TRAVAIL SOUS ORDONNANCES ET POTIONS DIVERSES

et un dessin de Jancry en bonus
jeudi 7 septembre 2017
par  João Silveirinho
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Sans remonter plus loin dans le temps, le Front Populaire, puis le gouvernement qui succéda au Conseil National de la Résistance en 1945 avaient permis de donner des résultats concrets à plus d’un siècle de luttes des salariés de ce pays. Tant bien que mal, ces conquêtes furent préservées, parfois améliorées (1968, 1981, 1998) parfois un peu rabotées par les gouvernements de droite.

Avec les ordonnances Macron, c’est cet édifice qui est mis à mal. Une première fissure importante apparut avec la loi dite El Khomri, en réalité une loi Macron édulcorée. Mais le futur président était sur ce point opiniâtre, teigneux même, ce que montre sa hâte de faire de la « réforme » (terme qui est devenu au fil des ans le mot le plus hypocrite du vocabulaire politique) du code du travail l’emblème de son quinquennat. Nous ne reviendrons pas sur les détails du contenu de ces ordonnances, qui semblent d’ailleurs receler encore de mauvaises surprises. On pourra se référer à ce sujet à l’excellente synthèse de notre confrère Jacques Cotta (Macron et le désordre, http://la-sociale.viabloga.com) qui montre les reculs des droits des salariés et de leurs syndicats.

mais nous nous interrogerons d’abord sur la méthode choisie, d’abord les ordonnances qui court-circuitent en grande partie le débat parlementaire (qu’ils sont loin, les Vive la République ! hurlés par le candidat Macron lors de ses meetings), ensuite par le déroulement des « concertations », pas de négociations car on ne négocie pas avec les émissaires de Jupiter, bilatérales (pas de tables rondes avec les syndicats) et où la confidentialité était la règle (comment les syndicats ont-ils pu gober ça ?), et où, jusqu’au dernier moment, aucun texte n’était diffusé.

Bien entendu, des miettes ont été concédées, qui ont permis à des Mailly (FO) ou Berger (CFDT) de nous raconter que leurs interventions ont évité le pire. Bref, le piège habituel caractéristique de la droite : on arrive avec un projet dur de chez dur, avec quelques briques en trop, on enlève ces briques, c’est prévu à l’avance.

Ajoutons à cela la ponction indigne de 5 euros par mois sur l’APL, y compris pour les plus nécessiteux. Nous évoquions ce point avec un bon ami qui fut séduit par Macron jusqu’à soutenir sa campagne (il en revient un peu depuis) : « Il a reconnu que c’était une connerie, il ne le fera pas ». Ce qui est vrai, c’est que le Canard Enchaîné a effectivement publié cette répartie présidentielle. Authentique ou pas, ce qui est avéré, c’est que la ponction est officiellement maintenue. La connerie, ce n’était donc pas les 5 euros, c’était la façon et le moment choisis par le ministre Darmanin pour l’annoncer. Résultat attendu de la ponction : 200 millions. Et « en même temps », rabotage massif de l’impôt sur la fortune. Résultat attendu (non sans impatience par le Medef et les fortunés) du cadeau : quelques milliards. Motif du cadeau, la très fumeuse théorie du « ruissellement » : plus les riches sont riches, plus leur argent ruisselle par l’investissement et les emplois induits. Toutes les études sur ce point l’ont montré : ce mantra reagano-thatchérien n’a jamais eu de résultats significatifs, ni sur l’investissement, ni sur l’emploi.

Ajoutons à ceci le maintien du gel des salaires des fonctionnaires, le fait que les retraités « aisés » fourniront plus de la moitié de l’ « effort demandé à tous », sauf aux plus riches. Qu’est-ce qu’un « retraité aisé ». La retraite médiane, c’est 1500 euros par mois. Pas énorme. Elle commence où, l’aisance ?

On pourrait encore citer les nuages sur le logement social avec le projet d’ « assouplir » les obligations des communes sur ce point, ce qui ravirait une palanquée de maires UMP particulièrement rétifs au sigle HLM. 

Mais ce qui précède suffit. Suffit pour espérer que nous serons nombreux dans les rues de notre beau pays les 12 et 23 septembre pour manifester tout le mal qu’on pense de la politique du gouvernement.


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