BOUM-BOUM SUR : FRANÇOIS FILLON, UN VILAIN BONHOMME

vendredi 14 avril 2017
par  Mick et Paule
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Quand on pense que ce type a le toupet de se prétendre gaulliste ! Si on peut reprocher bien des choses au général De Gaulle (et bien entendu lui donner acte de ses actions positives), il est un point sur lequel il demeure inattaquable, celui de la probité morale. Ses successeurs « gaullistes » n’ont pas suivi ce chemin. Georges Pompidou, s’il ne trempa pas personnellement dans les affaires, quoiqu’ancien banquier (chez Rothschild, déjà, quelle coïncidence avec l’actualité, ne suivez pas notre regard), et initiateur de la loi qui transféra la gestion de la dette aux banques privées, généralisée plus tard dans le traité de Maastricht, il laissa se développer un système que Michel Poniatowski, ministre de Giscard d’Estaing, de « copains et de coquins ». Parole d’expert.

Jacques Chirac fut entre autres mêlé à des problèmes d’emplois fictifs, dont Alain Juppé dut payer judiciairement l’essentiel de l’addition, sans compter les « frais de bouche » pantagruéliques, le côté « depardieusien » de l’ex-président, que financèrent à l’insu de leur plein gré les contribuables parisiens. Faut-il parler des acrobaties en tous genres de Nicolas Sarkozy ?

Avec le candidat François Fillon, nous franchissons un degré supplémentaire dans la dégradation de l’éthique du général De Gaulle. Comme le remarquait plaisamment Francine Bavay, ex élue Verte aujourd’hui soutien de Jean-Luc Mélenchon, eût-on imaginé tante Yvonne assistante du général ? La petite entreprise familiale Fillon n’est certes pas juridiquement blâmable parce que familiale, mais peut-être, c’est à la justice de l’établir, parce qu’elle a couvert des rémunérations sans travail en contrepartie. Des rémunérations, soit dit en passant, que bien des électeurs aimeraient avoir, tandis que le candidat Fillon promet au français de se serrer la ceinture. Attention ! Pas tous les français : les plus fortunés en réchapperaient. Et la famille Fillon probablement aussi.

Il y a plus médiocre encore dans la saga de cette famille, ces enfants qui remboursent leurs parents des frais de mariage de l’une, des frais d’études de l’autre. Du Picsou en moins drôle. Cerise sur ce gâteau étouffe-chrétien, ça tombe bien, le coup des costumes. Citons ici Delfeil de Ton, dans le Siné Mensuel (1) d’avril : « Vous en pensez quoi, des costumes Arnys que se faisait offrir Fillon par un avocat d’affaires ? C’était inattendu, cet adulte qui se présentait pour être président de la République et qui était habillé par un adulte. Comme un môme par sa maman, comme un gigolo ». Puis, se mettant à la place du généreux donateur : « Cher ami, allez donc vous faire couper trois costumes chez Arnys, c’est moi qui paye. Faut oser le dire. Faut pas craindre de recevoir un coup de poing dans la figure ». Les fillonistes versaillais, au propre comme au figuré argüeront qu’il les a rendus, les costumes. Rendre des costumes sur mesure ? Encore faudrait-il qu’il seyent à Monsieur Bourgi, le généreux donateur, sinon, quel gâchis. Et puis, il a rendu les costumes, mais pas l’argent de Bourgi.

Rappelant cela, nous apporterions notre contribution au pourrissement de la campagne présidentielle ? Nous porterions atteinte aux idées promues par M. Fillon ? Nous prétendrions que ce n’est pas l’homme, mais le programme du candidat qui importe ? Que nenni, messieurs et dames. Nous, qui ne sommes pas des saintes et nous en réjouissons chaque jour, n’attendons pas d’un président, ou quelque élu, qu’il soit un saint. D’ailleurs, ce serait barbant. Nous attendons une cohérence entre les valeurs qu’il défend et celles qu’il s’applique à lui-même. Reconnaissons un problème : le programme de François Fillon ne défend pas de valeurs, mais des intérêts, ceux des puissants. Il est à un certain point liberticide, à un point certain inégalitaire, et sa conception de la fraternité semble s’arrêter aux portes de l’église, un fois l’ite missa est prononcé. Et là, l’âme blanchie par les fades saveurs de l’hostie, François Fillon pourra recommencer ses petites tambouilles politiciennes. Vilain bonhomme, on vous dit.

(1) Profitons-en pour recommander Siné Mensuel, la perle de la presse française. Bravo à Catherine Siné et à son équipe (Alevêque, Alonso, Berroyer, Berth, Carali, Concialdi, Delfeil de Ton, Faujour, Geluck, Laclavetine, Lindingre et bien d’autres).


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