoyens indignés, Ce qui n’empêche pas le Front National de continuer à rouler pour le capitalisme, base idéologique de Monsieur Barroso. Monsieur Barroso pavoise. Il vient d’ajouter un nouveau fleuron à sa couronne : la Croatie. Pris d’entrée : la privatisation des chantiers navals, et la mise au chômage immédiate de mille salariés. Que les Croates se rassurent. Ce n’est qu’un début. L’Europe ne peut pas se concevoir sans la démocratie et l’indépendance de ses peuples. Il est urgent que l’ère des Barroso prenne fin.

Le grand législateur

Nous avions élu des députés et des sénateurs. Je pensais qu’ils étaient seuls habilités à élaborer les lois de la République. Que chaque citoyen pouvait utiliser son droit de critique mais que nul n’avait pouvoir d’exercer une pression sur eux afin de les amener à se déjuger. Que nos lois sortaient du champ d’intervention d’un état étranger, quel qu’il soit. Erreur. Il existe un super-citoyen, un grand législateur, bref un Guide Suprême de la République. Monsieur François, pape au Vatican, n’aime pas certaines de nos lois démocratiquement votées il s’arroge un droit de veto. Recevant des parlementaires français, il les met en demeure de débarrasser notre arsenal juridique de textes impies, tels que le droit des homosexuels au mariage. Il veut imposer les règles de la morale religieuse à un état dont la laïcité est un principe fondateur. Ce chef d’état a raison : il défend ses idées. Il a tort : il piétine les nôtres, en s’immisçant grossièrement dans un domaine qui n’est pas le sien. Monsieur François, pape au Vatican, inaugure bien mal son pontificat.


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