Vaccinés ?

Illustration glanée sur le net par Benoist Magnat
mercredi 30 décembre 2020
par  Yann Fiévet
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A l’approche de la fin de l’année 2021 il sera temps de se demander si nos compatriotes sont bien vaccinés. Auront-ils alors enfin compris où se situent les vrais périls qui les menacent ? Auront-ils réussi à surmonter leur peur d’un futur incertain ? Auront-ils accepté de faire le bon choix en prenant le risque de quelques effets secondaires nécessaires à une entreprise de redressement véritable ? Ou bien choisiront-ils de reproduire leurs choix aventureux du passé ? Décideront-ils d’écouter leurs congénères les plus avisés afin de les suivre et ainsi éviter un nouveau choix funeste ? Bref, à quelques mois de l’élection présidentielle d’avril 2021 les Français seront-ils politiquement suffisamment vaccinés pour ne pas remettre une nouvelle fois leur destin entre les mains totalement débridées d’un homme - ou d’une femme - prétendument providentiel ? Il est aujourd’hui trop tôt pour le dire. La situation réclame pourtant déjà cette immunité salvatrice. Cependant, le risque demeure d’une nouvelle errance collective.

Le macronisme est un grandiose fiasco au regard des mirobolantes promesses que son incarnation trompeuse avait fait miroiter au début de l’année 2017. Il n’est plus guère que les éditorialistes des médias de masse pour oser encore édulcorer les effets du désastreux tableau que son auteur barbouille depuis déjà trois ans et demi. Surgi de nulle part, il promettait de renverser la table, des lendemains qui chanteraient enfin pour les plus modestes de ses concitoyens, d’apaiser le pays soumis à de trop fréquentes tensions, d’être à son écoute, d’empoigner enfin la crise écologique, etc. Il parlait bien, savait mettre en scène. C’est important dans la « société de communication » ! Mais, très vite l’on s’aperçut qu’au-delà des paroles et de la scénographie les actes susceptibles de provoquer des changements décisifs seraient fort minces. Dès novembre 2018 éclata la révolte des « gilets jaunes ». Jupiter tenta de la calmer par des discours lénifiants, par l’organisation de « grands débats », en la discréditant de multiples manières. Elle se calma en effet mais pas en raison de ce qui vient d’être énoncé, plutôt grâce au recours à une répression policière sans précédent. Parallèlement le mouvement de contestation de la réforme des retraites avait ouvert un autre front. Et, comment ne pas se souvenir du mouvement qui souleva l’hôpital public dès la fin de l’année 2018 ? Si le pouvoir ne vacilla pas alors c’est probablement en raison du fait que la jonction de ces divers fronts ne se fît pas.

La fragilité du régime en place est donc bien antérieure à la survenue de la pandémie de la Covid 19 et son cortège d’approximations – le mot est faible – des mesures mises en œuvre pour nous en protéger. Les ingrédients de la continuité du régime sont désormais clairement identifiés par les observateurs non complaisants : une majorité macronienne confortable et docile à l’Assemblée Nationale, un recours accru à la répression policière des mouvements sociaux, le désarroi paralysant des plus démunis de nos concitoyens. Ajoutons qu’au fil des remaniements, le Gouvernement est devenu de plus en plus droitier. Il n’est pas exagéré de dire que la « crise sanitaire » n’a fait qu’aviver - après trois ans de pouvoir d’Emmanuel Macron - des tensions palpables depuis longtemps et qui allaient croissant. Incontestablement la pandémie a révélé l’ampleur des inégalités sociales dans le pays et seul le confinement mi-forcé mi-accepté empêche qu’elles ne débouchent sur de nouvelles révoltes. Le Général Darmanin, sarkoziste bon teint, n’a pas été nommé à l’Intérieur par hasard. Si « les violences policières n’existent pas » il n’est néanmoins plus possible de les cacher, pas plus que le racisme larvé d’une partie non négligeable de la Police. Hier réservées aux « quartiers difficiles » ces bouffées intolérables en sortent de plus en plus fréquemment et le nouveau « ministre de la police n’a plus qu’à les couvrir de son autoritarisme mal maîtrisé ou à changer la loi pour les dissimuler. Il convient de se rendre à l’évidence : la démocratie est désormais derrière nous !

Encore n’avons-nous fait là que mentionner quelques-unes des nombreuses insuffisances et dérives d’un pouvoir incarné par un homme seul, seul parce que souhaitant être seul maître à bord d’un navire voguant à l’aveuglette dès que l’ancre fut levée. Il conviendrait toutefois de mentionner le pitoyable épisode de la 3C, la chimérique Convention Citoyenne sur le Climat débouchant au final sur un Referendum-Tartuffe. En fait, nous pouvons d’ores-et-déjà répondre à notre interrogation de départ : nos compatriotes sont déjà correctement vaccinés, ils n’envisagent sûrement pas de voir - pour la plupart d’entre eux - Emmanuel Macron rester à l’Elysée au-delà de son calamiteux quinquennat. Du reste, le Président jupitérien semble moins sûr de lui à moins de dix-huit mois de l’échéance décisive. Il a récemment déclaré que peut-être il serait dans l’impossibilité de se représenter le moment venu. Le macronisme en tant qu’organisation – et sans doute même au plan des idées – s’avère de plus en plus n’être qu’une baudruche. Elle se dégonfle donc doucement ! La République en marche est une coquille presque vide, sans ancrages territoriaux, que ses membres et ses élus vont quitter un-à-un dans les mois qui viennent. Le roi alors sera nu ! Quand la Droite, de laquelle Jupiter est finalement issu, attend que Nicolas Sarkozy soit blanchi, dans toutes les affaires troubles qu’il a autrefois fomentées, pour pouvoir briguer un nouveau quinquennat, il est temps qu’une Gauche écologiste et solidaire organise enfin sérieusement la possibilité de son entrée sur la scène politique. Sinon, nous pourrions voir surgir une nouvelle candidature providentielle, pire encore que celle qui l’emporta en mai 2017.


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Commentaires

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mercredi 20 janvier 2021 à 07h13 - par  Sidonie Thompson

Merci beaucoup pour l’article, c’est très passionnant de vous lire. On a un autre point de vue après avoir lu vos textes. Je pense que je vais revenir le plus souvent par ici pour découvrir les autres aspects de la situation que nous traversons en ce moment.

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