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Macron , on n’en peut plus, mais après, c’est quoi ?

Illustrations glanées sur le net par la rédaction et Idalio Bruno
samedi 6 mai 2023
par  Jean-Luc Gonneau
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Macron, on en a fait le tour. Dans quatre ans, bye bye. Il aura marqué L’Histoire, catégorie poubelles. Pendant quatre ans, il ne pourra pas se débarrasser de la honte due à sa réforme des retraites, tel un capitaine Haddock avec son bout de sparadrap. Lui, ce seraient plutôt des kilomètres de sparadrap qu’il devrait trainer, de quoi en refiler quelques morceaux à M’ame Borne, sa souffre-douleurs, G. Attal, célèbre moulineur de vide, B. Le Maire, ministre-délégué à la protection des intérêts de la phynance, O. Dussopt et O. Véran qui essayent, en vain, de faire croire qu’ils sont toujours « de gauche » : on ne sait jamais, ça pourrait servir pour la suite. N’oublions pas G. Darmanin, à qui, à l’instar de son « opposant » E. Ciotti, il ne manque pas grand’chose pour rejoindre le Rassemblement National (il trouve M’ame Le Pen « molle » face à l’immigration). Il y en a sans doute quelques autres. Et nous n’avons pas inclus M. Schiappa, qui a au fil des ans, avec une remarquable ténacité, constitué sa propre collection personnelle de bouts de sparadrap. Mais revenons à Macron, leur maître en toutes choses, leur donneur d’ordres, quasi divin inspirateur.

En quatre ans, malgré les kilomètres de sparadrap, les milliers peut-être de casserolades, et même, en juin ou plus tard, un (très) éventuel retrait de la réforme que chacun sait, Macron peut toujours continuer à détricoter les services publics (pour le plus grand bien des intérêts privés qui lui sont si chers) et aiguiser les dissensions (ainsi, la xième loi sur l’immigration est certes reportée, mais pas abandonnée) à coups de décrets discrets, d’ordonnances ne passant pas par le Parlement, ou de lois agréables aux députés Les Républicains ou même à un accord tacite du Rassemblement National.

Peut-être pas tout de suite, car l’heure est à la tournée présidentielle des casserolades, où le président saupoudre des promesses sucrées assorties de la perspective de quelques milliards sortis d’on ne sait où, afin de remplir le panier garni promis vers le 14 juillet, à l’issue des « cent jours », susceptible de « donner du sens » à l’action gouvernementale. Promesses qui seront au mieux tenues de façon édulcorée, au pire plongées dans les ténèbres de l’oubli, comme l’ont été celles issues des « grands débats » ou des quelques « Grenelle » des années passées. Et boum, le lendemain, le monarque tranche : pas de vote, le 49.3. Le monarque reste impavide : qu’importe s’il exacerbe les colères populaires, ce ne seront pas « ceux qui ne sont rien » qui le feront plier. Et la pauvre madame Borne, qui l’avait quand même un peu cherché lors de ses vaticinations précédentes, en prend plein la tronche, ce que peu chaut au monarque.

Dans quatre ans, (certains disent « peut-être avant », mais, dans la lignée de la métaphore bien connue, il apparaît que le sujet concerné soit accroché à sa présidence comme la moule à son rocher, et Lénine aurait probablement et à juste titre que « les conditions objectives ne sont pas réunies »), Macron rendra enfin son tablier. Ce qui excite quelques appétits. Si en quatre ans il se passera bien des choses, et qu’il est vain de commencer à prendre des paris sur la configuration de la prochaine élection présidentielle, il est peut-être utile d’esquisser un état des lieux des forces (et des faiblesses) politiques en présence.

La République en Marche avait à peine cinq ans lorsqu’elle fut renommée Renaissance, comme quoi la marche, ça fatigue, même les jeunes cadres autoproclamés dynamiques. Ce parti relativement majoritaire doit tout à Macron, tout comme l’UNR (et ses successeurs) devait tout à De Gaulle. Mais n’est pas De Gaulle qui veut. Même si beaucoup d’entre nous n’ont jamais été gaullistes, nous devons concéder qu’il avait une histoire et du souffle. Macron n’a ni l’une et à l’usage, ni l’autre, et son parti n’a jamais été, comme ceux de De Gaulle, qu’une chambre d’enregistrement de la volonté du chef, mais un chef sans histoire et sans souffle. Et dans ces cas-là, lorsque le départ programmé du chef pointe à l’horizon, le parti vire au marigot et des crocodiles lorgnent l’héritage, même si l’héritage que Macron risque d’être fort écorné par des passifs conséquents. Laissons donc les Philippe, Le Maire, Darmanin, qui seront peut-être rejoints par quelques autres, s’ébattre avant probablement de se battre, en les regardant du coin de l’œil quand même, car ce peut-être parfois divertissant. Peu implanté dans la société (c’est le cas de tous les partis), peu implanté dans l’histoire politique du pays, Renaissance semble voué au mieux à un lent dépérissement, ou à une explosion..

L’autre parti de droite (Les Républicains) est lui aussi dans une situation fragile, les uns souhaitant un rapprochement avec les macronisme, pas déjà franchi au fil des années par plusieurs personnalités, acceptant ainsi une vassalisation, d’autres louchent, plus ou moins discrètement, vers le Rassemblement National. Ecartelés les Rep. A l’extrême droite, si on peut se réjouir du fiasco de l’entreprise, on ne peut que s’inquiéter de la « bonne santé » du parti de Mme Le Pen, collectionnant de flatteurs sondages et ceci sans rien faire, engrangeant une bonne partie des dépités du macronisme. Permettons-nous à ce sujet une rapide incise : voilà que Darmanin accuse Mélenchon d’être la cause de la montée du RN ! On a le droit, et parfois le devoir, de faire des reproches à Mélenchon, mais comme il n’a rendu hommage aux policiers victimes de violence, voilà ce qui explique la montée du RN. On remarquera en outre que le dit Darmanin n’a jamais eu un mot pour les victimes des violences (pardon « usages disproportionnés de la force ») et des humiliations subies de la part de la police. Mais ce ne sont que des civils, et qui n’avaient qu’à pas être là, comme l’exprima un gradé policier à propos d’n blessé grave à Sainte-Soline. Fin de l’incise et faisons court : ce sont bien les conséquences désastreuses de la politique macroniste qui sont la cause principale de la montée du RN. Ce que l’on déplorer à ce sujet, c’est que la gauche, trop éparpillée sur le terrain, n’a pu faire le travail de conviction souhaitable pour freiner cette montée. La gauche, justement, elle en est où ? En petite forme, mon bon monsieur. Mais entrer dans détails, rendez-vous début juin pour notre prochain numéro !


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