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RENONCEMENT DES GAUCHES ET COMBATS DES CHEFS : DANSEZ SUR MOI

Par Georges Michel, alias Professeur Zigounoff
jeudi 28 janvier 2010
par  Georges Michel
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donnés récemment : comment conserver un minimum de crédibilité si lorsqu’une occasion se présente de contrer un bobard de Sarkoléon, de démonter les sophismes d’un pseudo-débat sur l’identité nationale, la gauche (réduite au seul PS aimerait-on nous faire croire), semble incapable de se faire entendre et produire autre chose que du déjà vu politiquement correct ?

D’ailleurs, est-elle réellement incapable de se faire entendre, ou pernicieusement peu désireuse de le faire ? Dans quelques mois à peine l’avenir nous le dira. Ce dont il convient de s’inquiéter déjà est beaucoup plus grave, tragédie en forme de farce à faire hésiter les spécialistes les plus timides de l’autosatisfaction pérenne. Révélatrice, la plus brève observation du parcours-type d’un militant politico-associatif qui n’hésite pas plus à coller des affiches et distribuer des tracts qu’à porter sur son environnement politique un regard dépourvu d’indulgence. Fatigué de l’attente interminable de l’effondrement –ou de la moralisation - du capitalisme, ce militant de bonne volonté s’était tourné ailleurs.

Les sectateurs de la ligue contre tout ce qui est pour, contre, ou vice versa ne l’avaient guère emballé : il y a bien trop longtemps déjà qu’il ne fonctionnait plus à coups de catéchisme. Ensuite, il a loyalement investi sans compter aux côtés d’un gourou (belfortain, ndlr) qui n’hésitait pas à voter avec ses pieds quand le collectif avec lequel il gouvernait outrepassait sa marque, sans qu’on ne sache trop clairement ce qui l’inspirait, mais à une prima donna de fort caractère, oserait-t-on reprocher de loucher ? Notre béotien des rapports de force connut ensuite les avatars ponctuels avec changements de sigles, de l’inoxydable organisation verticale. La dérive messianique croissante, le parti pris autoritaire du maître auraient difficilement survécu à la contestation démocratique n’eut-ce été la protection rapprochée de vigoureuses mesures d’exclusion d’une impeccable filiation stalinienne. Tout devenait plus clair. Notre militant politico-associatif et quelques autres, localement bien plus nombreux qu’on n’est disposé à l’admettre, avaient entre temps appris à survivre et réussi à rencontrer d’autres du même bois. Le pouvoir local – d’un courant minoritaire mais de gauche, cela va sans dire, trouvait utile de leur prêter l’oreille, de les admettre à sa table voire de leur accorder quelques miettes mais sans autre reconnaissance particulière d’une identité propre : comme n’avait pas manqué de le souligner M. le député-maire en présentant aux citoyens comblés son équipe élargie, ne sommes–nous pas une grande famille au service de notre grande ville ?

Enfin Mélenchon vint. Prétendre sans pudeur avoir échappé à l’effet d’annonce, non, puisque nous avons à nouveau accordé créance à des programmes de fronts et rassemblements ouverts à tous ou presque avec d’originales variantes locales, d’une létalité inéluctable pour la Sarkozie. Personne, croyions-nous, qui avancerait masqué espérant se refaire un pucelage politique, aucun rhabillage de listes pour lesquels on resservirait des gags, méthodes et slogans indécents qu’aucune série télévisé ni artiste dit de variété n’oserait ressortir : quand je pense qu’on a failli parler de centralisme démocratique ! Mais alors tout va bien, de quoi se plaint-on, quels reproches les génies autoproclamés de la direction adressent-ils à ces adhérents, ex-adhérents, militants et sympathisants politico-associatifs ? Tout simplement de n’avoir pas pensé aux convenances, aux précédents, aux préséances, autrement dit au spécial copinage. Un an à peine après sa naissance, le parti creuset se trouverait-il déjà en crise d’originalité juvénile ou en ébullition pré-électorale ? Une ébullition même à pression atmosphérique, en Bretagne ou dans le 92, le 42, le 17, le 06, le 13, le 50, le 14, le 61 blog à part j’en oublie sans doute plusieurs, c’est pratiquement comme l’autre qui disait que l’ordre régnait à Varsovie. On a l’impression très nette que le rapport desmodromique censé exister entre les militants de la base et l’organisation centrale est un peu dézingué. De peur qu’une dérive trop originale ne se manifeste dans la province profonde, l’Empereur qui ne s’est jamais suffisamment approché pour tirer l’oreille d’un grognard militant fait donner la garde (ou un délégué général), on essaye une fois encore le passage non lubrifié, en force et à distance. On tentera à tous les coups de conserver le beau rôle puisque les grenouilles contestataires qui n’ont pas encore été exclues ou mises sous tutelle choisissent la démission plutôt qu’un roi encore, et parachuté. Pour le Parti de Gauche, le précédent c’est le PRS, placer envers et contre tout les membres de l’ancien PRS et des collectifs. Je maintiens donc spécial copinage qui me paraît d’une grandiose modération.

Dire et exiger que l’on cesse de nous prendre pour des cons ne suffit plus. C’est le rapport même au pouvoir qui doit d’urgence être remis en question, examiné à la loupe. Ces adhérents et ex-adhérents, militants et sympathisants politico-associatifs sont souvent sur le terrain depuis des années, dans des conditions souvent peu enviables. Comment s’étonner de leur vive réaction devant l’arrivisme, la prétention, la suffisance ? Je crois naïvement ne pas être seul à penser qu’il y a encore de l’avenir pour la gauche non sectaire, mais n’oublions pas trop vite l’homme d’État romain (avis rara de nos jours où foisonnent les chefs de bande à talonnettes) qui nous conseillait vivement de nous garder de nos protecteurs et autres bienfaiteurs. Ce dont il s’agit, c’est de combattre la droite au lieu de la faire rire des bouffonneries du Parti de Gauche dans sa dérive autoritaire. Tant pis si cela cadre peu ou mal avec l’ambition de certains, dont les noms m’échappent hélas , tous artistes du passage en force et du parachutage réunis. Mais Claude Nougaro et Mordicus d’Athènes sont avec nous !


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