Les jours heureux ?

jeudi 17 juin 2021
par  Jean-Luc Gonneau
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Nous voici enfin libérés des masques (en extérieur « fluide ») après treize mois d’un carnaval morbide. Symbole d’un muselage à l’efficacité sanitaire, au moins en extérieur fluide, loin d’être évidente. Au revoir aussi le couvre-feu, que nos forces de l’ordre peinaient de plus en plus à faire respecter : quand les événements nous dépassent, feignons d’en être les libérateurs. Mais nous voici menacés d’un « pass sanitaire », certes non obligatoire, sauf si vous voulez voyager un peu loin, ou participer à des événements culturels de grande taille. Ou peut-être, demain, tout simplement aller au resto. Car « on » craint, sans trop le savoir, une quatrième vague, automnale, de ce fichu virus et de ses variants sur lesquels les grands labos pharmaceutiques fondent de grands espoirs pour prolonger la manne financière qui vient, s’il en était besoin, de les couvrir d’or. Comme quoi la liberté est toujours relative.

Pendant ce temps, notre président entame, aux frais des contribuables, un tour de France pour « aller à la rencontre » (traduisez : une précampagne électorale) de son bon peuple, ou plutôt, le plus souvent, d’un échantillon soigneusement choisi du bon peuple en question. Car sinon, un incident est toujours possible. Une baffe, par exemple. Nous rejoignons bien entendu, car toute violence est condamnable, l’opprobre qui s’est abattue sur le baffeur moyenageux auteur de l’attentat. Des esprits mal tournés ont susurré que chacun.e d’entre nous a rencontré dans sa vie, des « têtes à claques », qui donnent furieusement envie d’actionner les extrémités de nos bras. Mais, individus civilisés, les chacun.es d’entre nous ne font heureusement que caresser un rêve sans passer à l’action.

Nous ne blâmerons que modérément le président Macron pour cette précampagne qui ne dit pas son nom (une précampagne masquée, quoi), car la plupart de ses prédécesseurs ont utilisé les moyens de l’Etat pour ce genre de tourisme. Et que ses successeurs ne se priveront probablement pas d’apprécier à leur juste valeur les mille et un charmes de notre beau pays. Ce qui est vrai.

Dans quelques jours, nos compatriotes sont appelés aux urnes pour élire leurs représentants régionaux et départementaux. Nous constatons avec regret que ce scrutin est loin de passionner les foules, qui semblent beaucoup plus attachées à suivre les exploits espérés de notre équipe nationale de football. Signe, hélas récurrent, d’un délitement de notre démocratie. Il est à craindre que ce cet épisode ne profite qu’au seul Rassemblement national, les autres « forces » politiques apparaissant plus soucieuses de « limiter les dégâts ». La gauche continue de payer le prix de ses renoncements passés, la droite du siphonage opéré par la macronie, et la macronie de la violence de son ultralibéralisme (masqué, certes, mais si mal). Ce délitement démocratique nous paraît lié au désarroi qui touche une proportion importante de nos concitoyens. Quand il y a désarroi apparaît un souhait d’ordre. Et si l’ordre survient, la liberté est en péril. Saurons nous la préserver, notre liberté, liberté chérie.


Commentaires

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vendredi 18 juin 2021 à 21h09 - par  Agathe Leveque

Eh bien oui, on est libéré, enfin, de ces foutus masques qui nous ont pourri la respiration depuis un moment. Mais ça a été au prix fort, parce qu’on a dû se faire vacciner.

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