SARKOZY PIRE QUE LE PEN ?

lundi 19 septembre 2016
par  Jean-Luc Gonneau
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On espère bien qu’on ne vivra pas ça, mais ça pourrait bien arriver : ça, ce serait Le Pen contre Sarkozy le 7 mai prochain. On a déjà vécu Chirac contre Le Pen père en 2002, mais ce n’était pas pareil. Chirac certes réac, mais avec un vieux fonds républicain tendance rad-soc. Chirac certes menteur, avec sa fable de lutte contre la fracture sociale entre autres, mais capable de reculs quand ça tournait vinaigre dans la rue. Sarkozy certainement réac, mais sans fonds républicain aucun, quand bien même son parti ait la prétention de s’en attribuer les oripeaux. Un monsieur qui foule aux pieds dans ses discours la Constitution et même la notion de droit, républicain ? On rigole. Sarkozy menteur, bien sûr, qui ne connaît pas Bygmalion, entre autres. Sarkozy girouette, sur le mariage pour tous, sur l’immigration entre autres sujets. A lire les programmes, à écouter les discours, ceux de Sarkozy surtout car il est bavard quand Marine Le Pen dit peu, en ce moment (pas besoin, pense-t-elle), on se prend à penser que Marine Le Pen est au bout du bout plus sociale que Nicolas Sarkozy. Moins carpette avec le patronat, moins déférente avec le lobby libéral bruxellois, parangon de l’Etat de droit quand Sarkozy le balaie, et même, c’est récent, estimant que l’islam peut être compatible avec la République.

Ouais, mais, de part et d’autre, ce sont discours et programmes. Le discours de Marine Le Pen est lissé, le programme du FN beaucoup moins, la xénophobie y est présente par des projets discriminants concernant les étrangers. Au niveau du terrain, chez les élus en situation de gérer des communes, les thèmes identitaires apparaissent avec constance. Et pour le Front National, il semble que la liberté de la presse soit une notion très relative. Du côté de Nicolas Sarkozy, certains se disent que son discours actuel est purement opportuniste dans la perspective de l’élection présidentielle, qu’il s’agit uniquement pour lui de gagner la primaire de la droite et qu’après, le trop pusillanime Juppé éliminé, il pourra recadrer son discours dont certaines dispositions, il devrait le savoir (mais le sait-il ?), seraient inévitablement retoquées par le Conseil constitutionnel ou par les juridictions européennes.

Le drame politique que vit notre pays est que des thématiques mortifères fondées sur des mécanismes d’exclusion de pans entiers de la population (étrangers, « assistés », habitants des « quartiers difficiles », voire syndicalistes) initiées dans le champ politique par le Front National sont repris par une partie de la droite dite républicaine (mais cette partie là ne l’est plus) et même, dans certains cas, par une partie de la gauche. L’aberrante affaire de la déchéance de nationalité, les propos du Premier ministre sur le « burkini », entre autres en sont des exemples.

Une partie de la droite (Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Rama Yade parmi les candidats déclarés), le gros de la famille centriste (le Modem de François Bayrou, la majorité de l’UDI, le candidat Jean Lassalle), la gauche du PS, les autres partis ou mouvements de gauche, les écolos d’EELV échappent à cet engrenage délétère. Si leurs divergences sont réelles, et ne peuvent évidemment pas se traduire par une « union sacrée » de nature électorale, du moins elles n’entrent pas dans ce prurit identitaire qui pollue le débat politique et le rend chaque jour plus nauséabond. Certains (Clémentine Autain, François Bayrou, Karima Delli, Cécile Duflot, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon, Christiane Taubira…) l’ont dit fortement, d’autres plus mezzo voce. Il faut que ce « no pasaran » contre les idées des Le Pen, Sarkozy et consorts soit repris par le plus grand nombre. Et le plus tôt sera le mieux !


Commentaires

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dimanche 25 septembre 2016 à 01h39 - par  Jean-Luc Gonneau

On est bien d’accord !

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samedi 24 septembre 2016 à 07h21 - par  Onagrino

Bien entendu il faut toujours prévoir le pire, ne pas minimiser les risques...
Il est possible que ce sinistre guignol "convainque" son camp et devance Juppé aux "primaires".. Et ensuite il est possible que suffisamment de Français le placent au second tour (mais n’oublions pas que bien des choses peuvent se passer, souvenons-nous de DSK qui nous était prédit comme le futur candidat du PS en 2012)
Cependant, avant qu’une telle catastrophe arrive, on peut faire pas mal de choses.

Il me semble que la stratégie de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, jlm2017.fr consistant à aller dans les quartiers populaires pour faire connaître aux gens leurs droits et les aider à les obtenir, associée au slogan "Je vote, ils dégagent" est susceptible d’infléchir les choses de façon favorable, en réduisant grandement l’abstention.
Mais pour cela, on a besoin de bonnes volontés.
J’invite chacun-e à lire ne serait-ce que le texte de Patrick Piet Mais qu’est-ce que vous avez avec J-L Mélenchon ? . On peut trouver quantité d’autres textes allant dans le même sens.
Malgré quelques critiques qu’on peut faire à la démarche de JLM, il n’en reste pas moins que sa candidature constitue la seule possibilité de non seulement éviter la débandade, mais au contraire, de faire changer les choses, par la "bifurcation" que sa présence au second tour entraînerait.

En plus de cela ou parallèlement à cela, on a toujours des militants syndicaux qui repoussent la Loi Travail, des Nuits Debout qui continuent et un Fakir qui monte qui monte...

On a 7 mois encore, il faut bien les utiliser ! Chausser de bonnes chaussures et faire comme Bernie Sanders...

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