CHRONIQUES NARQUOISES ET AUTRES (février 2013)

mercredi 13 février 2013
par  Jacques Franck
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Les enfants manipulés

Les adversaires du mariage homosexuel invoquent à cor et à cri la "défense des enfants". Ces pauvres gamins seraient privés d’un environnement parental normal, la notion de filiation serait jetée aux orties, les bases de la famille seraient sapées. Ils masquent leur homophobie et leur mentalité profondément rétrograde sous la défense vertueuse des enfants. Les mêmes, issus des couches intégristes de la hiérarchie catholique, n’hésitent pas à manipuler les enfants pour promouvoir leur politique. Le secrétaire général de l’Enseignement catholique appelle les écoles "libres", à aborder la question du mariage pour tous On veut faire des élèves une machine de guerre contre un projet de société à débattre devant le Parlement. La France laïque ne laissera pas les fractions les plus réactionnaires d’une religion instrumentaliser les enseignants et les enfants dans un débat républicain.

Le talon de fer

L’écrivain américain Jack London désignait ainsi l’implacable férocité du capitalisme à l’encontre des ouvriers. Plus d’un siècle après, cette brutalité ne s’est pas assouplie. A Amiens, les salariés de l’usine de pneus Dunlop Goodyear ont été soumis au régime des quatre huit : deux jours de travail le matin, puis deux jours l’après-midi, puis deux jours la nuit, puis deux jours de repos. De tels horaires provoquent immanquablement une déstabilisation complète de la vie provoquent à terme de graves altérations de la santé physique et mentale. Moyennant quoi ces heureux travailleurs ne seront pas licenciés tant que la direction ne le décidera pas. Merci patron.

A Amiens également, les salariés de l’usine Goodyear ont refusé tout accommodement qui leur serait préjudiciable. La direction, dont la gestion était aussi secrète que mauvaise, alléguait des résultats commerciaux médiocres. L’usine doit fermer et les indociles jetés sur le pavé. Et qui accuse-t-on ? Les ouvriers et leur syndicat majoritaire, la CGT. Une fois de plus, les médias et une grande partie des politiques s’unissent pour prendre la défense du patronat et stigmatiser le syndicat qui choisit la défense de ses mandants et non la capitulation. Le talon de fer n’est pas mort et ses admirateurs non plus.

Tolérance zéro

La vertu doit être encouragée, mais le délit, le vice, le crime, même la moindre incivilité méritent un châtiment exemplaire. Sinon, où irait notre société ? Par inconscience ou malhonnêteté, les parents d’une enfant de cinq ans avaient omis de payer en temps voulu les frais de cantine de leur gamine. Une telle crapulerie frustrait la communauté et constituait un exemple déplorable. Elle ne pouvait demeurée impunie. " Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude". Son bras séculier, un agent de la Police investi de l’Autorité de l’État, intervint. Dans sa classe et en présence des autres enfants, le sbire s’empara de la fraudeuse. Sous bonne escorte, on la conduisit au commissariat. Je suppose qu’on la plaça en garde à vue… En fait, non. On avait simplement choisi ce lieu comme abri en l’absence de ses parents. Vous me croirez si vous voulez : cet "incident" ne se produisit pas sous le règne de Sarkozy.

Dieu et Brigitte

A croire le film de Roger Vadim, Dieu créa la Femme. Ce fut Brigitte Bardot. Malgré l’incontestable réussite esthétique du produit, Dieu ne devait pas être dans son meilleur ce jour-là. Quelques décennies plus tard, la Femme se mit à tenir des propos extravagants. Prenant prétexte du sort fatal de deux éléphants malades, elle déclara vouloir fuir, la France, devenue à ses dires un cimetière d’animaux. Elle, proche du Front National, cracha sur son pays, l’abjura et, se jetant dans les bras de Poutine, souhaita devenir russe. Non, Dieu ne fut pas très performant lorsqu’il créa cette femme. Il est vrai qu’il créa aussi Gérard Depardieu.

Bienvenue au club

Bienvenue au club des jeunes retraités, camarade Benoît ! Tu n’es pas encore bien vieux, tu as deux ans de moins que moi. Mais ton travail est ingrat et tu es fatigué. J’espère que, malgré ton ami Sarkozy, tu auras une retraite décente, bien que le nombre de tes annuités dans la fonction soit dérisoire. En guise de cadeau, je t’adresse ci-dessous un petit conte datant de Pâques 2007. Ce jour-là, tu prononçais ton discours annuel et, en France, la campagne présidentielle battait son plein. Je t’en souhaite bonne lecture.

Le miracle de Pâques

Il se leva tôt. Il avait une journée chargée. Comme chaque dimanche, il se rendit incognito dans la seule charcuterie ouverte ce jour-là, au fond d’une banlieue où on ne le connaissait pas. Il acheta une paire de saucisses de Francfort, une portion de choucroute et un flacon de schnaps. De retour à son domicile, Monsieur Benoît gara sa papamobile, qu’il conduisait lui-même afin d’éviter toute indiscrétion. " Ach ! " murmura-t-il en son for intérieur "Ach ! aujourd’hui, on ne va pas rigoler !" Il prit une douche, enfila sa soutane des grands jours, jeta un dernier coup d’œil sur son texte, regarda subrepticement s’il y avait du public sur la place. Elle était noire de monde. Il plaça un petit tabouret au pied de sa fenêtre, fit une brève prière, et attendit l’heure de sa prestation pascale. Quand le préposé frappa les trois coups, il coiffa son couvre-chef des grandes occasions, monta sur le tabouret pour se grandir un peu aux yeux des fidèles, et parut à la fenêtre en saluant la foule, qui le lui rendit bien. Ce jour-là, il se surpassa. Bien que dans le métier depuis seulement deux ans, il répandit ses bénédictions "urbi et orbi" avec la maestria d’un très grand professionnel. Chacun dans son entourage se félicitait, personne sur la place ne regrettait d’être venu. Monsieur Benoît pensa qu’il avait bien mérité le petit coup de schnaps qu’il se promettait après la fin de la cérémonie. Il en était à sa péroraison quand le miracle de Pâques se produisit. Sans que rien ne laisse prévoir cette illumination soudaine, Monsieur Benoît cessa de lire le discours qu’il avait soigneusement préparé et s’écria en français : " Pour un grand peuple comme le votre, la seule voie possible est le vote pour la gauche populaire anti-libérale !"


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